TROISIÈME INQUISITEUR
Ceux à qui vous devez la naissance Du jugement sacré subiront la puissance. Chassés de leur chaumière j à leurs champs an'achés. Du nombre des chrétiens à leur tour retranchés, * Vos parents, sans foyer, sans autel , sans patrie. Traîneront dans l'exil leur vieillesse flétrie. Vos sœurs honteusement iront tendre la main. Sous des haillons, la nuit , aux passants du chemin^ Sans oser relever un front maudit d'avance Qui de Jeanne l'impie offre la ressemblance. Et tous blasphémeront le jour infortuné Oïl votre père a dit : — Un enfant nous est né ^ — Jeanne d'Arc!...
HERMANGARD.
Eh bien ?
Dieu !... Mais quel pouvoir sinistre
De tant de cruautés vous a fait Iç miaistré ?
Je n'outragerai point, par d'indignes aveux
Le ciel y qui si longtemps exauça tous mes vœux.
On m'impute un forfait ; la haine britannique
Veut s'armer contre moi d'un jugement inique.
Mais Jeanne d'Arc, le front ceint de quelques lauriers,
Guerrière , doit avoir pour juges des guerriers-
Et pourquoi me juger ?... sous ma sainte bannière ,
Au milieu des combats on me fît prisonnière.
Je me suis confiée à la foi de Bedfort;
Que des autres captifs je partagé lé sort.
S'il faut avec de l'or payer ma délivrance ,
Qu'il parle, et dès demain, j'en donne l'assurance!
Les chevaliers français, abordant ma prison ,
Brigueront tous l'honneur d'acquitter ma rançon.
Vous verrez accourir, comme en pèlerinage ,
Epouses de barons , filles de haut lignage ,
Qui toutes , à l'envi ', se feront une loi
D'ennoblir leurs joyaux en les vendant pour moi!
HERMANGARD.
Une rançon pour vous ?. . . l'Angleterre offensée A resserrer vos fers est trop intéressée ; Et ces mêmes Français, dont vous guidiez les pas, Vaincus de toutes parts...
JKANNE d'arc.
Vous ne le croyez pas !
Près du Dieu qui relève ou renverse une armée , Saint Louis n'a-t-il plus sa place accoutumée ?
Ne Goafondiwt41 pas vos projets insensés ? N'est-ce pas de nos bords que se sont élancés . Ces conquérants pieux qui venaient avec gloire Aux autels de Sion prosterner la victoire, Délivrer le saint temple , «t , pour premier succès , Sur la tombe divine inscrire un nom français?... Tout mon sang peut couler sous votre main cruelle ; Ma vie est d'un instant , la France est immortelle !
(Elle w i-elire. dans une autre salle de la prison.) HERH AKG AR D , auK âuff».
La crainte ne peut rien sur ce cœur indompté; Montrons l'acte en mes mains parTyrrel apporté.
Une cour dir palais de justice. Un tribunal. On voit à travers la colonnade
un portail d'égli<;e.