SCÈNE VII
DUNOIS, MAUDRU, soldats au loin.
MAUDRU, vivement à DUNOIS qu'il retient.
Un mot, sire de Dunois. Au nom de Jeanne, qu'un grand danger menace, écoutez-moi. Le roi a-t- il tenu son conseil ?
Pas encore. Mais, rassure-toi, mon vieux Maudru. Quand le conseil siégera, le bâtard d'Orléans se fera entendre.
MAUDRU.
Oh ! parlez au roi. Vous connaissez les intrigues de Richard. Eh bien ! ce moine maudit s'est ouvert à moi. Il m'a appris qu'arrivé hier de Gompiègne, il avait porté au roi un message pressant. La ville sera prise avant peu, dit le sire de Flavy, le gouverneur, si on ne renouvelle le miracle d'Orléans. La figure du moine rayonnait. Ses paroles, son regard, sa joie, tout me fait comprendre qu'il y a là un piège, et que l'heure de la vengeance approche pour ceux que Jeanne a repoussés. C'est la première fois que je crains pour elle. Sauvez-la. Vous seul le pouvez.
DUNOIS, à part.
Une dépêche de Compiègne! C'est étrange! Le roi n'en a parlé à personne. Dissimulerait-il? Non, nous n'avons rien à craindre de sa volonté. Il a besoin de Jeanne; il ne peut rien sans nos épées, sans nos con-
JEANNE DARG. 159
seils. (A Maudru.) Sois sans inquiétude. Le bâtard d'Orléans, fût-il seul à la défendre, Jeanne n'a pas de péril à redouter ; aucune haine ne pourra l'atteindre. Va rassurer ceux qui l'aiment. Moi , je veillerai sur ses ennemis. Les voici, ces envieux conseillers que la gloire d'une femme tourmente. S'ils viennent prévenir Pesprit du roi, ils me trouveront entre eux et lui. Laissenous.
(Maudru sort.) SCÈSË VIII.