‹ Jehan Perréal, Clément Trie et Édouard GrandChapitre 10 sur 13 · DERNIERS ÉVÉNEMENTS DE SA VIE. IMMEUBLES QU ' I L A · texte numérisé non relu

DERNIERS ÉVÉNEMENTS DE SA VIE. IMMEUBLES QU ' I L A

POSSÉDÉS. IMPOTS QU'iL PAYAIT. SA MORT.

Nous avons dit^ au chapitre III (page 1 16), que l'on attribuait à Perréal le tableau du musée de Cluny^ connu sous le nom de c^esse de saint Grégoire ^ sans insister à cet égard, cette peinture n'étant point signée. Déjà aussi (page 102) on a pu constater avec nous, à propos des vitraux de leglise de Brou, qu'aucune œuvre connue de notre peintre ne venait établir un point de départ pour sa manière 5 faut-il à présent accepter, comme ouvrage de Perréal, le tableau remarquable que possède M. E.-M. Bancel, représentant le mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne ?

Une notice ne devant rien négliger, nous donnerons sur cet ouvrage quelques détails que M. Bancel a pris la peine de nous fournir lui-même.

Dans un oratoire, soutenu par deux colonnes, la Vierge mère est assise sur une estrade couverte d'un tapis damassé

vert, d'un riche dessin. Le vide de Tarcadc centrale est tendu d'une tapisserie brodée en or et enrichie de perles, autour de laquelle on lit du côté droit : ave regina coelorvm, et de l'autre: ave domina angelorvm; dans l'arcade du haut, à moitié cachée par le tapisserie, est autour de la partie cintrée Tinscription : ave maria gratia plena.

La Vierge est vue de face, les yeux baissés 5 sa longue chevelure blonde, retenue sur le front par un mince ruban noir enrichi de perles et de pierreries, flotte le long des épau- *•

les en longues et élégantes mèches. Elle est vêtue d'une robe J

rouge, bordée d'un galon à dessin d'or et d'un ample manteau de la même couleur, retenu sur la poitrine par une corde- Hère 5 ses pieds reposent sur un coussin richement brodé. Dans sa main gauche, elle tient la pomme, symbole de notre chute, et, de la gauche, l'Enfant Jésus, qui se penche vers le roi, en lui présentant de la main gauche sa fiancée.

A droite de la Sainte-Vierge, Charles Vlll, enveloppé dans une ample robe grenat, qui recouvre son habit noir, se tient les mains jointes. Ses cheveux noirs et épais flottent autour de sa figure, dont les traits brunis et un peu vulgaires expriment le calme et la douceur; il s'appuie contre la balustrade près d'une colonne losangée de fleurs de lys.

A gauche, Anne de Bretagne, vue de profil, ayant dans ses mains jointes un chapelet de cristal, se tient les bras appuyés contre la balustrade à la tête de la colonne décorée aussi en losanges par des couronnes ducales et des fleurs allongées comme un sceptre. Elle est vêtue d'une robe noire très-simple, garnie de fourrures, et d'une ceinture lâche. La tête, dont les traits portent la marque d'une volonté persistante, est couverte d'une coifle blanche, à la mode de Bretagne.

Un rideau vert, déployé derrière ces deux personnages, les sépare de l'autre partie de l'édifice et forme le fond.

Un bouquet, composé de lys, d'iris, d'ancolies, etc., est placé dans un vase de verre aux pieds de la Vierge, un peu sur la droite.

Au bas et sur le couronnement des pilastres qui terminent les balustrades, on voit, lié par un lac, le monogramme J. P.,.^ qui peut se rapporter à Jehan Terréal aussi bien qu'à Jehan de Taris.

Cet ouvrage, qui a décoré pendant longtemps la galerie des ducs de Parme, provient de la vente du duc Robert, neveu du comte de Chambord, faite au mois de mars 1873. Sa hauteur est de o*",74 et sa largeur de o'",f2. Cadre en ébène massif.

En outre de l'intérêt résultant de la découverte de l'œuvre d'un maître, auquel on n'en pouvait attribuer certainement aucune, cette page nous offre le seul portrait connu de Charles Vin.

L'historien Guichardin dit que la nature lui avait refusé presque tous les avantages du corps et de l'esprit 5 il était petit de taille, faible de complexion, assez laid de visage, sauf les yeux qui avaient de la beauté. Ce portrait se rapporte au personnage de notre tableau, qui porte, comme on a pu le remarquer, une robe longue, laquelle, dit-on, avait été mise à la mode par lui pour cacher les défauts de sa taille.

Les traits d'Anne de Bretagne ressemblent à ceux qu'on rencontre dans d'autres ouvrages 5 son costume est celui qu'elle dut apporter de Bretagne. Plus tard, elle agrandit les manches qui devinrent très-longues et à la mode, sous le nom de manches à la grand-gorre.

Quant à la manière de cet ouvrage, si toutefois nous pouvons apporter ici notre voix, peu autorisée sur cette question 011 nous sommes des plus incompétents, il nous semble qu'elle se rapproche considérablement de celle de Van-Eyck.

vSi;, après avoir vu le tableau du maître J. P.^ nous examinons, au musée du Louvre, la Vierge au donateur (n" 162), nous retrouvons la même Vierge, avec les cheveux dénoués et retenus sur le front par un mince ruban noir, le manteau rouge, bordé d'un galon d'or, enrichi de perles et de pierreries, les accessoires en cristal, les robes garnies de fourrures, les rideaux d'étoffes semblables, les mêmes airs de tête, les draperies plissées d'une manière analogue et un ensemble de parti pris de coloration identique.

Et même, à l'égard de cette œuvre de Van-Eyck, nous permettra-t-on de poser une question ? Comment cet artiste, mort à Bruges en juillet 1441, a-t-il pu, dans ce tableau, figurer des détails d'architecture inspirés d'une manière évidente par le genre usité dans la première moitié du XV!*^ siècle ?

Nous ne sommes, du reste, pas les premiers à contester les attributions relatives à J. Van-Eyck. M. de Laborde, dans la T{enaissance des arts à la Cour de France, explique fort bien que l'influence de ce maître sur l'école de peinture française rend quelquefois difficile de distinguer une œuvre flamande d'une œuvre française. Il conteste l'attribution à Van-Eyck, 1° du tableau de l'hôpital de Beaune, lequel, selon lui, n'est non plus ni de R. Van der Weyden, ni de Hemling, mais d'un bon élève de l'école ; 2" du tableau de la zMesse de saint Grégoire de la collection Ward 5 3° du Thomas Becket du duc de Devonshire. 11 cite enfin quelques ouvrages qui lui semblent incontestables, et il signale, entre autres indications, que Van-Eyck recherchait de préférence, dans ses tableaux, une architecture d'un roman sévère, et ne mettait qu'exceptionnellement le caractère ogival de l'époque où il vivait.

Au moins, dans ViOtXQzMariage de Charles VIII avec cAnne de 'Bretagne, on trouve d'une manière exacte les moulures, les gros piliers et les combinaisons de l'architecture de la fin du

XV^ siècle, ce qui permet de donner au tableau une date très-rapprochée de 1491, époque de cet événement.

Si enfin nous nous reportons à la éMesse de saint Grégoire du musée de Cluny, nous hésiterons encore à Tattribuer au même maître que celui du zMariage de Charles VIII. Il est vrai que la conservation du tableau de M. Bancel est telle, vis-àvis de Touvrage exposé à Cluny, que la comparaison est difficile au point de vue de la couleur. Toutefois, l'agencement, les draperies, les costumes et accessoires sont identiques. Même le Christ maigre et décharné de cet ouvrage est du même type que l'Enfant Jésus de notre maître J. P.

Quoi qu'il en soit, un maître français dont le monogramme ne peut, jusqu'à nouvel examen, se rapporter qu'à notre Perréal, nous a laissé ainsi une œuvre remarquable, qui le place au premier rang parmi nos artistes. Ce sera désormais aux amateurs, possédant des peintures du même monogramme, de déterminer d'une manière certaine Pattribution et le catalogue du contemporain de Jehan Bourdichon.

Nous ne laisserons pas la peinture de la fin du XV^' siècle et du commencement du XV!*^ sans citer également une miniature d'un manuscrit des c4bus du monde par Gringore, que possède aussi M. Bancel et qui fit partie des bibliothèques de Ch. Nodier et Yemeniz. Il se pourrait que cette vignette, qui représente Louis Xll à la bataille d'Agnadel avec les morts et les mourants (voyez chapitre III, page 118 de cette notice), eut été exécutée d'après un dessin de Perréal.

