MONUMENT DE N.-D. DE BON SECOURS, ROUEN
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cation où éclate* la science professionnelle; nous ne pouvons nous arrêter q*u’à ceux de l’édicule principal où se trouve la statue.de Jeanne d’Arc. C’est une élégante construction Renaissance consistant en une pyramide ou un pavillon à six pans qui se compose : d’un soubassement terminé par un palier en carreaux de pierre et de marbre, disposés en rosace et supportant le piédestal de* la statue; d’un étage d’arcatureâ, avec corniche et frontons; d’un dôme avec sa lanterne surmonté de la statue de saint' Michel. L'édifice central est accompagné de deux édicules abritant chacun une statue : à gauche de Jeanne, celle de sainte Marguerite; à droite, celle de sainte Catherine. L’extérieur du monument est d’une extrême richesse; l’intérieur est de la plus grande simplicité : c’est le culte de Jeanne qui a présidé à tout, et l’on y voit éclater le souci de concentrer sur sa statue toute l’attention des fidèles et des visiteurs.
Nous avons nommé l’architecte du projet, M.Lisch; il convient de joindre h son nom, ceux de M. Baron, l’entrepreneur des travaux, et de M. Lefort, architecte du département de la Seine-Inférieure et gendre de M. Lisch, sous la surveillance duquel les travaux ont été exécutés.
La statue de Jeanne d’Arc est l’œuvre de M. Barrias, l’auteur des Premières Funérailles. Elle a figuré avec honneur au Salon de 1892 ; les éloges unanimes que lui décernèrent les critiques d’art nous dispensent de complimenter M. Barrias, à qui l’Institut a ouvert ses portes depuis 1881.
La statue de saint Michel, qui domine tout le monument, est l’œuvre de M. Thomas : c’est un bronze très remarquable ; la tête est jeune et fière, le mouvement noble et vigoureux.
Les statues de sainte Marguerite et de sainte Catherine sont de MM. Verlet et Pépin; elles accompagnent
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dignement la statue de Jeanne ; nous ne saurions faire un meilleur éloge de ces deux œuvres. — Notons encore les jolis moutons de M. Gardet, qui décorent la balustrade; ils sont saisissants de vérité et de vie.
C’est le 30 juin qu’eut lieu l’inauguration solennelle du monument. Les fêtes, qui coïncidaient avec les noces d’argent de Monseigneur l’Archevêque de Rouen, avaient commencé, dès la veille, par le défilé des hommages au vénéré prélat. Elles se continuèrent, le lendemain, par la cérémonie du matin, à la cathédrale, où le P. Monsabré prononça sur Jeanne d’Arc un discours admirable entre tous les morceaux d’éloquence que la chaire chrétienne doit à l’éminent dominicain, et, dans la soirée, par la bénédiction du monument.
Nous ne saurions songer à fixer ici, dans les quelques lignes qui nous sont encore accordées, le tableau à jamais inoubliable de cette fête d’inauguration, une de ces merveilles de calme magnificence que peut réaliser le mariage intime de la piété dans le culte et de l’enthou* siasme dans le patriotisme. Entouré des représentants de l’épiscopat français, de l’armée et des autorités, Mgr Thomas présidait. « Ayant été à la. peine, c’était justice qu’il fût à l’honneur. > Nous terminons sur ces paroles de Jeanne d’Arc, desquelles il arrivera souvent à la postérité rouennaise d’appliquer le sens aux efforts triomphants du vénéré prélat pour doter Rouen dü irionument de réparation et de gloire que la cité du supplice devait à l’immortelle héroïne.
Ce monument ne restera pas le dernier mot du culte rôuennais : dans ses murs, sur l’une de ses places, Rouen veut avoir et aura bientôt un autre monument plus digne de la grande cité et de Jeanne d’Arc que celui sans autre valeur qu’une noble intention médiocrement traduite, dont nous avons parlé avant d’arriver à l’œuvre de Mgr Thomas. Dernièrement, le Conseil
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municipal de Rouen a voté une somme de vingt mille francs, pour l’érection d’une statue à Jeanne d’Arc sur l’une des places de la ville. Le motif principal de la partie sculpturale de ce monument sera tiré du séjourde Jeanne d’Arc à Rouen et représentera vraisemblablement une des dernières stations de sa Passion, la prison ou le bûcher.
Ce projet aboutira sans nul doute, et d’ores et déjà nous l’enregistrons à la suite et comme un complément des manifestations par lesquelles la ville de Rouen a affirmé sa vénération pour la libératrice de la France .