‹ Jeanne d'Arc [microforme]Chapitre 39 sur 59 · RAS · texte numérisé non relu

RAS

Pucelle, Jean Lohier répondit avec un rare bon sens et une grande finesse : “ Vous voyez bien la facon dont ils mènent ln procédure : ils prendront ]1n malheureuse, s'ils le peuvent, par ces paroies, Ainsi, en ce qui touche ses apparitions, ils profiteront de ce qu'elle dit avec une entière conviction : Je suis certaine que cela est arrivé: mais si elle di it : ILme semble, au lieu de ces mots : Je suis certain je ne crois pas qu'il y ait un homme sur la terre qui püt la condamner, Il me semble qu'ils procèdent plus par haine qu'autrement ; aussi je ne veux plus demeure en cette ville, et je m'en irai le plus tôt possible,” En eflet, Lohier, n cé d'être jeté dans la rivière, parti bientôt pour Rome, où il demeura tou jou uis, et où il mourut doyen du tribunal de l Rote, qui est la cour suprême d'appel pour les causes ecclésinstiques, Ce titre éminent dont il fut revêtu donne une valeur singulière à l'opinion qu'il avait émise sur le procès de la Pucelle

Les divers témoignages recueillis lors, du proces de réhabilitation, et que d'autres documents confirment, viennent tous à l'appui de l'opinion de Lohier sur les iniquités tlacrantes qui ont vicié la procédure dirigée par Pierre Cauchon. Tout l'atteste: 10 l'étrange façon dont fut conduit le procés; 20 le défaut de liberté où d’impartialité chez les membres du tribunal : 30 le manque de garantie pour l’accusée ; 40 le dessein prémédité d’abuser de son ignorance et de sa conviction intime pour la tromper et la prendre au piège de ses propres paroles,

Ue n'est pas ici le lieu d'entrer dans une question qui a été assez vivement controversée entre les érudits et les historiens qui se sont occupés de Jeanne d'Arc et de se demander si le procès à été ou non conforme à la stricte légalité. Il suffit de constater qu'il a été de tous points inique, et, comme le disait Jean Lohier, en élargissant l'expression dont se servit cet habile jurisconsulte, tout à fait extraordinaire et monstrueux, Tout d'abord la honteuse partialité du principal juge aussi évidente qu'un fait peut l'être en histoire. Pierre Cauchon n rit visiblement dans toute cette affaire que comme un instrument des Anglais. Si quelqu'un pouvait être récusé, comme ennemi capital, c'est à coup sûr celui-là même qui, malgré la démarche de l’université de Paris, s'obstina À demeurer le seul juge de la Pucelle, et à dresser son tribunal à Rouen, c’est-à-dire dans la ville où ce procès, accompli au cœur méme de la puissance anglaise, ne pouvait abouti qu'au supplice de l’accusée. Le refus de s'associer des ecclésiastiques du parti français, le

refus de tirer Jeanne des prisons d'État pour la transférer dans les pri-

une grande océdure : ils Ainsi, en ce vec une enlt lle di ait :

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sons d'Églisi indiquent suffisamment l'intention formelle de faire subir à sa captive tous les inconvénients de sa double situation de prisonnière de guerre et d'accusée en matière de foi, sans lui Inisser aucun des avantages de l’un ou de l'autre état: il faut que Jeanne, brûlée en qualité d'ennemie de l'Angleterre, soit condamnée en qualité d’ennemie de ln loi: c'est là l'iniquité qui domine toute cette procédure, et la grande équivoque où on la maintient à tout prix; c'est là ce qui fuit de Cauchon le personnage nécessaire dans cette sanglante comédie, Les autres acteurs ne sy prétèrent pur toujours de bonne grâce : ainsi le chapitre de Rouen se montra fort récalcitrant au sujet des lettres de territoire. La prétention de juger à Rouen en qualité d'évêque de Bonuvais lui paraissait fort étranve, et il ne se soucinit pas d'accroître les chances d'un candidat au siège archiépiscopal dont les prétentions lui déplaisaient. Sa résistance fut vaincue, mais non sans peine. Libre de suivre ses propres inspirations, il aurait probablement refusé à Cauchon les pouvoirs qu'il sollicitait, et l'on peut dire en quelque façon que par là la procédure est implicitement viciée dans son principe.

