SCENE IV
HËRMAIHGARD, JEANNE BARC, imquisitsubs,
£X0BC1STES.
HERMANGARD.
Vain espoir ! et celui qui prétend nous braver Peut périr avec vous^ mais non pas vous sauver! Mon pouvoir est de ceux à qui rien ne résiste. Avec mol, Jeanne d'Arc, j'amène l'exorciste; Je viens sauver votre âme. .. A genoux, à genoux. . .
JEANNE d'arc, debout.
Le ciel juge les cœurs, qu'il prononce entre nous.
HEHMANGARD.
L'eau sainte^ en s'épanchant, peut laver la victime.
Dieu ne mit qu'un laurier où vous voyez un crime.
HERMANGARD-
Un laurier!! Vous osez, pour sortir. de nos fers,
Vous couvrir à nos yeux du pacte des enfers.
Un laurier!! Lorsque Dieu descend dans cette enceinte.
Vous adorez Satan en face de l'eau sainte!...
En face du bûcher vous rêvez les comliats. . .
Non! L'esprit du Seigneur ne guide plus mes pas; Sa force, dès longtemps, de moi s'est éloignée. Et parmi les humains ma tâche est terminée.
Pourquoi ces murs, ces fers? pourquoi m'ôter le jour?
Rendez-moi les travaux de mon humble séjour.
Je ne suis plus à craindre... Une simple bergère,
Qui ne regrette pas sa grandeur passagère,
Ne veut qu'aller revoir, en rendant grâce aux cieux,
Des parents dont ses mains> doivent fermier les yeux.
De siëges, de combats déiKormaîs incapable. . .
HERMAnCARD.
Avoues vos forfaits.
Je ne suis point coupable.
fiBRMAirÛARD. '
Vous avez essayé de briser vos liens.
J£AilNE D^ARC.
Oui, j'ai voulu tromper mes insultants gardiens; J'ai voulu, pour les fuir, m'élancer tout armée Du haut de cette tour «oii je suis renfermée.
HERHANGARD.
Et vous rendiez ainsi vos crimes plus complets ; Vous vous donniez la mort^ . .
jEAirifE d'arc.
J'échappais aux Anglais !
François de Paule, à qui j'ai confiessé ma Êiute, M'a dit : — Dans les douleurs marchez la tête haute. — Sous l'absolution tout mon cœur s'est plié, Et vous ne lierez pas oe qu'il a délié !!!
hermakgard.
Celle qui ne craint point d'attenter sur soi-même
LA CAPTIVITE. 455
Prouve qu'elle est déjà livrée à râtnatbème. Savez-vous quels témoins déposent contre vous?
Osez les appeler ^ je les confoiidrai tous.
HERMANGARD.
Il en est un. . .
Parler.
HERMANGARD.
Je dois encor me taire , Vous apprendrez bientôt. ce terrible mystère. Si vous ne confessez tous vos primes secrets , De la torture ici les instruments sont prêts ; Voyez.
(Uue porte de fer s^ouvre au fond de la prison , et laisse apercevoir dçs instruments de torture dans un cachot éclairé d*uue fltmoie rougeâtre.)
JK4NNR d'arc.
Ciel!
. al^RMANGARD.
C'est asisesS'de prières frivoles , Tjcs toutineats feront plus que n'ont fait mes paroles : Oui^ malgré toiis vos pleurs^ vos lamentables cris , Promenant la douleur sur vos membres meyrtris , L'on verra par degrés les brûlantes tenailles Interroger ce cœur qui gagnait des* batailles ; Sous les ongles de fer qui le déchireront, Avec son sang à flots. ses secrets sortiront! Jeanne d'Arc!...
456 JËAiNxNË D^ARG, MARTYRE.
D£UXIKMK IlfQUI^ITEBR.
Refuser les aveux qu'il réclame^ Cest vouloir que Tarrét condamne aussi votre âme. Notre voix en tombant sur un front criminel Le livre après la mort au courroux étemel ; De rinquisition grandira l'anathème Par delà le bûcher, dans l'éternité même ; La cendre sacrilège aux enfers descendra j Et Tâme après le corps dans les feux revivra ! Jeanne d'Arc!..;