Les particuliers, aussi bien que la ville de Lyon, mirent à profit les connaissances spéciales de Perréal, assez rares à cette époque, en même temps que Pinfluence personnelle dont il disposait : « Le mardy xxviij^ jour de Juillet mil V^ ôc six , efl comparu Jehan de Paris, valet de chambre du

Roy notre fire, lequel a faicl & baillé requefle au nom de maiftre Anthoine Mégret, afin que mefdids feigneurs lui permettent de couvrir la tour de la ville, joignant Ta maifon qu'il a en rue de Bourgneuf, & faire en ladide tour une terraiïe à cœuraulx à Tes defpens. Auquel a efté refpondu que, quant mefdicfls feigneurs feront en nombre, ils y adviferont (254). »

Cet Anthoine Meigret, notaire, est probablement le chef de l'ancienne famille lyonnaise des Meigret, si Ton se reporte aux possesseurs successifs de l'immeuble dont il est question dans cette délibération consulaire. En effet, le registre des nommées de 1493 "^"^ indique Anthoine Meigret, notaire, comme possédant deux maisons rue de Bourgneuf, du côté de la rivière, dont Tune joignait la chaîne (23 f), immeuble que nous trouvons ensuite entre les mains de Lambert Meigret, contrôleur général des guerres (236), et enfin au nom de ses héritiers (237).

Perréal doit avoir certainement entretenu avec ce Meigret des relations d'intérêt et d'alliance, si elles ne sont pas de famille, puisqu'en i f 1 f il possédait à Ecully une propriété qui est indiquée des « hoirs de M^ Anthoine Megret (238) 5 » ce bien revint à sa fille après la mort du peintre (239).

Si nous nous rapportons aux documents que nous avons

(234) Registre consulaire BB 37 ; 1506.

(235) Registre CC 9, folios 5, 6 et suiv. ; 1495-

(236) Idem, idem, 137; 1529. j

(237) Idem, idem, 142; 1538.

(238) Registre CC21 ; 1515. En 1493, Antoine 1" Meigret est chargé avec L. Trie de faire la nommée des habitants de Lyon sur la paroisse et dîmerie de Vaise ; en conséquence, ils relatent à la fin de leur cahier les nombreuses propriétés de Meigret à Ecully, propriétés dont celle échue à Perréal n'est qu'une faible partie (cahier CC 19); c'est probablement en souvenir de cette mission qu'A. Meigret fut qualifié du titre de contrôleur. ' ■

(239) Registre CC 136, 1^29.

trouvés (240), Antoine Meigret laissa deux fils (241), Lambert et Jehan.

Jehan Meigret, le cadet, dut sa position à son frère aîné et s'éleva (242) au parlement de Paris jusqu'à la charge de président à mortier. Lambert, trésorier de l'extraordinaire des guerres sous François F% seigneur de Villequoi et de la Cour neuve, éprouva ces retours de fortune, si fréquents aux siècles précédents, sans qu'ils soient encore bien expliqués : la liquidation de sa charge, en ifif, le constitua débiteur de l'État, et, pour se libérer, il abandonna une partie de ses biens, une maison à Paris, qui devint l'hôtel de Montmorency, et probablement la maison de Bourgneuf, à Lyon, puisque nos registres de nommées de 1^58 constatent que le roi a « prins à fa main la dicfle maifon par quoy aélendu que le diél feigneur en prend le revenu (245). »

C'est, peut-être, à cette circonstance que Perréal dut l'occasion d'acquérir sa propriété d'Ecully.

Lambert Meigret avait épousé (244) Catherine de Champrond, fille de Michel de Champrond, seigneur de Mée,

(240) Le Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire ; Lyon ancien et moderne, tome II, p. 382 ; la Biographie universelle, celle de Didot, Blanchard, Pernetti, du Merdier ; la généalogie des Meigret à la collection Coste, n" 15539, etc., etc.

(241) Peut-être trois : Colonia, Pernetti, CoWomhel {Les Jacobins, dans Lyon ancien et moderne) et Péricaud parlent d'un Amédée ou Aimé Meigret, dominicain de Lyon, commentateur d'Aristote, frère de Jean Meigret, président à mortier au parlement de Paris. Il n'est pas question de ce Meigret dans Blanchard et dans la généalogie de la collection Coste, mais nous le trouvons cité dans la correspondance de Guillaume Farel (2 avril 1522) et de Le Fêvre d'Etaples (6 juillet 1524), comme ayant embrassé la Réforme. C'est peut-être cette circonstance qui le fit renier par sa famille. Amédée Meigret est mort en 1528. Voyez A. L. Herminjard, Correspondance des Réformateurs ; tome I", pages 206 et 228, et tome II, page 4.

(242) Il est mort le 23 mars 1 5 56.

(243) Registre ce 142; 1538.

(244' Présidents à mortier du -parlement de Paris, par Blanchard i6^y, pages 203-208.

Boissettes, etc , secrétaire du roi, et d Anne de Fontaines. Ils eurent deux enfants: Antoine II et Jean (ce dernier paraît être mort sans avoir été marié). Antoine épousa en 1^62 Jeanne Jouard et perdit complètement la fortune de la famille, écornée déjà notablement par son père.

Il existe trois Meigret contemporains, parents ou proches des précédents : Laurent, Louis et Gabriel.

Pour Laurent, dit le Magnifique, on peut consulter la Correspondance des Réformateurs , par Herminjard (tome II, pages 329 et 330, et tome III, pages 381 et 382). Ce personnage fut mêlé d'une manière importante aux affaires de la Suisse, au commencement du XYI*" siècle. Il embrassa la Réforme et paraît être le fils de Lambert; toutefois M. Herminjard estime qu'il en est le frère. Louis est connu comme inventeur d'une nouvelle ordiographe et comme traducteur, notamment de l'ouvrage d'Albert Durer sur les proportions du corps humain : Les quatre livres d'cAlbert Durer, peintre, de la proportion & pourtraiéls du corps humain, traduits par L. tMeigret, Lyonnois. Taris, i^^'], in-folio. Gabriel, avocat à la sénéchaussée de Lyon en 1^27, épousa Philiberte Fornier, dont il eut un fils, du prénom de Gabriel, sieur de Fontanières, qui fut échevin de Lyon pendant l'occupation des protestants, dit Blanchard, mais que nous ne trouvons pas sur les listes du temps.

Nous ne savons à quel résultat aboutit la démarche de Perréal, au sujet de la tour qui joignait la maison de Meigret, rue de Bourgneuf; il paraît seulement que la décision in ter venue créa un précédent, sur lequel on s'appuya, en 1^28, pour demander qu'une tour ruinée près de Pierre-Scize fût réparée par M. de Taunay, « ainsi qui l'avait fait le contrôleur Meigret (245'). »

(245) Registre consulaire BB 47, folio 47.

Nous citerons pour la bonne règle une deuxième affaire où notre artiste intervint ; malheureusement, elle ne nous offre pas l'intérêt de la précédente par les indications qu'elle peut fournir, et se rattache à un fait de minime importance :

Le 7 novembre i fo8.

« >^han de Paris, vallet de chambre du Roy, noflre fire, a fait & réitéré la requefte jà par cy devant faiéle (le 17 août précédent) par maiflre Michel Lallemant, marefchal de Lion, tendant à fin qu'il luy foit permis meftre des bocles en un mur joignant fa maifon qu'il a de nouveau conflruite fur le Sainél-Efprit. Auquel il a eflé remonflré & déclairé ce qu'a eflé faidl Ôz qu'il a eflé ordonné y aller, Ôc après y fera faiél comme le l'en trouvera par raifon (246) »

L'autorisation demandée fut octroyée le 9 novembre :

« Touchant la requefle par plufieurs fois faidle par Michel Brunel, marefchal alleman, touchant les bocles qu'il demande luy permettre pofer au mur qui faiél cloflure du femitière Sainél-Pierre, joignant fa maison qu'il a de nouveau bafty en la rue du Saindt-Efprit, 6c après que les dits feigneurs Benoift Buatier, Barthélémy Bellievre, Humbert Mathieu & Jehan Salla, qui furent commis à veoir le sd. lieu contencieulx ont faid rapport de leurs d. vifion & advis, a eflé advifé & ordonné que l'on luy doit permedre meélre deux bocles aud. mur..., » etc., etc. (247).

A présent que nous avons terminé l'examen de ceux des ouvrages connus de Perréal qui peuvent être cités avec dé-

(246) Registre consulaire BB 28, folio 46.

