‹ Jeanne d'Arc; tragédie en cinq actes et en versChapitre 28 sur 55 · TROISIÈME INQUISITEUR · texte numérisé non relu

TROISIÈME INQUISITEUR

Ceux à qui vous devez la naissance Du jugement sacré subiront la puissance. Chassés de leur chaumière j à leurs champs an'achés. Du nombre des chrétiens à leur tour retranchés, * Vos parents, sans foyer, sans autel , sans patrie. Traîneront dans l'exil leur vieillesse flétrie. Vos sœurs honteusement iront tendre la main. Sous des haillons, la nuit , aux passants du chemin^ Sans oser relever un front maudit d'avance Qui de Jeanne l'impie offre la ressemblance. Et tous blasphémeront le jour infortuné Oïl votre père a dit : — Un enfant nous est né ^ — Jeanne d'Arc!...

HERMANGARD.

Eh bien ?

Dieu !... Mais quel pouvoir sinistre

De tant de cruautés vous a fait Iç miaistré ?

Je n'outragerai point, par d'indignes aveux

Le ciel y qui si longtemps exauça tous mes vœux.

On m'impute un forfait ; la haine britannique

Veut s'armer contre moi d'un jugement inique.

Mais Jeanne d'Arc, le front ceint de quelques lauriers,

Guerrière , doit avoir pour juges des guerriers-

Et pourquoi me juger ?... sous ma sainte bannière ,

Au milieu des combats on me fît prisonnière.

Je me suis confiée à la foi de Bedfort;

Que des autres captifs je partagé lé sort.

S'il faut avec de l'or payer ma délivrance ,

Qu'il parle, et dès demain, j'en donne l'assurance!

Les chevaliers français, abordant ma prison ,

Brigueront tous l'honneur d'acquitter ma rançon.

Vous verrez accourir, comme en pèlerinage ,

Epouses de barons , filles de haut lignage ,

Qui toutes , à l'envi ', se feront une loi

D'ennoblir leurs joyaux en les vendant pour moi!

HERMANGARD.

Une rançon pour vous ?. . . l'Angleterre offensée A resserrer vos fers est trop intéressée ; Et ces mêmes Français, dont vous guidiez les pas, Vaincus de toutes parts...

JKANNE d'arc.

Vous ne le croyez pas !

Près du Dieu qui relève ou renverse une armée , Saint Louis n'a-t-il plus sa place accoutumée ?

Ne Goafondiwt41 pas vos projets insensés ? N'est-ce pas de nos bords que se sont élancés . Ces conquérants pieux qui venaient avec gloire Aux autels de Sion prosterner la victoire, Délivrer le saint temple , «t , pour premier succès , Sur la tombe divine inscrire un nom français?... Tout mon sang peut couler sous votre main cruelle ; Ma vie est d'un instant , la France est immortelle !

(Elle w i-elire. dans une autre salle de la prison.) HERH AKG AR D , auK âuff».

La crainte ne peut rien sur ce cœur indompté; Montrons l'acte en mes mains parTyrrel apporté.

Une cour dir palais de justice. Un tribunal. On voit à travers la colonnade

un portail d'égli<;e.

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