DEUX GAIS REPAS SUR MER
Sur cette mer d'argent qui n'a pas une vague ^ Mais où flotte un murmure harmonieux et vague. En face de ces mets dont l'aspect excitant, Refoulant dans les cœurs tout regret attristant , Fait d'un sourire heureux briller chaque visage. N'était-ce pas, ô Jeanne, un sinistre présage. D'entendre succéder à de joyeux transports Les lugubres versets des psaumes pour les morts ?
Lorsqu'à tous ces amis que leur prit la tempête Les compagnons de Jeanne eurent payé leur dette , La faim reprit ses droits, et je dois dire, hélas ! Que la gaîté bientôt s'assit à leur repas.
Que celui dont le corps n'a jamais dompté l'âme. Que cet homme orgueilleux les flétrisse d'un blâme ; Moi , j'ai beaucoup souffert et je sais que parfois La faim peut étouffer toutes les autres voix : Je consens à juger les autres sur moi-même.
Et mgn vers indulgent n'aura pas d'anathème.
Gai comme ces oiseaux qui, du haut d'un cyprès.
Gazouillent bruyamment près d'un tertre encor frais,
Olivier, oublieux de la douleur récente,