(347) 9 novembre 1508. Reg, BB 28, folio 49, recto et verso.

tails ou avec preuves suffisantes d'attribution, nous serait-il permis d'ouvrir un grand chapitre de conjectures ? Les chercheurs qui nous suivront, en redressant nos erreurs, pourront peut-être étudier ces intéressantes questions.

En effet, si Ton se reporte aux nombreuses pérégrinations de notre artiste, aux rapports qu'il a pu entretenir à la cour de France, en Italie et à Lyon, avec les personnages les plus importants de son époque, si l'on admet que trois souverains successifs l'aient honoré de leur confiance, on peut affirmer sans crainte que les anciens ouvrages et les documents poudreux de nos archives n'ont pas encore donné le dernier mot sur notre vieux maître.

Nous l'avons déjà suivi sans trop de lacunes depuis 1483; il nous a été permis, le premier, de lui rattacher d'une manière certaine une œuvre magistrale et existante, le tombeau du duc de Bretagne à Nantes. Déjà on croit posséder dans le zMariage de Charles VIII avec oAnne de 'Bretagne un de ses ouvrages comme peintre ; on trouvera certainement plus encore dans l'avenir, avec des points de repères aussi bien déterminés.

Dans l'œuvre de ces notices que nous avons entreprise, il se présente recueil où échouent toutes les entreprises humaines: le temps fait défaut et, s'il fallait attendre le complément des recherches et leur coordination absolue, certainement tout resterait à l'état de notes manuscrites. Aussi nous publions le résultat de nos propres travaux, assuré de laisser encore à d'autres la tâche de continuer les recherches.

Revenons un peu sur nos pas.

Cette médaille offerte à Philibert-le-Beau et à Marguerite d'Autriche par la ville de Bourg, le 2 août ifoi, n'offre telle point une ressemblance remarquable comme facture avec celle de Louis XII et d'Anne de Bretagne, présentée à Lyon en 1499 ? Qui> mieux que Perréal, pouvait avoir donné

les types des physionomies et s'être entendu avec les imagiers et orfèvres pour son exécution (248) ?

Mais on nous objectera, avec quelque raison, que Perréal était en Italie au moment où les magistrats de Bourg en faisaient hommage au couple princier 5 ces œuvres, pouvons-nous faire observer, ne s'improvisent pas 5 elles sont préparées de longue main. Enfin, il nous semble peu probable qu'un centre aussi peu important que Bourg ait pu posséder les artistes nécessaires à ce genre d'ouvrage, très-difficile d'exécution, et il se pourrait aussi que Jehan de Saint-Priest et Jehan Le Père en fussent purement et simplement les auteurs.

A qui Louis XII confia-t-il, en 1^04, le soin de tracer le mausolée qu'il fit consacrer, dans l'église des Célestins de Paris, à Louis, duc d'Orléans, second fils de Charles V, à sa femme, Valentine de Milan, à Charles, duc d'Orléans, leur

(248) La médaille de Lyon, dont nous avons fourni la gravure, est un peu plus grande que celle de Bourg ; son diamètre est de o™,! 14 ; le relief en est aussi un peu plus caractérisé. La médaille de Bourg à o'",ioi de diamètre.

fils aîné, et à Philippe d'Orléans, comte de Vertus, leur fils puiné (24g) ?

L'histoire se tait : le grand faiseur de « pourtraids » n'en a-t-il pas tracé là un de sa manière ?

Cependant Perréal n'en ayant pas parlé dans son mémoire à Barangier et dans sa lettre à Marguerite d'Autriche, de janvier ipi, nous ne ferions des recherches sur ce point qu'avec une hésitation extrême.

Nous avons rappelé, au chapitre III (2^0) et au commencement de celui-ci, les péripéties de la guerre d'Italie en i ^09, les horreurs de la bataille d'Agnadel auxquelles Perréal assista, les dessins qu'il fit de cette campagne, puis les soins qu'il prit aux funérailles de Louis XII 5 ne pourrions-nous pas^ avec Renouvicr et de Laborde, mettre au tombeau de ce roi à Saint-Denis, dont l'architecte est, si nous ne nous trompons, encore anonyme, la signature de notre artiste, au moins pour en avoir inspiré la composition (2 j* i) ?

Il y a entre les mausolées des Célestins de Paris, de Saint- Denis et de Nantes, un air de famille incontestable. Jehan Juste peut aussi bien et après Colombe, mort en ifi i, mais avec bien moins de talent, avoir travaillé d'après un « pourtraicft » de Perréal.

On peut, en effet, trouver dans ces trois monuments le même parti pris d'arcades, de pilastres avec montants d'arabesques, de panneaux avec candélabres, de personnages défunts couchés et de figures allégoriques aux angles.

(249) Voyez Antiquité-^ de Paris, par Corrozet, page 120 ; Piganiol de la Force, Description de Paris, tomeiv, pages ^i à 54; Magasin pittoresque, tome xxxv, page 87.

(2 ^ o) Page 1 1 8 et note 125.

(25 1) Le mausolée de Louis XII porte les dates de 1 5 1 7 et i ^ i 8 sur les pilastres qui séparent les arcades. La sculpture, qui est loin d'atteindre la beauté de celle du tombeau de Nantes, fut, à ce qu'il paraît, exécutée par Jehan Juste ; voyez sur cet artiste les Arts en Touraine, par Grandmaison, pages 220 à 228.

Certainement le sculpteur prime Farchitecte dans les œuvres de cette nature 5 toutefois Texécution de ces ouvrages nécessitait alors, aussi bien qu'à notre époque, l'intervention d'un projet préconçu et le portrait exact des personnages.

Ce n'est point non plus sans regret que nous laissons en arrière la période écoulée depuis la seconde moitié du XV*^ siècle jusqu'en 1 5' 30, avant d'avoir pu rattacher à une individualité les édifices qui furent construits, dans cette période, à Lyon : l'ancien archevêché, la chapelle, dite des Bourbons, à la cathédrale, les églises de Saint-Nizier, de Sainte-Croix, des cordeliers de Saint-Bonaventure et des Augustins, la flèche de l'église Saint-Paul, l'église des cordeliers de l'Observance, la commanderie de Saint-Georges, la chapelle des Gadagne dans l'église des Jacobins (25'2), etc., etc.

On n'aura donc pas dû trouver inopportun que nous ayons pris soin de noter, quand il était convenable, les noms de ces maîtres, maçons ou charpentiers, qui sont, peut-être, les auteurs de ces édifices; il n'est guère que Salvator Salvatori (25'3), sur lequel nous n'avons encore presque rien trouvé, qui, jusqu'à présent, puisse avec Perréal, Grand et ces maîtres d'oeuvre, avoir eu une part quelconque dans ces ouvrages.

(252) La chapelle de Gadagne remonte à l'année 1523 et non à 1 526, si on s'en rapporte à une médaille trouvée dans les fondations et conservée au musée archéologique de la ville de Lyon, collection Lambert. Sur une face est le buste de Gadagne avec cette inscription : de gvadacniS''CI''FLo: et sur le revers :

NOBILiS THOMAS DE GVADAGNIS CIVIS F L O R ^ C O N S I L ! A R I V S AT O O R D 1 - NARIVS MAGISTER DOMVS G H R I ST 1 A N 1 S S I M 1 ^ FRANCISCI PI " GALLORVM R-' AC DV MEDIO'' HAC CAPPE " FACIEDAM GVRAVIT^ AN D M D XX III ^

(253) Salvator Salvatori doit appartenir à la catégorie de ces artistes étrangers, de passage à Lyon, lesquels, comme Serlio, fournirent accidentellement les conseils de leur expérience dans l'art. Celui-ci prit part aux travaux de construction d'une partie de l'hôpital de Saint-Laurent-des-Vignes, qui, en 1534, fut exécutée aux frais de Thomas de Gadagne; Salvatori avait, en 1533, conduit les décorations de l'entrée de la reine Éléonore de Portugal. Ayant sollicité des recherches en Italie sur cet artiste, nous avons eu le chagrin de ne recevoir jusqu'à présent que des réponses négatives.

Nous avons eu déjà occasion de citer différentes lettres de recueil de Cornélius Agrippa, relatives à notre artiste (2^4); quelques autres, aussi, déterminent exactement le lieu où il résidait à des époques précises.