La conduite de cette procédure ne fut pas moins étrange que le principe même, L'évêque de Benuvais avait fait recueillir à Domremy et dans d'autres endroits des informations sur le compte de la Pucelle, Il en donna communication à six assesseurs, et en fit extraire les rrticles qui servirent de base aux premiers interrogntoires. Mais, comme le résultat de ces informations était, en général, favorable à la Pucelle, malgré l'esprit qui les avait dirigées, Cauchon se hâta de les dérober derrière les extraits qui en avaient été faits sous sa surveillance, et on ne les retrouve plus que scandaleusement défigurés dans le réquisitoire da promoteur, Les interrogatoires commencés, les réponses de Jeanne produisent ce même effet favorable que n'auraient pu manquer de produire les informations ; Cauchon ce hâte de clore les séances publiques et de les remplacer par des séances secrètes, où tout se passe devant cinq ou six personnes seulement, Il fait plus, il essaye, par des moyens infâmes, d’altérer la sincérité, déjà bien incomplète, du procès-verbal qui doit servir à libeller les articles sur lesquels porteront les consultations, les délibérations, la sentence. Voici ce que rapporte à cet égard le greffier Guillaume Manchon: “ Au commencement du procès, pendant cinq ou six séances, comme je mettais en écrit les réponses et les excuses de la Pucelle, les juges, tn'adressant la parole en latin, me voulurent plu-

sieurs fois contraindre de changer le sens des paroles de l'accusée, en

Ld

De cvrer—e)

exprimant sa pensée autrement qu’elle ne l’entendait, En outre, par le commandement de monseigneur de Beauvais, deux hommes turent placés da1s l'embrasure d’une fenêtre, près: du lieu où siègent les juges, et devant cette fenêtre il y avait un grand rideau de serge, empêchant qu'ils ne fussent vus. Ces deux hommes écriveient ce qui était à la charge de l’accusée, sans rapporter ses excuses. En collationnant, dans l'après-midi, ce que nous avions écrit pendant la séance, ie remarquai que les deux scribes anglais n'avaient point rapporté les réponses tendant à justifier la Pucelle, et j'en fis l'observation : ce qui excita rortement contre mi le courroux de monseigneur de Beauvais” Ces tentatives semblaient s'être prolongées au delà des cinq ou six premières séances ; car Manchon ajoute en te-mes généraux. “ Quand Jécrivis le procès, J'eus plusieurs fois à soutenir les reproches de monseigneur de Beauvais et de quelques assesseurs, qui me voulaiert contraindre à écrire selon leur imagination et À fausser le sens de la parole de la Pucelle, Quand il y avait quelque chose qui ne leur plaisait point, ils me défent'aient de l'écrire, en disant que c'était inutile au procès.” Manchon proteste il «st vrai, qu'il n’a rien écrit que selon sa conscience : inais a-t-il tout écrit ? Nous croyons, avec M. Wallon, que, sous l'empire de la crainte, il a péché souvent, au moins par omission. Dans tous les cas, des tentatives sem}lables suflisent pour taire apprécier la facon dont Couchon entendait mener l'affaire. S'il a gardé, au miheu de telles iniquités, quelque apparence légale, que peut-on conclure, sinon qu'il joignait une habileté très grande à son extrême méchanceté ?

La partialité de l’évêque, principal juge, ne peut ‘lorc faire l'objet d'un doute. Le vice-inqusiteur Jean le Maître ne fut pas libre. (Contraint de prendre part au procès, maloré la révolte de sa conscience, naturellement honnête, il avoun lui-même à un des assesseurs, Jean Massieu, qu'il se sentait incapable de résister à la volonté des Anolais. “Je vois, répéta-t-il à plusieurs reprises, que, si le procès ne marche pas à leur gré, nous serons en danger de mort.” Les assesseurs furent évalement dominés par un de ces trois sentiments, qui enlèvent toute espèce d'autorité aux actes qu'ils inspirent: l& haine, la peur ou la cupidité, La haine fut évidemment le mobile qui fit agir le promoteur Jean d'Estivet,. Lan méme cause, où une cause analogue, la prévention née des passions politiques, dirigea la conduite de Thomas de Courcelles et de ses collüceuas da ln ornndé nniuvanett

SUSS GC 1 Grante Univers C0, qui ne virent dans toute cette uffuire

que par les yeux de Cauchon,

La seurs, lonté 1 senten de ur part di cer un ni eux saire, toute c et qui [

entend

Jui furent fu cheurs, q le ferait.

ger les re avoir oui même, ay car j'étais recu, L' iuparava

d'intenter

re, par le rent plales juges, mpêchant tait à la ant, dans ‘emarquai nses tenrortement entatives séances :

le procès, Beauvais re selon . Quand aient de ste il sst ut écrit ?

