LES ENVOYÉS DE BEAUVAIS
La ville de Beauvais, grand roi, si vous daignez accueillir les prières de vos sujets, a soustrait sa tête au joug, et ayant chassé les Anglais, rentre sous votre obéissance et vous sera fidèle. Il est dans le caractère de tous les grands rois de regarder leurs sujets d'un œil favorable, et de les secourir dans leurs nécessités, lorsque ils les savent innocents; notre ville s'était rendue aux Anglais, contrainte par la force; maintenant elle se prosterne à vos pieds. Pardonnez, ô roi, et soyez-nous favorable; celle-là est fidèle, qui revient sans y être forcée.
J'aime sa fidélité; tout ce qui a pu être fait auparavant, je le pardonne; il en set tant qui ont cédé à
148 JOANNA DARCIA.
Et hostis arma. Caeterùm, quod nunc licet, Servate vestro jam datam regi fidem.
Ego vos tuebor.
BORBOMUS.
Ecce rex, victrix adest Iterùm puella, Franciae crescit tuae Felicitatis gloria, et rursùm nova Trophaea surgunt.
Anglus hic postquam suas Amisit urbes, captus in praedam venit.
SCENA III Joanna, Carolus, Talbotus , senex.
Rex magne, cujus annuit votis Polus, Et sors reversa, vicit en rursùm Tonans. Pleraeque dùm te Franciae regem tuae Fatentur urbes, et novam jurant fidem Anglosque pellunt, ecce libertas redit, Et servitutis fœda tolluntur juga.
Ivimus in arma rursiàs, et pugnam manu Conseruit audax miles; invitus licet Pugnavit Anglus, non tulit pugnam tamen, Potentiori cessit, et pulchram tuo
l'excès de la crainte et aux armes de Tennemi. Conservez, dans des circonstances meilleures, la foi rendue à votre roi. Je vous protégerai.
BOURBON
\'oici, ô roi, la Pucelle qui revient de nouveau victorieuse; la gloire et le bonheur de la France s'accroissent d'heure en heure , et de nouveaux trophées s'élèvent.
LE VIEILLARD
L'Anglais, après avoir perdu ses villes, devient lui-même la proie de son vainqueur.