Uune d'elles, datée du 20 janvier 1^24, de Fribourg en Suisse, est adressée à Lyon, à Denis Turin, médecin. Agrippa y parle du Père Jehan de la Grène, gardien du couvent des cordeliers de Saint-Bonaventure de Lyon^ et explique qu'il espère pouvoir se rendre bientôt dans cette ville, il finit en chargeant son correspondant de saluer de sa part André, médecin (iff), et en même temps Jehan de Paris, « homme très-diftingué ôc fon ami intègre (2)'6). » Perréal était donc à Lyon en janvier 1^24.

isvif Quel personnage pourrait bien être le Jean de Lyon dont

parle Claude Cantiuncula (2 j'y) dans sa lettre du 12 novembre 1 5*24, de Bâle, à Cornélius Agrippa, à Lyon ? « Envoie, » dit-il, ce tes lettres explicatives à Jean Spirer de Bâle. Je penfais aller à toi, mais ton filence m'en a empêché! Aies miffives te feront remifes par le beau-frère de Jean Froben, le premier des calcographes. Celui-ci te prie, ôc je te prie avec lui, d'examiner la bibliothèque de Jean de Lyon ou toute autre plus ancienne, pour voir s'il ne s'y trouverait pas des cahiers de l'hifloire naturelle de Pline, furtout les derniers livres (2 5'8) )>

(254) Voyez pages 119 et 184.

(255) André Briau, médecin de Lyon et conseiller de la ville, en 1$ 18 et 1519, ami de Symphorien Champier, est mort avant le mois d'août 1552, Il fut médecin du roi Louis XII et fit partie du voyage du roi à Gênes en 1 507. (Voyez dans Jehan d'Anton, tome IV, pages 150 à 152, le rôle Jes personnages qui accompagnaient la cour, rôle que nous avons donné ci-dessus, note 44.)

(256) Pars II epistolarum, liber III, epist. LIV, pag. 811.

(257) Claude Cantiuncula ou plutôt Chansonnette, jurisconsulte, né à Metz, est mort à Ensisheim en 1 560 ; il fut un des principaux amis et correspondants de Cornélius-Agrippa. La ville deTvIetz, s'honoraut d'avoir produit cet homme distingué, a placé son portrait dans une des salles de l'Hôtel-de-Ville.

(258 Epistohiruni, JiberWl, epist. LXIV, pj^. 820.

Ce Jean^ lettré de Lyon, qui possède une bibliothèque et qui est assez ami de Cornélius Agrippa pour la lui laisser examiner, s'il n'est pas Jehan de la Grène (Lagrenus), gardien du couvent des cordeliers de Saint-Bonaventure, doit être probablement notre Perréal.

Il convient, peut-être aussi, de signaler une circonstance, assez obscure du reste, de la vie de ce personnage, laquelle semble avoir quelque corrélation, soit avec Perréal, soit avec la charge de maître des fortifications de Lyon. Voici ce dont il s'agit.

Agrippa, pendant qu'il était dans notre ville, tomba en disgrâce vis-à-vis de la reine -mère, Louise de Savoie, pour s'être, à ce qu'il semble, refusé de prédire à cette princesse, par des moyens astrologiques, le cours des affaires en France en même temps qu'il annonçait de nouveaux triomphes au connétable de Bourbon, et aussi parce qu'il avait écrit des traités sur la supériorité du sexe féminin et sur le mariage, dont, avec raison, quelques détails avaient déplu aux dames de la cour, lesquelles cependant, prétend-il, ne s'offensaient pas de la lecture du roman de la Rose, des nouvelles de Boccace et des poésies de Poggio (2^9). Il eut beau employer tous les moyens d'influence et les personnages les plus puissants, il n'obtint pas plus sa réintégration dans son office de médecin du roi que l'arriéré de sa pension. Tombé dans une misère extrême, il apprend, écrit-il à ses amis Chapelain (260) et Bullioud (261), le 18 septem-

(259) Epistolaruin, liber III, epist. III, pag. 8p,

(260) Jehan Chapelain, médecin de la reine Louise de Savoie, mère de François !"■, ami intime d'Agrippa et un de ses zélés protecteurs.

(261) Symphorien Bullioud, conseiller au Parlement de Paris, évêque de Glandève, de Bazas, évêque de Boissons, gouverneur du duché de Milan, ambassadeur de Louis XII auprès de Jules II, etc., né en 1480, mort à Boissons le 5 janvier 102 [Catalogue des Lyonnais dignes de mémoire). Sa cousine, Marguerite Bullioud, épousa Pierre Sala, capitaine de ville. Marguerite Sala posséda l'immeuble devenu plus tard l'hospice de l'Antiquaille (Registre CC 22).

bre If 26, qu'un personnage de Lyon^ pourvu d'un office, s'en va mourant et qu'il faut solliciter cette charge pour lui. Malheureusement, Agrippa annonce en même temps que le nom de ce personnage et la nature de l'oHice ont été mis par lui dans un billet séparé de la lettre et^ par conséquent, ce billet ne figure pas dans la correspondance publiée (262)^ ce qui nous réduit à des conjectures. Cependant une lettre de Chapelain, datée de Chambord, 26 septembre, qui semble une réponse à celle d'Agrippa du 18, nous donne à comprendre qu'il s'agissait d'un office dans lequel la connaissance de la composition des machines de guerre et de la construction des fortifications était indispensable et qu'il fallait, pour réussir^ présenter à François I^** quelque travail de ce genre, le roi étant fort amateur de cette science ainsi que de l'architecture.

Or, nous ne voyons à cette date que Perréal ou Grand en position, à Lyon, de s'occuper de choses de la fortification. Si Grand se trouvait dans le déclin de Tâge, à cette époque, Perréal était arrivé à une vieillesse extrême et restait pourvu encore, selon toutes probabilités, des charges de valet de chambre et de peintre du roi, plus de celles de maître-général des fortifications de Lyon. Peut-être était-il sérieusement malade lorsqu'Agrippa écrivait à ses protecteurs, et ce dernier devait s'y prendre avec toute la discrétion possible pour ne pas ébruiter la chose d'abord, et ensuite pour ne pas désobliger Perréal qui était de ses amis.^ C'est pour cela qu'Agrippa n'osa pas mettre le nom du titulaire de l'office, ainsi que la nature de celui-ci, dans ses lettres à Chapelain et à Bullioud.

Au fond, tout ceci n'est que conjecture et, de plus, la démarche n'aboutit pas. D'abord, il n'est plus parlé de la

(aôa) Epistola'-um, liber IV, epist. XLVI et XLVII, pag. 864.

2If

maladie de cet officier, lequel, si c'était Perréal, put retourner en cour au commencement de 1^27, et ensuite il paraît qu'Agrippa ne voulut pas envoyer certain traité dont il parle à son ami Chapelain (263), de peur qu'on en pût profiter sans lui donner l'office ; il ne voulait le lâcher qu'après avoir été nommé. On reconnaîtra qu'il en prenait bien à son aise.

Nous laissons donc k nos lecteurs le soin d'appUquer, s'il y a lieu, à d'autres personnages cette obscure intrigue 5 mais nous ne pouvions, non plus, la laisser sous silence lorsqu'elle s'adapte si bien à Perréal.

Pour en finir avec Agrippa, nous signalerons une lettre envoyée de Lyon (ville qu'il quitta le 6 décembre suivant, pour se rendre à Anvers), datée du 3 avril 1^27, à un ami qui n'est pas nommé, pour lui recommander Denis Turin, lyonnais et médecin du roi, lequel a un procès par-devant le parlement de Paris.

Cet ami ne serait-il pas un de ses parents, Guy Furbity (264), docteur en Sorbonne et dominicain ? Quoi qu'il en soit. Agrippa s'exprime vers la fin, en ces termes :

« Je défire que notre Jehan de Paris jouifie d'une bonne fanté, mais furtout qu'il revienne auprès de nous à Lyon,

ou qu'il me foit permis d'aller un jour vers lui w

Agrippa termine en se plaignant du long silence de Perréal.

(263) « Prceterea liber hic in voluinen saîis amphim excrevir, et archiîecîrices illje poliorceticaruin organopoceticaruinq. ; machinarum moduli, cceteraque pyromu' chia instrumenta hactenus per me magnis laboribus et sumptibus perfecta^ non tam facile emittam e manibus : et nijl cito me prceveniat Régis benejicium, aliis hac, etiam vel hojVibus profutur a sunt [Epijîolarum, liber IV, pag. 873). » Peutêtre s'agissait-il ici tout simplement de son chapitre XXII sur V Incertitude et la vanité des sciences et des arts, où il est question de machines et engins de guerre.

