‹ Jeanne d'ArcChapitre 81 sur 112 · LIGNE MATERNELLE DE JEANNE D’ARC · texte numérisé non relu

LIGNE MATERNELLE DE JEANNE D’ARC

Par ses lettres de décembre 1429, Charles VII avait anobli toute la parenté de la famille d’Arc. Le père de Jeanne n’avait plus de parents. Mais Isabelle Romée, sa mère, avait un frère et une sœur.

Jean Romée, dit de Vouthon, épousa Marguerite Colnel et en eut :

i° Nicolas Romée, profès de l’abbaye de Cheminon, aumônier de la Pucelle;

20 Marguerite Romée, qui épousa Pierre de Perthes de Faveresse, duquel descend le célèbre géologue M. Boucher de Crèvecœur de Perthes (d’Abbevillej.

Aveline Romée épousa Jean de Voiseul et en eut :

i° Jeanne de Voiseul, qui épousa Durand, Lassois, dont le fils Thibault, reconnu noble, comme parent de la Pucelle, le 2 5 février 1 52 5, prit le nom de le Noble et eut postérité sous ce nom;

20 Démangé de Voiseul, dont la petite-fille Marguerite de Voiseul épousa Médard le Royer, de Chaleines ; le petit-fils de ce dernier, Médard le Royer, gentilhomme ordinaire du duc de Lorraine, s’allia à l’illustre maison d’Ourches, et reprit le nom de Voiseul. (Voir D. Pelletier, Nobil. de Lorr., art. Médard.)

E. DE RoUTEILLER, ancien député de Metz.

Nota. — Dans le tableau qui précède, il faut : i° annuler l'indication relative à une alliance des Du Lys de la branche aînée avec la famille Tallevart ; — 2° à l’indication + sans alliance, etc, qui suit le nom de Catherine d’Arc, substituer les mots suivants : mariée à Colin le Maire , de Creux; paraît être morte sans hoirs avant 1430.

Ornement tiré des Heures de Simon Yostre (1508). Bibliotb. de M. Ambroise Firmin-Didot.

JEANNE D’ARC DANS LES LETTRES

Poésie. — Théâtre.

l n’y a pas dans notre histoire une figure qui soit plus vivante et plus réelle que celle de Jeanne d’Arc, il n’v en a pas une aussi qui soit plus idéale et plus poétique. La poésie sort ici spontanément du simple exposé des faits, et l’idéal c’est la réalité même. Toute fiction en altère la sublimité à la fois naïve et surnaturelle, tout embellissement l’enlaidit. C’est pourquoi l’art s’y trouve gêné, habitué qu’il est à traiter en maître la matière qu’il s’est choisie, et ne pouvant se résoüdre, comme il le faudrait ici, à s’y pleinement assujettir. La poésie, qui se sert ordinairement de l’histoire, est, dans le cas présent, condamnée à la servir. Il lui faut retourner à ces temps primitifs où elle n’était que l’écho ému des événements qui ébranlaient les cœurs des hommes ; où le mensonge, pour ainsi dire, lui était encore inconnu. Mais, lyrique ou épique, elle s’est trop éloignée de ce caractère pour que le retour lui soit aisé : elle veut orner, elle veut créer, elle gâte. Il en est de même au théâtre, où le cadre, si large qu’il soit, est toujours une gêne pour l’expression sincère de la réalité. La poésie

ÉCLAIRCISSEMENTS

dramatique est accoutumée à un jeu de perspective et à des lois de compensation, qui n’obtiennent la vraisemblance propre à ce genre que par des sacrifices demandés à la vérité. Or tout sacrifice, si mince qu il soit, de la vérité amène une déchéance, quand il s’agit de Jeanne dArc, et il ne saurait y avoir si admirable drame , si magnifique poésie composée en son honneur, que la réalité ne pût murmurer tout bas à l’oreille de l auditeur ou du lecteur : Je suis plus admirable et plus magnifique encore.

L’intérêt d’un travail sur Jeanne d’Arc dans les lettres est moins littéraire qu’historique. Celui-ci a été conçu comme une chrestomathie, c està-dire de manière à présenter au lecteur, dans une double galerie, les spécimens, rangés autant que possible par ordre chronologique, des principaux ouvrages, épiques ou lyriques d’une part, dramatiques de l’autre, qui ont été composés en l’honneur de la Pucelle. Outre l’intérêt qui s’attache à cette grande figure, et à la façon diverse dont elle a été comprise dans chaque pays et à chaque époque, cette double galerie, par le seul rapprochement des spécimens qui la composent, et dont, surtout pour le théâtre, nous avons tâché de marquer et de distinguer les genres, cette double galerie pourra servir à former dans l’esprit du lecteur attentif une idée, peut-être assez juste, des évolutions et révolutions littéraires depuis le quinzième siècle jusqu’à nos jours.

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