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habileté

re l'objet ‘e. Connscience, urs, Jean Anolais.

rche pas ent évate espèce cupidité.

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» affaire

La terreur, qui Ôta toute liberté d'esprit à un vr seurs, résulterait suffisamment de

and nombre d'assesla nature même du procès et de la vo-

lonté formellement exprimée par les Anglais de le voir aboutir à une

sentence de mort, lors même qu'elle ne serait pas attestée par les témoins

de la réhabilitation. Si la lâcheté, pour ainsi dire spontanée, de la plupart des docteurs, épargna à Cauchon ou à ses maîtres la peine d’exercer une pression trop générale ou trop directe, il e

st certain que ni lui ni eux ne s’abstinrent d’user d’intimid

ation, quand ils le jugèrent néces- À cet égard, on peut citer des faits précis où l'inic toute claire, et la violence, si l’

saire, juité apparaît on nous passe cette expression, toute crue,

et qui édifient sufisamment sur la liberté que Cauchon et les Anglais

entendaient laisser aux membres du tribunal.

C'étaient, chefs et soldats, une

bande d'etfrontés pillards,

“J'ai ouï dire. rapporte Nicolas de Houppeville,

furent fuites à frère Ysambard de la Pierre. de l'ordre des frères prè-

que des menaces

cheurs, qui fut assesseur au procès. Le comte de Warwick lui dit qu'il

le ferait jeter à Ia rivière, s'il ne se taisait, parce qu'il essayait de diri-

ger les réponses de Jennne, et les répétait aux notaires, Je crois bien

avoir ouï dire cela à frère Jean le Maître, alors vie -inquisiteur, Moi-

même, ayant été convoqué au commencement du procès, je ne pus venir ;

car j'étais occupé ailleurs, Je vins le second jour, mais je ne fus pas reçu, L'évêque de Beauvais me fit chasser de 1! Auparavant, causant avec Michel Colles,

d'intenter

n salle, Que

J'avais dit qu'il était dangereux

un tel procès, pour plusieurs causes, Cette parole fut Tap-

PP D momo.

portée à l’évêque, qui me fit jeter en prison. Je fus délivré sur les instances de monseigneur l'abbé de Fécamp; mais j'ai entendu dire que, dans un conseil tenu par l’évêque, il avait été question de m'envoyer en exil, soit en Angleterre, soit ailleurs, ce qu'on aurait fait sans l'intervention dudit abbé et de quelques-uns de mes amis. Pour le vice-inquisiteur, je suis certain qu'il était fort épouvanté, et je l'ai vu bien des fois perplexe durant le procès.”

“Je fus dénoncé, dit Pierre Miget, au cardinal de Winchester comme favorisant la Pucelle; mais je m'en exeusai, tremblant pour ma vie.”

Jn jour, dit Manchon, qu'un, dont je ne me rappelle pas le nom, dit au sujet de Jeanne quelque chose qui ne plut point au seigneur de Statiord, ce seigneur, tirant son épée, poursuivit cette personne jusque près d’un lieu consacré, où l’on avait droit de refuge: et si l'on n'avait averti le seigneur de Stafford du caractère sacré de ce lieu, l’homme était perdu.”

“Une fois, dit-il encore, que Jean Châtillon aidait Jeanne en ses interrogatoires, l'avertissant qu'elle n’était pas tenue de répondre, où ‘ti disant telle autre chose dont je n'ai pas souvenance, l’évêque de Beauvais, ainsi que les assesseurs les plus animés contre la Pucelle, Benupère, Midi, Jacques de Touraine, se mirent en colère, et il se fit un grand tumulte, L'évêque cria à Châtillon: “'Taisez-vous, et laissez parler les juges.” Et le témoignage de Manchon est confirmé en ces termes par Richard de Grouchet :

“On fuisait à Jeanne des questions très difficiles, et ceux des assesseurs qui essayaient de l'aider dans ses réponses étaient repris avec âcreté et rudesse, et notés favorables à l'accusce, tantôt par l'évêque, tantôt par Jean Beaupère, “Luissez-la parler, dit ce dernier ; qui, de vous ou de moi, a charge de l'interroger ?”