(264) Ce Furbity fut le champion du catholicisme à Genève, qui, emprisonné, après avoir prêché l'Avenl, le 30 novembre 1533, ne recouvra sa liberté qu'en

Une autre IcttrCj datée du 17 mai, finit ainsi : « Salue pour nous FEvêque de Bazas (26f ), Lefevre (266), iMaurin 6c Jehan de Paris, le peintre. » Cette lettre répondait à celle du 10 mars, à lui écrite de Saint-Germain-en-Laye, par Chapelain (267). Perréal séjournait donc avec la cour, à Saint- Gcrmain-en-Laye, en avril et en mai 1^27.

Comment a-t-on pu admettre un instant la conjecture que Perréal serait allé mourir en Italie ?

Parce que Vasari, dans sa vie de Jules Romain, a cité parmi ses élèves un « Gio dal Leone (268), » et, dans la vie de Guillaume de Marseille, fc maestro Giovanni Franceie, » qui vint à Arezzo et y fit, à la fi-esque, un tympan d'arc avec un Christ et une bannière ; cela ne suffit point. On a pu constater la présence de Perréal à Lyon et en France (269) jusqu'en 1^27; il avait désigné d'avance, en if22, comme on va le voir, sa sépulture à Saint-Nizier; il est taxé encore en 15*29 dans la rue Thomassin : pourquoi aurait-il quitté un pays et une ville où il paraît avoir été entouré de la plus grande considération, où il avait sa famille, où il possédait de nombreuses propriétés, pour aller s'établir, à un âge avancé, dans un pays étranger, par la seule admiration pour le talent et la personne de Jules Romain ou à son appel?

Nous avons trop de preuves d'un côté et pas assez de l'autre pour admettre cette conjecture.

(265) Symphorien BuUioud. (Voyez la note 261.)

(266) Jacques Lefèvre d'Etaples {Faher Stapulensis), né à Etaples vers 14^5, mort à Nérac en 1537, polygraphe français, fit des commentaires sur le Nouveau Testament. Il fut précepteur de Charles, troisième fils de François I", et bibliothécaire du château de Blois. 11 passe pour l'un des précurseurs de la Réforme et fut le maître de Guillaume Farel ; ses ouvrages sont excessivement nombreux. (Voyez la Correspondance des réformateurs, par Herminjard, tome I", pages ] et suivantes.)

(267) Pars II Episîolarum, liber IV, epistoîœ VII et VIII, pag. 900 et 901. (368) Vasari, partie III, vol. I, p. 342.

(269) Voyez pages 215 et 2 1 6.

Peu de renseignements nous sont parvenus sur Tépouse de Perréal. Si on admet le Jehan de Paris, verrier à Orléans, on a une quittance du i^*" juillet 1476, constatant qu'il reçut quatre écus que le prieur avait promis de donner pour sa femme, en sus de ce qu'il avait touché du paiement du vitrail de réglise des Carmes ; mais nous sommes loin d'admettre l'identité de ce personnage avec notre artiste.

Dans la supplique au consulat de Lyon en 1494, que nous avons rapportée, on a pu voir qu'il parle de son ménage; cela peut indiquer qu'il était déjà marié.

Jehan Lemaire écrivait à Barangier, à une date qui n'est pas précisée, mais qui se rattache à l'année i foç :

ce Monfeigneur, j'ay reçu vos lettres efcriptes à la Haye le premier jour de juillet, ôc vous remercie du double des leflres de l'Empereur que vous m'avez envoyé. Incontinent, j'en ay faidl tout plein de doubles lefquels j'ay envoyés à Genève, en Savoie & en Piémont..., etc. Et d'autre part, en ay envoyé deux doubles à Lyon, l'une à M. le confervateur ThomafTm & l'autre à la femme de Jehan de Paris, afin que la Royne les voie (270).»

On trouve dans un carnet, conservé aux Archives de la ville de Lyon, ayant servi « pour tenir raifon de ce qui eft deu à la ville & communaulté de Lyon, & aufTi de ce que la ville doit, mefmement touchant l'emprunél faiél fur les apparens es mois d'aoufl, septembre & odlobre 1^29, pour promptement fournir la rançon du Roy (François L*^, prisonnier) :

« Les frères Guillaume & Ennemond Juge doivent pour leur taux xxix L, plus pour la veuve du controlleur Jehan de Paris viij l. vj s. viij d. (271)3:»

(370) DuFay; Mémoires de la Société littéraire de Lyon, i86j, p. 113, (271) Archives de l'art français ; M. Rolle, page 141.

Non-seulement Tépouse de Perréal lui a survécu, mais encore elle vivait en If4f , étant encore taxée (272) à cette époque. Cela vient rendre moins probable la conjecture du Jehan de Paris, peintre-verrier, et marié à Orléans en 1476, à moins qu'il ne s'agît d'une deuxième épouse ; car, en admettant la date de 1494, indiquée par une supplique que nous avons citée, Fépouse de Perréal, âgée de 18 ans à cette époque, avait eu 69 ans en I5'4f, ce qui est déjà respectable.

Perréal et son épouse avaient élu d'avance leur sépulture en l'église Saint-Nizier, ainsi qu'il résulte d'une délibération capitulaire que nous devons à l'obligeance inépuisable de M. Brouchoud 5 malheureusement pour nous, jusqu'à présent nous n'avons pu trouver encore, pour la compléter, ni les noms de l'épouse de Perréal, ni la date de la mort du maître, et par conséquent la certitude que leur vœu de reposer à Saint-Nizier avait été suivi d'effet. Cela démontre une fois de plus combien les recherches pour reconstituer la vie des artistes des temps passés est laborieuse, et qu'il faut le concours de divers chercheurs pour compléter une seule notice. Il est heureux que notre époque se trouve un instant soucieuse, plus que les précédentes, de recueillir les péripéties de la vie de ces anciens maîtres ; car, avec le temps, les intempéries et les révolutions, les documents se détériorent et se perdent. Si on n'y prend garde, il ne restera un jour, dans une société qui tend à s'absorber uniquement dans les intérêts matériels et dans les passions politiques, aucun moyen de reconstituer le culte des illustrations des siècles passés.

Voici l'acte de fondation dont nous venons de parler :

(272) Registre CC 143 : i '538 ; « La veuve &. les héritiers de Jehan de Paris à 16 fous 8 deniers égale 5 livres. «Registre CC 144; 1545-1$ 54; « La veuve &. les hoirs du peintre Jehan de Paris à 29 fous égale 31 livres, 18 fous. »

ce Trefaîi dcmini {^capitulâmes), ex cerris causis ad hoc mo~ ventes, et maxime favore hitiits quod nobilis Johannes Terreal, alias de Taris, contracolator regiiis, et eius uxor dedierunt huius modi ecclesie unam cha-^uhlam damacii bleu et veluti (yeloux) violeîi, necnon unam capam de taffetas alhi et veluti violeti secunimatam jlorum de lis et unum camhum (?) tele et alla. Quia sic voluerunt et volunt quictaverunt et quictant dictis conjugibus Terreal et quod consuetum est concordare et laudabile consuetudine ratione sépulture duntaxat ipsorum conjugium et voluerunt et volunt dum decesserunt et tempus affuerit eorumdem conjugum corpora inhumari in huiusmodi ecclesia absque solvendo pro il lis aliquid pro eorum sepultura.

a Gravier (273), ^^

En ce qui concerne sa progéniture, nous trouvons un fils et une fille. Le fils est cité dans la lettre adressée par Marguerite d'Autriche, en février ifii, déjà donnée page ^3, laquelle annonce qu'elle l'a fait inscrire au rôle des bénéfices du comté de Bourgogne, ce qui explique, ainsi que l'a fait avec justesse remarquer M. Dufay, qu'il devait avoir atteint sa vingt et unième année.

Huit mois après, Jehan Lemaire écrit : « J'ay amené le fils du dit de Paris en cefte univerfité de Dole, aux eiludes des loix & des décrets, afin que fon père foit toujours plus enclin à votre fervice ; ce qu'il efl déjà afi^'ez efpérant que fon did fils vous fera pour recommandé (274). 53

Ce personnage, dont nous ignorons du reste jusqu'aux prénoms, disparaît à dater de cette époque, et il nous a été impossible de savoir ce qu'il était devenu.

(273) 8 juillet 1522. Gravier était notaire royal et secrétaire du chapitre de l'église de Saint-Nizier. (Archives du département du Rhône, registre 7 des actes capitulaires de Saint-Nizier.)

(374) 9 octobre 1 5 1 1 .

Le fille est citée dans un rôle de taxes perçues^ en 1^29, pour la rançon de François I^*" : « La fille du dit de Paris, dame de Champeneux^ pour la grange de Meigret (27^). »

I fjSj « la fille du controlleur de Paris exempte (276). »

II y avait un fief^ dit de Champagneux, lequel pouvait être le même, près de Lyon, sur la rive gauche du Rhône, vers l'hospice actuel des Frères de Saint-Jean-de-Dieu.

