CHŒUR DES GUERRIERS
Honneur à Jeanne qui s'avance, D*un vainqueur séculaire à son tour triomphant ! Acclame ton sauveur, ô France !
Anglais, redoutez la puissance Qui vous courbe aujourd'hui sous la main d'une enfant. Nous retrouvons des chants d'ivresse ; La couronne des rois, C'est sa main qui la tresse ; Le trône de Clovis se relève à sa voix.
JEANNE D'ARC, à genoux.
Parmi tous ces transports d'un peuple qui m'acclame,
Je tombe à tes genoux, Seigneur, et te proclame
Seul auteur des succès en ce jour accomplis.
Pour rendre son honneur au royaume des lis.
Il te fallait un lis, le lis d'un cœur de vierge.
Tu m'as choisie, ô Dieu; tu m'as donné ta verge
Pour réduire au néant leurs projets impuissants,
Pour frapper votre argile, ô peuples frémissants.
A toi, le premier cri de ma reconnaissance,
O divin Protecteur du royaume de France !
A toi, le chant d'amour de tous les cœurs français.
Et leur première joie, et leur premier succès !
La France est ton pays ; elle est ta fille aînée ;
D'un regard de ton cœur sous Clovis elle est née.
Son peuple se relève, et les rois aujourd'hui Respectent son épée et tremblent devant lui.
Maintenant comprenez, instruisez-vous, ô Princes, Tremblez, vous qui jugez les villes, les provinces ! Il vous a dispersés, comme au désert mouvant, La tente du pasteur qu'emporte un coup de vent... Et moi, qu'un tel amour embrase de sa flamme. Je sens renaître en moi mon pauvre cœur de femme,. Et devant les bienfaits dont tu combles nos cœurs. Le lion s'adoucit et retrouve des pleurs.
(Elle pleure.)
UNE VOIX
Honneur à la bergère, à l'enfant plein de charmes Qui pleure, et dont la voix a réveillé les grands ! Bénissons la Pucelle et ses pieuses larmes Qui font germer les lis au royaume des Francs.