LACE DU MARTROI, A ORLÉANS
al-Dubray. xixe siècle.
I ’ ' l P 1 È G N E , LE 23 MAI IaSo.
Iu;re, soutenant l’effort des assaillants; mais, acculée au fossé du boulevard, elle est faite prisonnière, I 'est le commencement de sa passion.
ai 1431. (Voir page 352.)
prélats et de hauts personnages, le troisième en maçonnerie pour Jeanne. Devant elle était un écriteau contenant lui ont dit : « Prends tout en gré; ne te chaille (soucie) de ton martyre ; tu t’en viendras au royaume du Paradis. »
Fig. 1 1 6. — Plan de Compiègne, dressé en i5og. « Cette ville est moult agréable, tant pour sa situation que pour ce que les rois peuvent s’ébattre près d’icelle aux plaisirs de la chasse, et très-fortifïée dessus la rivière d'Oise. » — A. Lieu où Jeanne fut prise. — B. Camp des Bourguignons. — C. Camp des Anglais. — D. Paroisse Saint-Jacques. Jeanne y communia le jour où elle fut prise. — D'après V Histoire du Palais de Compiègne (Imprimerie impériale) reproduisant le plan manuscrit authentique, conservé à la bibliothèque de Compiègne.
l’avenir. Les phophètes ont eu des révélations déterminées ; et , parmi les choses mêmes qu’ils avaient mission de publier, il en est qui ne se sont point accomplies, comme la ruine de Ninive, prêchée par Jonas : car les actes de la Providence ne sont point des actes de la fatalité', et si Dieu peut suspendre les effets de sa colère en faveur des pécheurs repentants, il peut aussi, devant une indifférence aveugle à la grâce, révoquer les promesses de sa miséricorde. Jeanne avait déclaré l’objet de sa mission : c’était de chasser les Anglais. Elle avait dit qu’elle délivrerait Orléans et ferait sacrer le roi à Reims; et, quand elle le mena devant Paris, elle pressa les siens d’être fermes à l’assaut, disant qu’ils y entreraient. Elle le disait encore, blessée, au pied des murailles; mais, pour cela, il fallait qu’on la suivît comme à Orléans, comme à Reims. Pour ce qui la concerne, elle avait su, et elle avait dit, qu’elle serait blessée à Orléans, qu’elle ne durerait guère plus d’une année, qu’elle serait prise. Quand et comment? elle ne l’avait pas su, et elle disait très-franchement, on l’a vu, que, si elle avait su qu’elle dût l’être dans cette sortie, elle n'y serait point allée. Prisonnière, sa vie active est terminée; mais sa mission ne l’est pas encore, et cette phase où elle entre en est le couronnement et la consécration. Où a-t-on jamais vu que le martyre fût un jugement de Dieu contre ses envoyés? Sans sa captivité, plusieurs traits de son caractère seraient demeurés obscurs; sans son procès, sa mission serait restée dans le demi-jour de la légende. Son procès, et je parle surtout du procès de condamnation, est à lui seul un témoignage qui n’a rien de comparable dans l’histoire. Ses ennemis, qui la pouvaient tuer, ont cru faire plus que de lui ôter la vie , ils ont voulu perdre sa mémoire : et ils lui ont élevé un monument que personne n’a le droit de récuser, puisqu’il est l’œuvre de leurs mains; un monument qui ne surpasse en valeur aucun de ceux où sont établis les droits des saints à la vénération des fidèles. Sa belle et grande figure brille plus, parmi ces outrages, qu’elle ne l’eût fait parmi les formules respectueuses d’un procès canonique; et toute la suite de cette longue et insidieuse procédure , en mettant journellement à l’épreuve la sincérité de sa parole, la fermeté de son jugement et ce bon sens exquis dont elle était douée, servira mieux que nulle autre chose à montrer ce qu’il faut croire de son inspiration.
Ornement tiré d’un ms. fr. du xv siècle, n" 50, à, la biblioth. nationale.
ROUEN — LES JUGES
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