L'expression de « dame de Champeneux » n'implique pas absolument que la fille de Perréal fut mariée ; elle pourrait posséder ce fief à titre de seigneur en son nom personnel.

Al. F. Rolle a eu la bonté de nous signaler, parmi les milliers de noms qu'il a dû lire en dressant la série des nommées et des taxes pour l'inventaire des archives de la ville^ un citoyen portant le nom de notre artiste :

« Amblard Perréal, marchant (taxé) à (277). »

Devons-nous voir là un parent de notre Perréal.^ Nous avouons notre embarras à cet égard. Toutefiais nous pouvons rapporter l'avis de M. Rolle, lequel est pour l'indication probable d'un fi-ère, ce nom de Perréal étant le seul qui ait été encore rencontré. Dans tous les cas, ce fait tendrait à prouver que notre Jehan de Paris pouvait être lyonnais.

A Antoine Meigret, lequel, fut lié d'une manière intime avec

(275) Registre ce 1 36, folio 40 verso ; 1529.

(376) Registre ce 143.

(277) Le chiffre auquel il est taxé manque. Série CC ; taxes, registre du XVI* siècle, sans date.

« Hors la porte de la Lanterne et Chenevier.

Quartier depuis le petit portai des Auguflins, fortiffant fur les foufTés, contournant le long du port des Auguflins &. Saint-Vincent &. la porte de !a Roche, retournant en rue de la Vieille-Monnoye &. autres rues adjacentes compris le circuit de Saint-Vincent à la porte du d. lieu, allant finir au portai de la Déserte (Registre ce 282 ; folio 260 verso). »

On rencontre dans le même registre et dans le même quartier où cette famille avait une propriété : « Philibert de Lorme, maffon. »

notre Perréal, ainsi que nous l'avons signalé au commencement de ce chapitre^ nous pouvons ajouter les noms de parents et alliés résidant à Lyon. Une demande faite par eux, que Ton trouvera plus loin, nous donne les noms de Jehan Archimbaud et de Jehan Girard, parcheminier.

Des recherches minutieuses nous fourniraient sans doute quelques détails sur ces personnages : on comprendra facilement que nous avons reculé devant cette besogne, voulant réserver nos courts loisirs à des noms plus importants.

Toutefois, en consultant nos notes, nous avons trouvé Jehan Coriau, dit Archimbaud, hôte de l'auberge du Lion en 1497, date qui se rapproche de celle de la démarche en question (278).

Les hôteliers étaient^ à cette époque, des personnages importants. Nous ne sommes pas fixé sur la position exacte de cet établissement (27g).

Un Jehan Archimbaud est cité par M. Rolle pour avoir prêté un ustensile nécessaire aux préparatifs de l'entrée de la reine Anne en 1494.

Les Archimbaud furent, du reste, toujours très-nombreux à Lyon, aux XV^ et XVl^ siècles.

En 1495, Perréal habitait dans la rue Buisson ou dans la rue de la Gerbe :

« Mefîire Pierre de Baflida, fecrétayre de Saindl-Nizier,

tient quatre corps de maifons neufves, haultes, moyennes & bafles, & peut (petit?) jardin derrerier en la di61e rue (la rue

(278) Registre CC 244; 1597.

(279) Il y avait le Lion auparavant le Griffon, dont nous avons parlé plus haut, et le Lion d'or qui était à Robert de Bruyères, en 1493 (l'egistre CC 7), et qui avait pour hôte François Blanc en 1 5 5 1 (registre CC 43).

Un Jehan Cozeau, dit Archimbaud, était confrère de la Sainte-Trinité en 15 17. (Etablissement de la confrérie de la Sainte-Trinité, etc. -, folio 29, mss. de la collection Coste, 3056, à la bibliothèque de la ville.)

Buiffon) du cofté devers le matin (dans remplacement où est

le Palais du Commerce, la place de la Bourse, etc.), joignant

à la maifon de la dide Valleta (Toinette Vallette, aussi pro- *

priétaire dans le quartier), devers le vent & à la maifon des

hoirs Barthélémy Buyet (échevin en 14S3, riche bourgeois,

qui patrona le premier Guillaume Le Roy, imprimeur à Lyon,

et fonda une chapelle à Saint-Nizier, oii est son inscription

funéraire), devers la bize ; et peuvent valoir par an iiij"" l. t.

Inquilins (locataires) : Jehan de Paris, peyntre, tient à la

louage la première (280). »

ce Benoît Bonnard, écrivain, & Jehan de Paris, peintre^ paient tous deux 2^ fous (281). 33

Perréal quitta ce quartier pour aller habiter une maison qu'il possédait rue Neuve-Thomassin (282), où il a dû mourir, et qui resta à sa veuve comme on Ta vu plus haut.

« Une maifon haulte, moyenne 6c baffe, en la dicle rue n-

(rue Thomassin), joignant la maifon Antoine de la Vanelle (orfèvre-graveur), devers matin, & la maifon Antoine Foreflz (Foreft)^ boffetier, devers foir. Eflimée valoir par an yo livres, pour ce 200 livres; à la charge de 3 livres 10 fols 10 deniers, penfion à Balthazard Chapard & Jean, son père, & 3 5' fols 6 deniers à meffire Eflienne Chappard, refle 148 livres 8 fols 9 deniers. » On Ut en marge de la nommée : « H a rachepté la didle penfion pour ce demeure la maifon à son dernier taux. 3) Les meubles du maître étaient cotés 100 livres. c( Plus tient, qu'il a acquis de meffire Antoine Chapuys, une vigne à Saint-Sébaflien^ contenant trente fofferées, efli-

(280) Chartreau pour le côté Empire de l'assiette d'une collecte imposée sur les habitants de Lyon au mois de juin 1499, etc. (CC 229).

(281) Nommées 0 Depuys la rue Buisson tirant jufques à la Gerbe, &. de la Gerbe tirant jufqu'en rue Nove, 149J. »

(282) Le consulat autorisa le 28 janvier 1499 M. le conservateur Thomassin à ouvrir sur ses fonds une rue en ligne droite, près de Notre-Dame-de-Confort, traversant jusqu'à la rue de la Blancherie. Colonia, II, 367 ; Pernetîi, I, 170.

tri

mée 90 livres (283). » La nommée de Perréal se terminait par un article ainsi conçu : « Plus tiennent les hoirs du dit Perréal. à Efcully^ au lieu appelé les Gorges, une petite maifon, deux bicherées de terre & une vigne^ contenant vingt-quatre foiïerées qui fut des hoirs Anthoine Mégret. Eftimé le tout 48 livres, jj Nommées faites en i f i f & restées en service jusque vers lyôo.

Il possédait aussi un jardin dans la rue Confort.

« Jean de Paris, peintre, tient une piaffe contenant deux piez (pies, c'est-à-dire parcelles) du grand jardin qui fut des Viftes (des le Viste), acquis nouvellement de Jacques Dodieu par Nicolas Chanu, en ladite rue (la rue depuis N.-D. de Confort, tirant à THôtel-Dieu), du cofté devers le matin, joignant à la maifon de Jean du Peyrat, marchand^ & la maifon de Jehan Hugueten, imprimeur, devers le vent; & peuvent valoir par an, pour le préfent, attendu qu'il n'y a

(283) Cette vigne fit partie du ténement Roland Gerbaud où eut lieu, au mois de décembre 1 528, la trouvaille des tables de Claude,

L'acte d'acquisition de cette vigne, que nous a communiqué M. Brouchoud, présente quelque intérêt par les détails qu'il nous fournit :

« Nos Stephanus Moyre, Sancti Sedis aposîolici prothonoth. presb. eccles. cathedralis BelUcens. ne commendiUorius priorarum dni. nn. de Corbellino Delphinatu dicT. BelUcens diocesis et béate Marie de Plateria Lugd. notuin faciinus vniversis présentes Hueras inspecturis ut noster nobilis Johanes Perreal alias de Paris, conterolator domini nostri Régis einerit et acquisierit ad opus sui et suorum, a venerabili viro magistro Anth. Chappuys, jurium licentiatofilio etherede deffunctorum nobilium

Johannes Chappuys et Lyonete quondam conjugium,

videlicet quanidain ipsius magistri Anthonis Chappuys, yineain sitain in territorio dicto Griffa juxta iter tendens de (mot illisible) de Griffa ad recluseriam Sancti Sebastiani a mane, juxta vineam hanorabilis viri Johannis Audeberti civis Lugd. a borea, justa vineam que fuit conventus fratrum minorum lugd. et nunc est hanorabilis viri Claudii Besson, magistri, moneti civis Lugd. a sera, et juxta aliam vineam dicîi Bessonis ex venta in intratu dictœ vineœ

« Actum et datum in dicta prioratu Nastra Domina de Plateria Ludg. die décima septima mensis decembris anno millesima quingentesima et décima, et presentibus ven. et {mot illisible) dom. Jacoba de Lagre canonico regulario ordinis Sancti Ruff

rien de bâti (284), 9 livres tournois, à caufe de la charge de la penfion. )? i49Îj nommées (28^) de la ville de Lyon.

