Livre toute son âme à sa joie innocente
Et sa mère sourit d'entendre à chaque instant
Les sonores éclairs de son rire éclatant.
Quand la soif et la faim, par Tair vif aiguisées. Sentirent toutes deux leurs ardeurs apaisées ; Quand le coffre eut repris le précieux trésor Des restes du festin , très-abondants encor.
Le timonier joyeux se rassit à la barre :
— « Qu'à la rame à présent, enfants. Ton se prépare*^ Dit-il à deux marins, dont le visage heureux Promettait au travail quatre bras vigoureux ;
Si nous voulons revoir demain notre Bretagne, Partons, amis , partons, et Dieu nous accompagne ! »
Et d'une habile main mettant le cap à l'Est, Il fit courir l'esquif, malgré son pesant lest.
Sous l'encouragement que l'espoir leur prodigue, Les matelots ramaient sans craindre la fatigue ; Le troisième marin les aidait tour à tour.
Et l'on nageait encor lorsque tomba le jour.
— « Il ne faut pas, dit Jeanne, épuiser votre force :