LES ANGLAIS
Bailli, menez-là au feu, la ribaude I — Qu'on la brûle ! — Au feu, la sorcière ! — Au feu ! au bûcher ! plusieurs voix.
Non, monsieur le bailli. — Vous sauverez votre Ame en ne la condamnant pas ! — Non , non !
(Tumulte, bruit confus.) WARWICK se levant sur l'estrade.
Par saint Georges ! bailli, n'entendez- vous pas?
(Le bailli se lève et donne un ordre. On entraîne Jeanne vers le bûcher au milieu d'une grande agitation.)
JEANNE au tribunal.
J'en appelle à Dieu, le grand juge, des injustices qui me sont faites !
(Elle est arrivée auprès du bûcher. ) UN JUGE descendant de l'estrade.
Je ne puis rester plus longtemps. C'est une sainte que nous faisons mourir.
(Il sort.) UN AUTRE JUGE se levant sur l'estrade.
A ma mort puisse mon âme aller où sera bientôt celle de Jeanne !
(Il se rassied en pleurant.) (Jeanne est montée sur le bûcher avec Massieu. Le bourreau l'attache avec une corde au poteau où est suspendu un écriteau qui porte les mots : hérétique, apostate, relapse, idolâtre; on met le feu au bûcher.
JEANNE
J'en jure par notre divin Sauveur, c'est Dieu qui m'a envoyée. Ce sont les voix célestes qui m'ont appelée!
a Massieu.) Le feu ! le feu! retirez-vous; adieu, mo dernier ami! saintes patronnes, voix célestes, angedu paradis, je vous entends; me voici !... — Ah! J' sus !.. .
(Sa tête tombe sur ses épaules ; elle meurt.' i