Etienne Gueynard, relieur de livres, avait, rue N.-D. de Confort, une maison : a joignant aux piez (pies) de Jehan de Paris, peintre (286). jj

La veuve de Jehan du Peyrat tenait, durant sa vie et tant qu'elle s'abstiendrait de se marier, une maison, rue de N.-D. de Confort, avec jardin, joignant « à la place de Jehan de Paris, peintre (287). »

Les archives de la ville nous indiquent, au milieu d'un grand nombre de Jehan de Paris, un personnage de ce nom qui, par une circonstance digne de remarque, doit se rattacher mieux à notre artiste ; celui dont nous voulons parler, qualifié de la profession de « pâtifTier, » était inquilin dans une maison contiguë à celle de Jehan de Paris, contrôleur. Celui-ci habitant sa maison, il est possible qu'il l'ait installé à côté de chez lui (288).

yjïens et magisîro Claudio Gravier tiot. reg. (mot illisible) civitatis Lugd. secretario civ. Lugd. testibus et rogatis »

D'après des recherches que nous avons faites et qu'on trouvera dans la Correspondance échangée entre Henri-Cornélius Agrippa de Nettesheiin et Eustache Chapuys, Antoine Chapuys, dont il est question ici, serait peut être le cousin-germain d'Eustache Chapuys, officiai de Genève et ambassadeur de Charles-Quint vers Henri VIII, roi d'Angleterre.

Au dos de la pièce :

a Invetifon faiâe par M . le prieur de la Platière à noble Jehan Perréal, alias de PariSy d'une vigne Jltuée au Griffo par le d. de Paris, acquife de M. Ant' Chappuys l'an mil Vc XVlll. »

Cette pièce était insérée dans la couverture d'un livre du protocole du notaire Challe, aux archives de la Cour d'appel de Lyon.

(284) Voyez le plan scénographique de Lyon au XVI' siècle.

(285) Reg. ce 6. Archives de la ville. Ces nommées n'ont été refaites qu'en 1515 et comprennent l'état des propriétés jusqu'à cette époque.

(286) Reg. ce 9, archives de la ville.

(287) Reg. ce II, ïd.

(388) Reg. ce 39 ; 1528-1529.

On est très-bien renseigné sur les sommes auxquelles l'artiste fut imposé.

« En 149^ : Jehan de Paris^ peyntre^ pour immeuble^ à V solz qu'ell, pour xxiij deniers, .... iiij 1. x s. t. (289). ':>

Perréal sut faire valoir les services qu'il rendait en sa qualité d'officier de la maison du roi et, déjà pour l'année 1493, il ne paya plus que cinq sols tournois ; en 1499, ^^^^^ réduction fut de nouveau obtenue.

Un procès-verbal de la séance consulaire du 1 1 octobre 149^ est suivi d'un agenda contenant des notes sur divers projets en question à élaborer, ou à résoudre. Ce document finit ainsi : « hem, de faire refponfe es ledlres du Roy touchant Jehan de Paris, cirurgien (290). »

La délibération du i y du même mois est plus explicite :

« Pierre Palmier, François Torveon, Jehan de Bourges, 6cc. ,

confeillers font venuz devers eulx Jehan Girard, par-

cheminier, Jehan Archimbaud & (en blanc dans l'orip^i-

nal), parents & alliei de maiflre Jehan de Paris, habitant de celle didle ville, & pour & au nom de luy, ont préfenté es dicfls confeillers une ledre miffive du Roy, noftre fire, efcripte en papier, à iceux confeillers adreçans, laquelle ilz ont reçeue avec honneur & révérence. Et après ledlure de la dide ledlre, faidle par les dits confeillers, ils ont did es delTus dits parents (Se alliez du diél de Paris qu'ils n'eltoient lors nombre pour leur povoir faire refponfe entière au contenu en la didle ledlre, mais quant ilz seroient nombre suffisant, ils feroient refponfe telle que le Roy, noflre diél Seigneur, auroit toujours caufe d'eftre content de la didle ville. Et de laquelle la teneur efl telle :

« De par le Roy de France, de Sécille & de Jhérusalem.

(289) Chartreaux des années 1493, '495 ^^ ï499- • Defpuis la rue Boy{Toii jufques à la Gerbe &. de la Gerbe jufques à rue Nove. »

(290) Archives de l'art français^ M. Rolle, page 137.

Très chiers & bien amez, nous avons jà pieça retenu en noftre cirurgien & varier de chambre ordinaire Jehan de Paris que bien cognoifTez ; & pour ce qu'il cft préfentement en noflre continuel service^ près & à Fentour de noftre perfonne, où il nous faidl plufieurs bons 6c agréables fervices, & que, à cefle caufe, il doye eftre franc^ quitte & exempt de touttes tailles & fubfide, & que noflre vouloir efl tel, nous voulons & vous mandons — , &c.

(c Donné à Verseil, le xxij*^ jour de septembre.

« Ainsi signé : Charles, 6c au deffoubz 'Briconnet. »

ce A nos très chers 6c bien amez les confeillers de noflre ville de Lion. 3)

Le 26 octobre, le consulat délibéra qu'on tiendrait Perréal « quitte des charges 6c affaires de la ville, tant qu'il fera officier 6c ferviteur ordinaire 6c fans fraude (291). »

Aussi, on le trouve dans le rôle de ceux qui demandent à être exemptés des contributions comme nobles ou officiers du roi : Jehan de Paris, peintre, c< varlet de chambre ordinaire du roy, » 4 livres 10 sous (292).

La même faveur fut demandée l'année suivante 5 elle lui fut accordée par déhbération consulaire du 1 1 septembre 1496, comme étant « toujours emploie à faire plaifirs 6c fervices de la dide ville 6c qu'il peut plus fervir que jamais (293). "

En 1499, il est taxé à 2 y sous « pour immeuble (294). »

En I5'03, on remarque la mention suivante :

(291) Archives de l'art français, M. Rolle ; registre CC 22, f"' 39 verso et 42 verso.

(292) Rôle des noms avec les cotes « de ceulx qui fe veulent exempter de la contribution de la collecte mife fus en la ville de Lyon (1495), à raifon de 18 deniers pour livre, prétendans estre noble, les autres officiers, les autres monnoyeurs & mineurs, & dont les ungs ont procès contre la dite ville, &.c. (CC 292). »

(293) Registre consulaire BB 23 ; folio 15 verso.

(294) Registre CC 107.

ce La rue de rArchidiacre (rue Gentil) commençant devers Saind-Nizier tirant jufques à Tentrée de rue BoyfTon (rue Buisson).

« Jehan de Paris, peindre — »

En marge est écrit le mot exempt, et M. Rolle a fait remarquer que, par un rapprochement fortuit, mais qui donne à réfléchir sur la facilité qu'ont des biographes, pleins de bonne volonté, à mettre sur le dos d'un seul personnage tout ce qu'ils recontrent au même nom, la mention de notre artiste est ici immédiatement précédée d'un autre Jehan de Paris, chaussetier (295') ! N'y a-t-il pas aussi le Jehan de Paris, drapier, qui remplissait avec un autre le rôle de 'Bomemps^ à l'entrée de Louis XII en 1499, et le Jehan de Paris, tondeur, qui fut déchargé des taxes de ifoj, parce qu'il s'était employé à auner la toile nécessaire aux dernières fêtes, à l'occasion des entrées des rois (296) ?

Nous avons déjà indiqué plus haut un Jehan de Paris logeant près du vieux maître.

