ACTE I, SCEiNE XIII
JEANNE
Grâce et pardon... mon père... car je sui.s bien coupable !... car un instant... j'ai pu avoir l'idée de vous abandonner.
GALDCHET.
Toi!
JEANNE
Oui , n'écoulant qu'une tendresse insensée... j'allais fuir, peut-être...
GALUCHET, poussanl un cri de colère.
Ah !... {À part.) Et moi qui cherchais... (Avec colère.) Ce n'est pas là mon sang... ce n'est pas là ma fille... C'est celle de la grande dame.
JEANNE
Mais là , toul-à-l'heure... je vous ai entendu... vous qui nous consacrez vos jours et vos nuits... et je me suis écriée : i Je dirai tout à mon père... je resterai
près de lui... et je n'aimerai que lui ! »
GALUCUET, la pressant dans ses bras.
Ah ! je la reconnais ! je la retrouve !... C'est à moi!... c'est mon bien !... c'est elle qui est ma tille !... (Se retournaiît vivement.) llein?
SCEINE XIII.
JEANNETON, GALUCHET. JEANiNE.
Jeannelon sort de la porte ;i gauche, pendant que Galuchet et Jeanne se retirent à droite du Ihéâlre
GALUCHET, voyant Jcanncfon qui , sur la pointe du
pied , s'approche de la porte.
Eh bien! morbleu! esl-ce que celle-là veut aussi
s'en aller ? 4
Jeanneton va à la porte du fond, la ferme au verrou el à double tour, et prend la clé. — Elle se retourne et aperçoit son père.
GALUCHET , sévèremcnt.
Que fais-lu là ?
Ne faites pas attention, mon père, je viens de fermer la porte... {Montrant la de quelle tient à la main.) el de retirer la clé.
GALUCHET
Et pourquoi ?
JEANNETON, regardant Jeanne.
On ne sait ce qui peut arriver... et c'est toujours plus sûr.
GALUCHET, insistant.
Pourquoi ?
J'ai promis de ne pas vous le dire.
Et moi, sœur, j'ai tout dit !
Ah! ça vaut mieux !... (.4 Galuchct.) Mais vous pouviez dormir tranquille, mon père , j'étais là , moi , je veillais sur l'honneur de la famille !
GALUCHET, lui sautaut au cou.
Ah! Jeanneton ! Jeanneton !... {^4 part.) Celle-là aussi est ma fille... la fille de l'ouvrier I...
On frappe à la porte.
JEANNE, avec émotion.
C'est Anatole !
JEANNETON. u Gahic/iet.
C'est lui !