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hardie qu'elle avait exécutée en se séparant du roi pour se jeter uu milieu des lubeurs et des périls de la guerre, résolut de renoncer à l'ini tintive qu'elle prenait d'ordinaire, au nom de son inspiration et de son énie, dans la conduite des opérations militaires, et de s'en remettre le plus souvent à la volonté des capitnines qu'elle était venue rejoindre Mais elle leur cacha ses anxtétés et l'avenir qui pesait sur elle, montrant toujours la même vaillance et la même sérénité, bien qu'elle n'eût plus le même espoir,
Lagny-sur-Marne, qui depuis la campagne de Charles VIT dans l'Ile de-France était demeuré au pouvoir des Français, était occupé par une sarnison vaillante, qui avait de fréquentes escarmouches avec les bandes ennemies, La Pucelle s'y jeta, et son séjour dans cette ville fut marqué par un fait qui fut considéré comme miraculeux, et par un brillant exploit,
Un enfant était né depuis trois jours, et on ne l'avait pu baptiser parce qu'il ne donnait pas signe de vie. On le porta devant l'image de Notre-Dame, et les jeunes filles de la ville se mirent en prière, On vint demander à Jeanne de se joindre à elles, et la sainte enfant v consentit volontiers. Elle y alla, et pria avec les autres. Tout à coup l'enfant donne signe de vie : il a bâillé trois fois, Tout à l'heure il était noir: la couleur lui revient soudain, On le baptise en toute hâte, et après su mort, qui ne tarde guère, on peut l’inhumer en terre sainte. Quand les juges de Rouen demandèrent à la Pucelle si “l'on ne disait point par la ville que ce miracle était l’etfet de sa prière”, elle répondit avec sa simplicité, son humilité ordinaire : “Je ne m'en enquérais point, ”
Un de ces aventuriers sans foi ni loi, plein de bravoure et de scélératesse, et dont la vie militaire n'était qu'un tissu de crimes, ravageait en ce moment les environs de Lagny, avec une bande composée de trois à quatre cents Anglais. Pour lui, il était né Français; mais il suivait le parti du duc de Bourgogne. On le nommait Franquet d'Arras. Jeanne
lys : 1, 1] 1 ;
inarcha contre lui, accompagnée de Jean Foucant, l’un des deux capitaines à qui le roi avait confié la défense de la ville, de Geoffroy de Saint-Belin, d’un capitaine nommé Barrette, et d'un chef écossais au service de la France, sir Hugh de Kennedy. La troupe était à peu près égale en nombre à celle de Franquet d'Arras, Celui-ci, quand il aperçut l’enneini, ordonna à ses : de mettre pied à terre, et, suivant la tactique anglaise, les rangea en bon ordre le long d’une haie, Le combat
fut long et sanglant ; par deux fois les Français reculèrent ; mais enfin
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ils remportèrent une victoire complète, et tous les Anglais furent tués ou pris.
Au nombre des prisonniers se trouvait Franquet d'Arras. Jeanne avait dessein de l’échanger contre un Parisien du parti français, hôtelier à l'enseigne de l’Ours. Mais le bailli de Lagny le réclama comme son justiciable, à cause des crimes qu'il avait commis dans le ressort du bailliage. Il apprit à Jeanne que le Parisien auquel elle s'intéressait était mort, et lui représenta qu'en refusant de livrer Franquet elle faisait grand tort à ia justice, “ Puisque l’homme que je voulais avoir est mort, répondit-elle, faites ce que vous devez faire.” Après un procès en forme, qui dura quinze jours, Franquet fut condamné à mort et décapité. Il s'était mis par ses excès en dehors du droit des gens. Cependant la mort de ce brigand, qui avait avoué ses crimes, fut l’un des griefs relevés contre Jeanne durant son procès.
