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à Jeanne, au sujet de ses interrogatoires, des conseils perfides, en lui suggérant des réponses de nature à la perdre. Plusieurs témoins rap-
portent, avec un parfait accord, qu'il engagea vivement la Pucelle à ne
se point soumettre à l'Église, de sorte que, si l'on en croit ces témoi-
gnages son influence occulte fut le ressort, mis en jeu par Pierre Cauchon, pour jeter le trouble dans l'âme de l'accusée, et tirer de sa bouche des paroles mulsonnantes, atin de triompher sur le point le plus grave, celui où se concentraient en dernière analyse les efforts de l'accusation. Le dimanche 18 mars 1431, l'évêque réuait dans sa maison douze
wssesseurs, Il leur communiqua un assez grand nombre de propositions
qu'il avait fait extraire des réponses de l'accusée, et leur demanda leur Après délibération, il fut décidé que ses propositions seraient examinées avec le plus grand Dans
avis sur la conduite ultérieure de la procédure.
soin, afin qu’on pût en délibérer plus mûrement le jeudi suivant. l'intervalle devait être rédigé le réquisitoire du promoteur.
Le jeudi 22 mars, en présence de vingt-deux assesseurs, les maitres chargés d'examiner les propositions firent sur rapport. Il fut décidé que ces points seraient réduits à un petit nombre d'articles destinés à itre communiqués aux docteurs, dont Cauchon entendait demander l'avis avant de conclure et de prononcer la sentence.
Le samedi 24 mars, Jean de la Fontaine, commissaire délégué par l'évêque, se transporta dans la prison avec le vice inquisiteur. Là, en présence de six assesseurs, le greffier, Guillaume Manchon, donna lecture à Si l’on s’en l&
l’accusée du régistre où avaient été consignées ses réponses. rapporte au procès-verbal, Jeanne accepta de bonne foi, sans réserve, rédaction qui lui fut communiquée,
Cependant la fête de Pâques approchait, et, à mesure que la Pucelle la séparnient de cette grande solennite de
sentait s'écouler les jours q
l’ se chréti n 1 ubl unrè le (! chon a at ae année chrétienn ‘ uDiait iprèés de Lauchon stances pour qu'il lui fût perm accomplir les devoirs que l'Église impose, à cette époque, à ses fidèles enfan L'évêèque résniut de profiter de ce désir si vivement exprimé, pour porber à l'accusé un nouvenu coup au sujet des habits d'hommi Le dimanche des Rameaux 25 mars 1431, il se rendit duns ln prison, acompngne de 4 satre assesseurs, et il offrit for-
mellement à Jeanne de lui laisser act mplir s des religieux, pour-
vu qu'elle consentit à prendre des habits de femme : comme elle persistait ne pas céder sur se point, les docteurs se mirent à l'exhorter chaleu-
mais leurs instances furent vaines, “ Cela n'est pas en mon
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pouvoir, répondit la jeune fille; si c'était en mon pouvoir, ce serait bientôt fait. — Consultez vos voix, afin de savoir s’il vous est permis dé
prendre un habit de femine pour communier le jour de Pâques.—Je ne le puis, même pour communier. Je vous supplie de me laisser entendre la messe en habit d'homme. Cet habit ne charge point ma conscience et je ne crois pas désobéir à l'Église en le portant.” Le promoteur se hâta de prendre acte de cette résistance opiniâtre,
Le lundi 26 mars, l’évêque, ayant réuni dans sa maison douze asses seurs, déclara que le procès préparatoire était clos, et que le procès ordi-
naire allait s'ouvrir, Le Promoteur était invité À présenter publique-
ment son réquisitoire, divisé en articles, et sur chacun d'eux l’accusée
serait mise en demeure de s'expliquer. Tous les points sur lesquels
Jeanne refuserait de répondre devaient être, par ce seul fait, regardés comme avérés et acquis aux débats,
Le mardi 27 mars, le tribunal. composé de l'évêque et du vice-inquisiteur, assistés ce jour-là de trente-huit assesseurs, siégea en séance solennelle dans une salle située près de la grande galerie du château de Rouen,
Pierre Cauchon donna l'ordre d'amener l'accusée, Aussitôt qu'elle eut pris place, le promoteur, Jean d'Estivet, se leva, tenant en
main le manuscrit de son réquisitoire, Il prit d'abord des conclusions
tendant à ce que Jeanne fût invitée à prêter serment de dire la vérité sur
chacun des articles par lui proposés contre elle: que si elle refusait de répondre, où même demandait un trop long délai, il requérait qu'elle fût décinrén difaillante et contumace, et, pur ce seul fait, immédiatement
excomnuniée, Il déposa ensuite son manuscrit sur le bureau du tribu-
nal. L'évêque, après avoir pris l'avis de son collègue Jean le Maître et de
chacun des assesiour?, adress 4 l'aceusée l’'exhortation suivante : “Jeanne, toutes 1.s pirsonnes que vous voyez ici sont de très doctes
clercs, versés dans le droit ht et humuin, dont l'intention a toujours
été et est encore d'agir à vtt: égurd avec douceur et pitié. Nous ne
Poursuivons aucune vengeance, nous ne désirons aucun châtiment : nous
cherchons seulement à vous instruire et à vous ramener dans le chemin
de la vérité et du salut, Comme vous êtes illettrée, et qu'en des matières
aussi ardues vous ignorez eut-être ce que vous devez faire, ce »
devez répondre, je vous invite à choisir
que vous parmi ces messieurs un ou plusieurs docteurs pour vous assister dans vos réponses, Si vous ne savez quels conseliiers vous devez prendre, je vous offre de vous en donner de ma
main, pourvu qu'en ce qui vous concerne vous soyez décidée à dire la
vérité, Je vous requiers de jurer en notre présence que vous direz la vérité sur tous les points qui touchent votre procès.” Jeanne ne fut pas dupe de cette feinte douceur, On lui avait obstijun nément refusé jusqu'à ce jour l'assistance d’un avocat; maintenant voici qu'on lui offrait de lui en donner plusieurs. Cauchon, se souvenant
sans doute des objections de Lohier, tenait à mettre les apparences de
| son côté, Les conseillers choisis par l'accusée n'auraient pu l'assister | sans doute, que sous la surveillance et la pression du juge. Et si l’on
songe au rôle qu'avait joué Loiseleur, quels avocats Cauchon devait-il
donner à sa victime, au cas où le choix lui en serait remis? La Pucelle