IX. — LE RIVAGE NATAL
Quand le matin rendit au ciel l'astre du jour^ Un long cri de bonheur salua son retour.
L'air était toujours pur^ la mer toujours tranquille. Mais le vent rendormi fait la voile inutile.
Après avoir, tout haut^ dit sa prière à Dieu Et pour un prompt retour promis un nouveau vœu , Jeanne iBt par Herblain distribuer des vivres. Hélas ! il en restait à peine quelques livres. Et chacun, comparant à son vaste appétit Le morceau qu'il reçut , le trouva bien petit.
Qu'importe ? l'espérance est toujours leur compagne Et pour la fin du jour leur promet leur Bretagne ; Aussi, ne pensant plus qu'au rivage où l'on tend. On reprend l'aviron et l'on part en chantant.
Chacun vers la patrie ayant l'âme tournée.
Nul ne songe à la faim dans toute la journée 3 On ne sent même pas le besoin du repos.
Quand le chant s'interrompt, c'est pour de gais propos