Notons encore le témoignage de l'exécuteur des citations, Jean Mussieu : “ En conduisant Jeanne de sa prison au lieu où elle était interro gée, je passais devant la chapelle du château, et, sur sa requête, je per mis plusieurs fois à la Pucelle d'y faire en passant son oraison ; de quo Je fus durement repris par le promoteur, qui me dit, “Truand, qui t'a rendu si hardi de laisser approcher du sanctuaire cette vilaine excom muniée, sans la permission des juges ? Je te ferai mettre en telle toui que tu ne verras d'un mois le soleil ni la lune, si tu prends envore cett: licence Quant ie promoteur s aperçut que je ne tenais aucun comp

de ses menaces, il se posta plusieurs fois devant la porte de la ch ipell

pour @ lait tc )uvier comme Turque rûlée honneu l''ponse que j'ét )CCasior qui me raison.” n'aurais La ce les Ang lomptés ments, seurs qu de Paris Jeanne à rôle dans pressuré faisait e mille livr tyre de J voir dans que les ve ses passio Au su l'histoire, en sollicit.

avaient pr ce monde, À la p:

sée un m Jeanne est réduit qui |

elle est en

ivré sur les instendu dire que, n de m'envoyer fait sans l’interur le vice-inqui-

ai vu bien des

inchester comme our ma vie.”

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‘u, l’homme était

anne en ses inrépondre, où ‘1 que de Beauvais, ucelle, Bexupère, se fit un grand aissez parler les

ces termes par

ceux des assesent repris avec ar l'évêque, tan-

ap : qui, de vous

tions, .ean Musle était interro requête, je per T'AÏSON : de quoi Truand, qui t'a vilaine excoim “e en telle tour ds envore cetti s Aucun Comp

de la chapelle

pour empêcher que Jeanne ne

fit son oraison, et la Pacelle me lait toujours: “Le

Corps de Jésus-Christ n’est.il pas | que, vers le quatrième ou cin comme je reconduisais l'accusée à

souviens aussi

Turquetil, me demanda: “ Que te brûlée ? Qu'arrivera-t.il — Jusqu'ici, honneur en elle; mais ce qui en sera reponse fut rapportée aux gens du que j'étais animé d'un mauvais esprit pour occasion, je fus mandé dans l'après-midi par monsei qui me dit: “ Prenez garde à vous,

où l’on vous fera boire plus que de

raison.” Je crois bien que sans le greftlier

Manchon, qui m'excusa, je n'aurais pas échappé à la colère de l'évêque.”

La eupidité où un sentiment analogue.

l'ambition, mettait à la merci des Anglais deux des ass

esseurs que n'ausz, int aveuglés la haine ou

lomptés la peur, et en même temps venait en aide À ces deux senti-

ments. Le tribunal entier était à la solde de l'Angleterre, Les asses -

seurs qui se montrèrent les plus hostiles à la Pucelle. comme le de Paris, reçurent des gratifications spéciales, Jeanne à Compiègne jusqu'au supplice, l'or ang rôle dans cette triste affaire.

pressuré la Normandie :

s docteurs Depuis la capture de lais ne cessa de jouer son Ce n'était pas en vain que Bedford av ait ce nétait Pas en vain que, le ler faisait encore venir d'Angleterre, par Die mille livres,

inars 1431,il

Ppe, Une somme de quatre Payés par le gouvernement anglais, le

procès et le martyre de Jeanne doivent demeurer

à son compte, et il est impossible de

voir dans les juges et les assesseurs qui siégèrent à Rouen autre chose que les valets d’un maître impérieux, qui tremblent à sa Voix, épousent ses passions, et tendent la main pour recevoir leur salaire. Au surplus Cauchon et ses acolytes se sont eux-mêmes flétris devant l’histoire, et ont formellement accepté ce caractère de basse ‘“lépendance, en sollicitant du grand conseil des lettres de garantie

pour la part qu'ils avaient prise à la plus grande iniquité

peut-être qui ait été commise e martyre (lu divin Maître.