De Lagny, la Pucelle se rendit à Senlis; puis, si l’on en croit la tradition fort ancienne et très vraisemblable, elle séjourna quelque temps au château de Borenglise, dans la paroisse d'Élincourt située entre Compiègne et Ressons, et dont l’église était placée sous l'invocation de sainte Marguerite, l’un des conseils de Jeanne. Elle ne tarda pas à se rendre à Compiègne même. Cette ville, objet des convoitises du due de Bourgogne, s'attendait d’un jour à l’autre à soutenir un siège; car l’entrée en campagne de Philippe le Bon ne pouvait plus laisser aucun doute sur ses intentions, et la chimère du chancelier Regnault de Chartres s'évanouissait devant la triste réalité, Le diplomate en était réduit, pour le moment, à préparer la résistance. Il n’en conservait pas moins, à l'endroit de la Pucelle, sa malveillance ordinaire,
Philippe, ayant pris en personne le commandement de ses troupes, s'était emparé du château de Gournay-sur-Aronde, et, après avoir séjourné environ huit jours à Noyon, il était venu assiéger Choisy-sur-Aisne, Les Français résolurent de secourir cette place, La Pucelle, acCom pa -
gnée de Saintrailles, de Jacques de Chabannes, de Rigault de Fontaines,
l'Oise à Pont-l'Évêque. Mais après une rude escarmouche, le petit corps d'armée fut repoussé. Louis de Bourbon, comte de Vendôme, se décida à faire une nouvelle tentative sur un autre point, Emmenant avec lui le chancelier Regnault de Chartres et la Pucelle, il se dirigea vers Soissons, où il espérait passer l'Aisne, La ville était aux mains des Français :
mais le gouverneur, Guichard Bournel, écuyer picard, à qui ce poste
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JEANNE D'ARC 131 avait été confié par le comte de Clermont, persuada aux habitants qu'on
voulait leur imposer la charge d’une garnison, ce qui, attendu les méfaits
des gens de suerre, ne plaisait jamais aux bourgeois. Il ne permit l’en-
trée au lieutenant général, au chancelier et à la Pucelle, qu'à condition que l’armée resterait dehors.
Choisy,
Vendôme se dispersa,
Il fallut dès lors renoncer à secourir
qui ne tarda pas à succomber, La petite armée du comte de
Louis de Bourbon et le chancelier gagnèrent Senlis; la Pucelle se retira à Crespy-en-Valois, Guichard Bournel,
aussitôt qu'il se vit débarrassé de leur présence, vendit Soissons à Jean
de Luxembourg, l’un des principaux lieutenants du due de Bourgogne,
Celui-ci, repassant l'Oise avec toutes ses forces, vint mettre le siège devant Compiègne. Il fut bientôt rejoint par un corps d'armée auxiliaire, composé d'Anglais et commandé par d'Arundel,
mai 1430,
les comtes de Stafford et
Tous ces événements s'étaient accomplis du 15 avril au 23
Quand Jeanne apprit que Compiègne était assiégé
, elle rasseinbla en toute hâte trois
à quatre cents hommes d'armes pour courir prendre
part à la défense de cette bonne ville, qui, malgré le
roi lui-même, avait voulu demeurer française,
En vain lui fit-on observer qu'elle n'avait
que bien peu de monde pour passer à travers l’armée anglo-bourgui-
gnonne: “ Nous sommes assez, répondit-elle : je veux aller voir mes bons
amis de Compiègne.” Le 24 mai 1 #50, à minuit, elle se mit en marche,
trompa, grâce à l'obscurité, la vivilance de l'ennemi, et pénétra dans
Compiègne au soleil levant, Elle concerta sur-le-champ avec le capi-
taine de la ville, Guillaume de Flavy, une sortie, qu'elle exécuta
au déclin du jour, et dont 1
e plan était très habilement conçu, Ses voix
toutefois ne l’encouravèrent pas à cette entreprise ; elles ne l'en détour-
nèrent pas non plus, “Si j'avais su que je dusse être prise, je n'y se
rais point allée, dit-elle, À moins que mes soir ne
me l'eussent expressément commandé ;
auquel cas j'y serais allée, quoi qu’il m'en dût advenir.”
