‹ Jeanne d'ArcChapitre 75 sur 112 · I.F.CTURF · texte numérisé non relu

I.F.CTURF

Le premier jour de may mil iiijc vingt-neuf. , marc d’argan xvij sj

Le ijme jour de jitng m. iiijc xxix le dit Seigneur roy ayent congneu les proesses de Jehanne la Pucelle et Victoires du don de Dieu et son conseil intervenues donna estant en la ville de Chinon armoyries a la dite Jehanne pour son estandart et soy decorer du patron qui sensuict donnant charge au duc Dallenson et a icelle Jehanne du siégé de Jargueau.

TRADUCTION

Le premier jour de mai 1429, le marc d’argent à dix-sept sous

Le deuxième jour de juin 1429, ledit seigneur roi ayant connu les prouesses de Jeanne la Pucelle et les victoires remportées par le don de Dieu et son conseil , donna , étant en la ville de Chinon, des armoiries à ladite Pucelle, pour décorer son étendard et elle-même, dont le modèle s ensuit, donnant, au duc d’Alençon et à ladite Jeanne, la charge du siège de Jargeau.

ECLAIRCISSEMENTS

l’héroïne les armes qui furent un peu plus tard attribuées à sa famille.

Ce qui est en tout cas bien certain, c’est que la pieuse modestie de la Pucelle lui fit refuser cet honneur, et qu’elle n’usa jamais, pour la décoration de son harnais ni de sa personne, des insignes glorieux qui lui étaient conférés. Elle considéra tellement cette distinction comme nulle et non avenue pour elle, qu’elle put, en toute conscience, répondre à ses juges de Rouen, le i o mars 1431, que « d’écus et d’armes elle n’en eut jamais, mais « que son roy donna des armoiries à ses frères. » Quant à elle, elle ne voulut d’autre insigne sur son étendard que le pieux emblème qu’elle y avait placé, d’autre devise que celle où s’exhalait la première et sainte affection de son âme : Jésus, Maria!

Les frères de Jeanne profitèrent des effets de la munificence royale. Tous deux prirent le nom du Lys, et le transmirent à leurs descendants avec les avantages exceptionnels que le roi y avait attachés.

Les anoblissements en faveur des descendants de l’un et l’autre sexe n’étaient pas alors chose rare, mais ce qui était un fait véritablement inouï, c’était le privilège accordé par Charles Vil aux filles de la famille du Lys d’étendre leur noblesse à leurs maris roturiers. Du reste, ce privilège ne tarda pas à être l’objet de sérieuses restrictions

Dès 1 5 56, une déclaration de Henry II, publiée par arrêt du parlement de Rouen, établit que les avantnges du titre de gentilhomme n’appartiendront désormais à ceux qui se disent issus de la race de la Pucelle, « qu’autant qu’ils porteront le nom ou seront issus de descendantes de Jacques d’Arc n’ayant dérogé à leur état et ayant été mariées à des gentilshommes vivant noblement. « Un peu plus tard, ce privilège fut aboli par l’édit de Henri IV en 1598, par celui de Louis XIII en 1614, et par les déclarations du même roi en 1634 et 1 635 .

Mais il faut ajouter que, malgré ces restrictions expresses, les descendants des filles ont généralement obtenu des lettres patentes qui leur ont permis de jouir du privilège de leur famille « lorsqu’ils vivaient noblement. »

Ces mesures ne furent pas appliquées à la branche vivant en Lorraine ; car le duché, encore en possession d’une complète indépendance, n’était en rien soumis aux lois du royaume de Lrance. Aussi les du Lys de cette branche continuèrent-ils à jouir de tous les avantages octroyés par Charles VII.

Fig. 2o5. — Château de Meun-sur-Yèvre où Charles VII donna les lettres d'anoblissement de la famille de Jeanne d’Arc (voir à la page suivante) et où il mourut le 22 juillet 1461. — 1. Vue du château tel qu’il était en 1731, d’après le dessin de J. Penot, appartenant à M. Lenoir, à Paris. La chapelle qui est au-dessus de l'entrée et les constructions qui surmontent les tours datent du règne de Charles VII. — 2. Plan du château, par M. Dumoutey. D'après le Dictionnaire de l’Académie des beaux-arts, X. III, 1874.

JEANNE d'arc. III. — 53

éclaircissements.

LETTRES D’ANOBLISSEMENT ACCORDÉES PAR CHARLES VU' en décembre 142g, à Jeanne d' Arc et à sa famille.

Le texte a été collationné sur la pièce K, 63 n° 9, conservée aux Archives de France. Le caractère particulier de cet anoblissement est expliqué plus haut, page 4i3.

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