À la partialité chez les mem

en ce monde, depuis le procès et |

res du tribunal correspon

l pour l'accusée un manque aholu de garanties. Au moral comme au physique, Jeanne est livrée pieds et poings liés à 3es ennemis, Exposée, dans le

grossières insultes de ses elle est en butte dans la procbs à 1 #0

PrFOCES, à Ia fourberie de son juge, sans per.

réduit qui lui sert de prison, aux gardiens,

demanà?” Je me juième jour du procès, sa prison, un prêtre, nommé Eustache semble de ses réponses ? Sera-t-elle répondis-je, je n'ai vu que bien et à la fin, Dieu le sait.” Cette roi par Turquetil, et on en conclut les intérêts du roi. À cette

gneur de Beauvais.

To

pee eme

sonne qui la conseille, “Au début du procès, dit Jean Massieu, Jeanne demanda un avocat pour l'aider À répondre, en disant qu'elle n'était qu'une pauvre ignorante. On lui répondit qu'elle eût à se défendre elle-même, et qu'elle n'aurait point d'avocat.” Quant à ceux qui, touchés de pitié pour elle, essayèrent de se constituer oflicieusement ses défenseurs, nous avons vu de quelle façon Cauchon réprimait leur bonne volonté,

C'est qu'il fallait à tout prix fair triompher lé juivoque ; c'est que le dessein pre tiédité de Cauchon était d'abuser de l'isnorance de Jeanne, pour la prendre au piège de ses propres paroles, Aussi multipliait-il à dessein des questions captieuses, et faisait-il subir à une paysanne de vingt ans, qui ne savais ni lire ni écrire, des interrogatoires si difficiles, que de savant docteurs auraient été embarrassés pour y répondre, C’est l'avis de presque tous les assesseurs qui témoignèrent au procès de réhabilitation, et la lecture des procès-verbaux confirme de tout point leur témoignage. Parfois, dans ces séances si longues et si fatiguantes, tous les docteurs se mettaient à parler à la fois; une question n'attendait pas l'autre, La présence d'esprit déployée par l'héroï jue jeune fille, ses sublimes réponses, qui parfois firent courber le front des juges, n’en sont que plus admirables, Mais ses voir, qui, la conduisant à la gloire, cest-à-dire au martyre, lui inspiraient ces réponses, plus puissantes pour son salut éternel que pour sa délivrance ici-bas, ne l'ont parfois, ce me semble, éclairé qu'à demi sur les embûches de Pierre Cauchon.

C'est ainsi que sa bonne foi fut surprise par un misérable nommé Nicolas Loiseleur, chanoine de Rouen, et qui figurait au nombre des assesseurs, Entièrement dévoué aux Anglais, qui avaient déjà reçu des gages de son attachement à leur parti, ce prêtre consentit à jouer un rôle dont un espion même n'eût pas voulu. Il s'introduisit, à ditférentes reprises, tantôt de jour tantôt de nuit, dans la prison de la Pucelle, et, sous divers déguisements, se donnant tantôt pour un homme d'armes, tantôt pour un cordonnier, tantôt pour un prêtre du pays de Lorraine, mais toujours pour un prisonnier des Anglais, il réussit, en lui parlant de son village, en lui donnant des nouvelles de la guerre, de ses compa.gnons d'armes, de son roi bien-aimé, à gagner sa confiance et À obtenir d'elle des détails qu'il rapportait à Cauchon, ou que celui-ci, caché dans une cavité qui avait été pratiquée tout exprès dans l'épaisseur de ja

muraille, écoutait en compagaie du comte de Warwick, et assisté de ses

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lassieu, Jeanne qu'elle n'était à se défendre IX qui, touchés ent ses défenit leur bonne que ; c'est que nee de Jeanne, aultipliait-il à paysanne de s si difficiles, ‘pondre. C'est rocès de réhaut point leur 1 fatiguantes, stion n'attenque jeune fille, es juges, n'en t à la gloire, us puissantes nt parfois, ce auchon.

rable nommé | nombre des nt déjà reçu entit à jouer uisit, à ditféde la Pucelle, mine d'armes, de Lorraine, à lui parlant 6 ses compaet à obtenir , caché dans uüsseur de ja rssisté de ses

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