Louis de Culan, amiral de France. Il vint
avec Jeanne à Orléans et la suivit dans la campagne de la Loire, etc, (Tiré d'un acte du 12 juillet 1416.)
I77. Régnault de Chartres, archevêque de Reims, chancelier de France, coupable de l’abandon de Jeanne après qu’elle fut prise. (Tiré d’un acte du xve s., non daté.)
178. — Jean de Luxembourg, comte de Ligny, qui vendit la Pucelle aux Anglais.
(Tiré d’un acte du 22 juillet 1438.)
1 ^ Sfr
17, Artus de Bretagne, comte de Richemont, connétable de France, que Jeanne réconcilia avec le roi. (Tiré d’un acte du 6 septembre 142..)
i7q. Pierre Cauchon, évêque de Beauvais, et plus tard de Lisieux, qui dirigea le procès de Jeanne d’Arc.
(Tiré d’un acte du 29 janvier 1423.)
mime, font parti» de la çollectiond» f”de MSlÏÏÎdoîîf "“oVléinSt du’trésorièr du’iuc dF^rlTaiis,5 Jacques Brrncherjchez qui Jeanne loge, «vee ses frères en arrivant dans cette .die.
tences entachés de dol et de calomnie, et par conséquent nuis et de nul effet:, ils les cassaient et les annulaient, déclarant que Jeanne ni aucun des siens n’en avaient reçu aucune note d’infamie, et les lavant de toute tache semblable autant que besoin était. Ils ordonnaient que la sentence serait immédiatement publiée à Rouen en deux endroits : sur la place de Saint-Ouen , à la suite d’une procession solennelle; et, le lendemain, au Vieux-Marché,
Fig. 180. — Fontaine élevée, à Rouen, dans les premières années du xvie siècle, en l’honneur de Jeanne, sur la place du Marché-aux-Veaux, aujourd’hui place de la Pucelle, et détruite en 1754. Elle remplaça la croix expiatoire, décrétée par les juges de la réhabilitation en 1450, mais avec un changement de lieu. La croix avait été élevée sur le Vieux-Marché, témoin du supplice, près du chevet de l’église Saint-Sauveur, à peu de distance du lieu ordinaire des exécutions, tandis que la fontaine fut construite sur la place du Marché-aux-Veaux, voisine du Vieux-Marché. — D’après la gravure d’Israël Silvestre, vers le milieu du xvne siècle.
au lieu où Jeanne avait été si cruellement brûlée. La publication devait être suivie d’un sermon, et de la plantation d’une croix destinée à perpétuer sa mémoire et à solliciter les prières des fidèles; et la sentence, publiée dans toutes les autres villes ou lieux du royaume qu’il semblerait bon.
La sentence reçut immédiatement son exécution, à Rouen d’abord, puis dans plusieurs autres villes, notamment à Orléans, où l’évêque de Coutances et l’inquisiteur Jean Bréhal vinrent de leur personne présider aux
LA REHABILITATION
Fig. 1 8 1 . — Monument élevé, à Rouen, en iy56, sur l’emplacement de l’ancienne fontaine du xvie siècle, d'après le plan et sous la direction d’Alexandre Dubois, architecte du roi dans la généralité de Rouen. La statue qui la surmonte est due au ciseau de Paul-Ambroise Slodtz, professeur de l’Académie, à Paris. Elle paraît représenter Jeanne en Bellone. ■ — État actuel.
Fig. 182. — Premier monument expiatoire éleve sur le pont d’Orléans, en mémoire delà Pucelle. La Vierge est debout au pied de la croix. Charles VII et la Pucelle sont agenouillés aux deux côtés. D’après une ancienne gravure sur bois, conservée au musée historique d’Orléans. — Ce monument fut élevé vers lajîn du xvc siècle aux frais des Orléanais et par les contributions empressées des dames et des jeunes filles de la ville, qui y donnèrent leurs bijoux. Il fut détruit par les calvinistes, en i5Ô2.
LA REHABILITATION.
Fig. i83. — Second monument élevé sur le pont d’Orléans en l'honneur de la Pucelle, le i5 mars 1 57 1 . D’après une gravure de Léonard Gauthier. — Charles VII et Jeanne sont agenouillés devant le Christ mort. Près de la Pucelle se trouve une lance aux armes d’Orléans. En bas, et en allant de gauche à droite, on voit l’écu de France, les armes d’Orléans et celles de Jeanne d’Arc. Ce monument, déplacé en 1745, fut détruit en 1792.
cérémonies ordonnées. Les Orléanais n’avaient pas eu besoin de ce jugement pour rendre à la mémoire de Jeanne les honneurs qui lui étaient dus. Ils avaient recueilli sa mère, voulant s’acquitter au moins auprès de sa famille de leur dette envers elle; et plus tard, à la place de la croix érigée conformément à la sentence, ils lui élevèrent à leurs frais, sur leur pont même, en face du lieu où elle avait accompli l’acte décisif de leur délivrance, un monument qui, mutilé par les guerres religieuses, supprimé par la révolution, s’est relevé en un autre lieu et sous une autre forme, attestant parmi ces vicissitudes leur invariable attachement à sa mémoire. Mais ce qui , mieux que les statues et les inscriptions, consacrera la gloire de Jeanne d’Arc, c’est le procès de réhabilitation lui-même, ce sont les témoignages recueillis par toutes ces enquêtes, et fixés à jamais parmi les actes du procès; c’est aussi, c’est surtout, dans le procès de condamnation, les interrogatoires de la Pucelle. Quant à ce procès même, il ne faut rien diminuer de la juste réprobation qui le frappe : on pouvait être de bonne foi en le commençant, on ne pouvait pas l’être en le finissant de la sorte. Point d’excuse à l’iniquité de la sentence; point d’excuse aux illégalités de la procédure, et l’on cherche vainement la preuve qu’elle fut régulière dans le silence qui se fit sur Jeanne parmi ceux qui devaient le plus avoir à cœur de venger sa mémoire. Tout ce qu’on pourrait dire, c’est que les fraudes du procès n’étaient pas encore connues et ne le furent que quand les pièces en vinrent aux mains du roi , après l’expulsion des Anglais. Dès ce moment la réparation est assurée. Le roi parle, il agit avec cette prudence, mais en même temps avec cette suite et cette fermeté qui présidèrent à ses résolutions dans la seconde partie de son règne. Après avoir flétri l’inqualifiable abandon où il souffrit que la libératrice d’Orléans, l’ange du sacre de Reims, succombât devant Compiègne et mourût à Rouen, il est juste de faire honneur à Charles VII d’avoir su, au risque d’appeler l’attention sur les circonstances qui le condamnent lui-même, provoquer et mener à bonne fin le jugement qui la réhabilita.
Ornement tiré d’un ms. latin du XV” siècle, biblioth. de M. Ambroise Firmin-Didot.
LA RÉHABILITATION — L’HISTOIRE
Les Contemporains et la Postérité'. — Conclusion.