Compiègne, situé sur la rive gauche de l'Oise, communique avec la
rive droite par un pont, qui aboutit à une chaussé
e destinée à frayer aux voyageurs une route commode, à travers
une plaine basse et souvent inondée, jusqu’à la côte de Picardie, Ju5q
qui, semblable à un mur, ferme l'horizon en face de la ville,
Une de ces redoutes qu’on appelait boule-
vards servait de tête de pont, et, dominant la chaussée, formait une
sorte d'ouvrage avancé qui défendait de ce côté l'approche de Com-
piègne. Au bout de la chaussée on aperçoit Margny, où les Bourgui-
gnons avaient un camp; ils en avaient un autre à Clairoix, à trois quarts de lieue environ, en remontant la rivière, au confluent de l'Oise et de l’Aronde; enfin les Anglais étaient établis à Venette, à une demilieue en descendant vers Pont-Sainte- Maxence. Le due de Bourgogne campait à Coudun-sur-Aronde, en arrière de Clairoix, avec un corps de réserve.
Le plan de la Pucelle consistait à s’avancer droit sur Margny, à enlever ce village par un coup de main, puis se rabattant À droite sur Clairoix, à sy établir de vive force pour y attendre le duc de Bourgogne, s'il venait de Coudun au secours de ses gens. On négligeait, il est vrai, les Anglais de Venette, qui pouvaient tenter de s'emparer de la chaussée pour couper la retraite aux Français; mais, de concert avec Jeanne, Guillaume de Flavy avait promis de pourvoir à ce danger. Il disposa de l'artillerie et des sens de trait sur le front et sur les flanes du boulevard qui commandait la chaussée, et prépara en outre sur l'Oise un erand nombre de bateaux couverts qui devaient, en tout cas, permettre aux fantassins d'opérer sûrement leur retraite.
Vers cinq heures de l’après-midi, toutes les portes de la ville étant fermées, sauf celle du pont, Jeanne sortit de Compiègne et s> porta sur Marsay avec cinq à six cents hommes. Les Bourguignons, commandés par Baudo de Noyelle, furent eulbutés, et le village emporté, La garnison de Clairoix accourut pour le secourir, tandis que les Anglais de Venette se mettaient en marche vers la chaussée, Une lutte violente, où les deux partis reculuient et avançaient tour à tour, s'engagen dans la prairie, Grâce à l'artillerie du boulevard, les Anglais allaient être arrêtés dans leur mouvement, et tout ce qu'ils auraient pu faire, c’aurait été d'aller grossir le corps de bataille des Bourguignons, quand tout à coup une terreur panique s'empare de ceux des soldats de Jeanne qui, se trouvant aux derniers rangs, pouvaient suivre du regard le mouvement des Anglais. Sans réfléchir que le boulevard les protège, ils croient déjà voir la retraite coupée: ils perdent la tête, ils se délandent et se précipitent les uns vers les bateaux, les autres vers la barrière du boulevard. Les Anglais, protégés par ces fuyards eux-mêmes contre’ l'artillerie, dont on n’ose pas faire usage de crainte de frapper également amis et ennemis, s'établissent sur la chausée, et, poussant devant eux les Français débandés, ils arrivent bientôt près du pont, Flavy, qui du haut des remparts voit cette confusion des siens, et les ennemis qui approchent, se prend à trembler pour la ville. Il donne l’ordre de fermer la porte et de baisser la herse.
Jeanne cependant combat toujours dans la prairie,
de Ja brid
lant 1
vant el Chaussée,
lent une
À trois Avertie de la panique cui avait sisi ses gens, suppliée de battre en = d È s le lOïse 4 retraite, elle s'y refusa d'abord et répondit : “ Taisez-vous, il ne tient
ne demi- iu'à vous qu'ils soient déconfits, ne pensez qu'à frapper sur eux.” Cepen-
ne CAM- lant le désordre ne faisait qu'augmenter, I > réserve.
, à enlesur Claiurgogne, est vrai, chaussée : Jeanne,
disposa lances du l'Oise un
ermettre
le étant orta sur ndés par œarnison Venette les deux prairie.
Lés dans s d'aller up une iouvant Anglais.
recraite uns vers
ais, pro-