‹ Jeanne Dare, drame historique en dix tableauxChapitre 4 sur 73 · M AU DRU · texte numérisé non relu

M AU DRU

Ainsi , partout détresse et deuil ! Partout épouvante et dévastation! (Montrant la ville.) Tenez, voilà ce que les Anglais ont fait de notre ville, des ruines ! Depuis cinq ans nous n'avons pu nous relever. Et quand le pourrons-nous? Tout le Nord est à Peniiemi. Glocester occupe la Champagne. 11 suffit qu'il envoie ici de temps en temps vingt de ses soldats pour maintenir l'autorité d'un roi enfant, d'un étranger, d'un ennemi.. Misère et malheur! La France est-elle donc morte? Tous les partis se jettent sur elle comme sur une bêle abattue, pour en arracher chacun un lambeau. Armagnacs, Bourguignons et Anglais tour à tour se baignent dans son sang et l'épuisent de rapines !

RICHARD

Vous oubliez Dieu, mon fils. Il ne laissera point mourir la France. Il suscitera pour elle un sauveur, au jour qu'il a choisi.

MAUDRU.

Qu'il arrive donc ce jour! Mais, hélas! Duguesclin n'a point de successeur.

Écoutez-moi. — Je cours tout le pays pour y semer des espérances. J'ai rencontré quelquefois le découragement, mais j'ai encore trouvé bien des cœurs Français, et peut-être pourrai-je bien tôt vous dire de quel côté viendra le salut.

(On entend dans la ville le son d'une trompette. Plusieurs personnes sortent de leurs maisons pour écouter.

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