LE CHATEAU DE TOUFFOU
Qui me verra puissant me dira vertueux.
Et tous les fronts pour moi seront respectueux ;
Tu peux donc t* attacher sans crainte à ma fortune...
Ce n'est pas le remords qui, d'ailleurs, t'importune :
Pour se juger, nos cœurs se connaissent assez
Et nos exploits communs n'en sont pas efiacés.
» Puisque, jusqu'à présent jaloux de ton mérite , Le sort t'a, dans ses dons, fait la part si petite, Que, malgré cinquante ans de souffrance et d'effort, Tu n'es que châtelain d'un assez triste fort. Beau comptable du Duc , collecteur de ses tailles *', Coupons-nous tous les deux des habits à nos tailles.
» Que le Roi d'un grand fief me nomme le seigneur. Et moi de mon château je te fais gouverneur.
Nous y vivrons tous deux en compagnons d'enfance. Et ton chef n'aura pas pour toi trop d'arrogance.
i» Donc , de tous ces beaux fiefs que le Roi peut céder^ Cite-moi le meilleur ; je vais le demander. »