‹ Jeanne d'ArcChapitre 35 sur 77 · MILITES · texte numérisé non relu

MILITES

Intonent pugnam tubae, Et aei-a rauco cuncta percsllant sono,

rage, courons appliquer les échelles contre les hautes murailles, et montons tous à Tassaut.

TALBOT

Que le soldat affermisse son bras; nous n'avons en face de nous que des ombres de corps, ils n'ont que la peau et les os que promènent leurs mânes par la ville. Ce que vous voyez ce sont les spectres des Français qui, du haut de leurs murs, regardent nos soldats.

SUFFOLK

Allons donc! et que quiconque se sent du cœur s'élance aux échelles et montre aux autres le chemin. Sus, soldat! et marchons! Quelle gloire, ô Anglais, dominateur des mers, quelle gloire que celle des derniers coups à porter! Prodigue naguère de ton sang et la terreur du Français, tu t'es abattu sur son royaume; il ne manque désormais à ton œuvre que cette unique ville; si tu la prends, le Français cherchera dans la fuite une honteuse vie, et, tournant le dos, nous abandonnera toutes choses.

TALBOT

L'univers entier est dans Tattente de ta victoire, et la renommée te tresse partout des couronnes. Le Français redoute ce jour; et dès que, tremblant, il t'aura vu debout sur les hautes murailles, vaincu d'ava.ice par la peur, il abandonnera la ville.

Que les trompettes sonnent le combat, que l'airain perce les airs de ses sons aigus, et que les machines

88 JOANNA DARCIA.

Ignita duros machina eructet globos.

Per sanguinem, et per funera, et mortis vias Petamus urbem ; semita haud una est novum Ensi ad triumphum. Jàm pudet clausis diù Latere castris, armaque et fortes manus Inhibere gremio. Scandere in cœlum licet, Si quis polorum fornice inclusus latet, Hic nos timebit. Montibus non est opus, Istud Gygantum est; anglica inveniet viam Per astra virtus, nec pétant scalas sibi, Mctoriosâ cuncta qui sternunt manu.

Praefixa nostris capita Francorum ensibus Laeti feremus : nullus est pugnae modus, Cùm pugnat Anglus.

SENEX

Nullus est fugae modus Quando fugit Anglus, ore pugnat, non manu; Et ante pugnam semper est victor sibi.

Generose miles, ipse praecedens viam, Per alta sternam maenia; hanc, miles, m.anum, Hune sequere gladium, miles. At quis hùc gradu Currit citato? state, retinete ordines.

Novus ecce risum nuntius forsan feret, Sed mox sequetur maximus risum dolor.

enflammées vomissent les globes irrésistibles. Par le sang, par les funérailles, et par tous les chemins de la mort, allons droit à la ville; l'épée a mille sentiers par où atteindre de nouveaux triomphes. Rougissons de rester plus longtemps enfermés dans nos camps et de tenir nos bras et nos armes cachés dans notre sein. Sachons escalader le ciel, si quelque ennemi y cherche un asile, qu'il craigne de nous voir l'y atteindre. Pas n'est besoin des montagnes, laissons-les aux géants. Le courage anglais saura se frayer une route parmi les astres; ceux-là n'ont que faire d'échelles, dont le bras victorieux est fait pour tout renverser. Nous porterons gaîment les têtes des Français à la pointe de nos épées; on ne sait où s'arrête le combat, quand c'est l'Anglais qui combat.

LE VIEILLARD

Ni OÙ s'arrête la fuite, quand c'est l'Anglais qui fuit. Il combat de la parole et non du bras, et avant la bataille il ne doute jamais de la victoire.

GLACIDAS.

Généreux soldat, je te précéderai moi-même et t'ouvrirai un chemin vers les hautes murailles. Suis ce bras, ô soldat; soldat, suis mon épée. Mais qui vient ici d'un pas si précipité? attendez, suspendez la marche.

LE VIEILLARD

Ce messager apporte peut-être un nouveau motif de se réjouir; mais bientôt une douleur plus grande va suivre cette joie.

9^ JOANXA DARCî.l.

SCENA II Suffortius, nuntius, Talbotus, Gîacidas, senex,

Consiste, quis tu?

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