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ÉCLAIRCISSEMENTS
La cantate de M. Gaston Serpette fut considérée à bon droit comme un début plein de promesses ; la musique que M. Charles Gounod a composée pour l’ouvrage de M. Jules Barbier est une improvisation de grand maître.
Onze morceaux de chant et plusieurs morceaux symphoniques ornent ce drame de Jeanne d’Arc et le métamorphosent presque en opéra. Nous y trouvons, à la fin du premier acte, des vers dont le jeune lauréat de l’Institut avait dû s’inspirer :
Ah! les cloches!... il semble à leur voix familière
Que l’âme vers le ciel s’envole tout entière!
Seigneur, Dieu tout-puissant, j’implore ta bonté!
Laisse, laisse ma vie en son obscurité!
Mais ce qui formait un récitatif chanté dans la composition de M. Serpette devient ici un monologue déclamé sur une symphonie d’un mouvement modéré dans laquelle on remarque un dessin de cloches, prélude de celui qui donne tant de couleur à la marche du sacre.
Le deuxième acte se termine par un chœur où M. Jules Barbier a utilisé aussi le Dieu le veut qu’il avait placé dans sa cantate. Nous nous applaudissons de pouvoir reproduire, à la page suivante, cette pièce chorale qui était redemandée à chaque représentation. Volontiers le public se montre sensible aux sonorités éclatantes, aux rhythmes énergiques, aux mélodies faciles à retenir. Mais, n’hésitons pas à le déclarer, nous préférons à ce morceau d’ensemble les couplets en sol majeur : Rentre Anglais, rentre \ vos cornes, d’un tour fort piquant*, la marche du sacre, symphonie faite à souhait pour remplir la vaste nef d’une cathédrale*, et le chœur des soldats dans la geôle où est enfermée Jeanne d’Arc, chœur coupé par les voix des saintes qui apportent un céleste encouragement à l’héroïque captive. La musique vit de contrastes, ainsi que nous l’avons rappelé, et l’antithèse que présente ce tableau de la prison produit beaucoup d’effet L
1 I.a partition, arrangée pour chant et piano par le regretté Georges Bizet, a été publiée par la maison E. Gérard et Cle.