Nous relèverons encore, jusqu'à la fin de l'existence de notre artiste, ces mentions d'impôts, si précieuses en ce qu'elles nous fixent d'une manière absolument exacte sur les circonstances de sa vie :

En If 14, « Jehan de Paris, paintre du Roy, depuis le coing de Saind- Antoine jufqu'à la place des Jacopins & Ihoflel de Pierre de Grolée, n'est pas taxé (297). ^y

En If If, pour la taxe de 4 deniers, imposée en mai, Jehan de Paris, « paintre du Roy, » n'est pas cotisé en raison

(295) V Roolle de la reveue & ferche faifte de tous les habitants de la ville de Lyon du codé devers Empire, ou moys de juillet Tan mil V &. troys. »

(296) Registre CC m ; 1 503 .

(297) Registre de la série CC, non encore inventorié ; communiqué par M. Rathier, archiviste de la ville.

de sa charge à la cour (298), et^ la même année, nous trouvons ce qui suit :

« Depuis le coing de Saind-Anthoine jufqu'à la p!ace des Jacopins & Thoftel de Pierre de Grolée,

a Jehan de Paris^ paintre du roi (299). »

En septembre 1525, il s'agit d'hommes pour les fortifications, comme nous Pavons vu plus haut (page 174):

« Jehan de Paris, contrôleur, rue Thomaffin, 6 hommes (300). w C'est le même chiffre que pour Grand.

En I ^24, ce Jehan Perréal, dit de Paris, contreroUeur, 2 livres 10 fous (301). "

La même année, « Jehan Perréal, dit de Paris, contrerolleur, 7 livres 10 sous pour les 6 deniers ; » avec cette mention : « En faveur de plufieurs devis qu'il a faids aux rempars du boulevars, meffieurs les confeillers ont ordonné le tenir quide (302). »

Et, encore la même année, « Jehan Perréal, contreroUeur, y livres, » puis cette mention : « Meffieurs les confeillers, en faveur des plaifirs qu'il a faiz à la ville mefme au faid des fortifications, ont ordonné de le quider (303). »

Voilà peut-être le seul profit qu'il ait tiré de sa charge de maître-général des fortifications.

En i)2g, ce Monfieur le contreroUeur Jehan de Paris, à

(298) Registre ce 127.

(299) Le nom n'est pas accompagné du chiffre, étant porté pour mémoire (Registre CC i jo).

(300) Taxes perçues au nom de la commune (Registre CC 200).

(joi) Chartreaij pour le cofté du Rhône des deux deniers mis fur la ville de Lyon au mois de juin 1524, pour subvenir aux travaux des remparts de Saint-Sébastien (Registre CC 263). »

« Chartreau, tant du cofté de Fourvières que celui du Rhône, reftes des deux deniers mis en 1524 en la rue Thomaffin (Registre CC 271, folio 20, 1521- 1427}. .

(303) Registre CC 267, 1524.

raifon de i6 fous 8 deniers pour deniers 8 livres 6 Tous 8 deniers (304). 33

Non-seulement Perréal obtenait des exemptions d'impôt, il savait aussi se faire affranchir du service de la milice, dans une certaine mesure, en se faisant classer dans la réserve.

« Renfourfement aux eftablies (rôles de la milice), devant dides, fait le dit renfourfement par dixaines, des habitants de la ville trouvez oultre le nombre accoutumé d'icclles eftablies pour médire & eflablir la où il fera advifé.

cf Depuis la (rue de la) Gerbe, tirant par derrerier Saind- Nizier.

En la dide rue : dixenier^ maiftre Jehan de Paris.

« Cette dixaine fera la dixième qui servira sous le penon que portera Claude de Varey (^oy). »

Notre personnage posséda même, en 1499, un office particulier ; en effet, si on lit attentivement les délibérations consulaires des 23 et 26 juin de cette année, dans lesquelles Perréal fut chargé des travaux décoratifs nécessaires à l'entrée, à Lyon, du roi Louis XII, on remarque qu'il est nommé « le grenetier Jehan de Paris. »

Si nous croyons un auteur qui a publié des recherches intéressantes sur l'ancienne administration française (306), « au XV^ siècle, le grenetier ou garde du magasin à sel eut une juridiction propre ; il connaissait tous les crimes, fraudes concernant le monopole du sel, ce qui donna lieu à Louis XII à

(304) « Charlreau des lo deniers impofés à la commune, en l'année 1539 pour fournir au Roi la fomme de 24,000 livres tournois qui était la part contributière de la ville de Lyon « pour la rançon du dit feigneur & recouvrement de nos feigneurs les princes, fes enfans, hoflaigiers en Efpagne, etc. » (Regillre CC 137.)

(jo^) « Eftablyes en cas d'effroy en la ville de Lyon, à la part devers l'Empire, commencées ou moys d'avril après Pafques mil iiij* iiijxx xviij. » (M. Rollc.)

(jo6) L'adininisîration française avant la révolution de 1789. I. Origines de l'administration royale, par Alfred Maury, de l'Institut de France. Revue des Deux- Mondes, tome cvui, page 603.)

constituer un tribunal^ exerçant sa surveillance sur les receveurs et commis des gabelles et qu'on appela grenier à sel, tribunal dont on appelait à la Cour des aides. »

Si cet office comportait une besogne aussi spéciale^ il faut présumer que Perréal le fit régir moyennant un certain revenu, et qu'il ne tarda pas à s'en dessaisir, puisqu'il n'en est plus question à dater de cette époque.

S'il ne négligeait pas ses intérêts personnels, il se montrait disposé à servir les intérêts de certains particuliers et de la ville. Aussi, en outre de l'affaire des fortifications que nous avons citée, il sollicita, auprès du consulat, un office « un corrataige » dans les foires, en faveur d'un Humbert Collumbier, et réussit dans sa démarche (307).

Pendant qu'il était à la cour en ifoy, il obtint la prompte expédition des lettres royaux, approuvant la nomination du capitaine de ville, démarche dont il avait été prié par délibération consulaire du 10 janvier (508).

Le dernier jour de juillet i^oô, il se présenta au consulat et expliqua aux conseillers qu'un nommé Calabre, officier du Roi, avait obtenu de celui-ci une maison et un jardin situés près de l'hôpital du pont du Rhône, qui avait été saisi et confisqué, et que ce personnage serait disposé à l'échanger avec la ville, contre quelque petit office. Perréal s'offrait de négocier l'affaire ; on accepta sa proposition , mais nous n'avons pu trouver quel en fut le résultat (309).

Les biographes qui, avant nous, ont pris le soin de retra-

(307) Jehan Perréal, par M. DuFay, Mémoires delà Société littéraire, i86j, page III.

i]oS) Registre consulaire BB 24 et 25.

(^09) Registre consulaire BB 27. 11 y avait un Alabre de Saule, huissier du roi, qui devint plus tard prévôt des maréchaux de France dans la province du Lyonnais ; voyez VInventaire des Archives municipales (CC 106), et notre note 44 M»^'' fournit l'état de la maison du roi au voyage de Gênes.

cer la vie de Perréal ont été unanimes à louer la démarche que cet artiste fit en ifi2^ démarche qui était celle d'un bon citoyen, désireux d'éviter des désagréments à l'administration municipale. Perréal, averti de ce que le roi était mécontent de la tenue de la justice et de la police de la ville, en prévint à temps le corps consulaire, qui n eut pas de peine à répondre péremptoirement à ces reproches.

« ont eflé

veues lettres milTives envoyées par Jehan de Paris, datées du jour de la S^ Vincent (22 janvier), qui ont eflé leues 6c publiées en plein confulat, & chacun des afliflans ont fai6l ferement de non révéler le contenu es didles le(ftres. Et pour ce que les dides ledres font mention que le Roy efl: aucunement couroufle contre la ville, (à) caufe de la mauvaife polifTe & mauvaife juftice qui y efl, a eflé mife la matière en termes pour advifer qu'il eil befoing y faire. Et après les opinions d'ung chacun, a efté ordonne d'efcripre à monsieur le tréforier Robertet s'il efl vray que le Roy ait dit les didles parolles, efl: s'il efl: aucunement irrité contre la ville & pourquoy affin d'y remédier le mieulx qu'il fera pofTible.

« Et, pour ce que le didl feigneur fe plaint de la mauvaife jufl:ice, a efl:é ordonné aller fommer MefTieurs du grand confeil de Monfeigneur de Lion qu'ils vueillent pourveoir à lapoliticque de la diéle ville, tant touchant les vivres que autrement, & femblablement fommer melTieurs les officiers du Roy, affin qu'ils vueillent faire leur devoir en leur endroiél, & d'icelles fommations en prendre adles pour s'en aider en temps & lieu (310), »

On a vu que Geoffroy Tory publia, en 1^29, un dessin de la main de Perréal, qui avait pu lui être fourni un peu auparavant. Cette date est la limite extrême de l'existence de

(3 10) Registre consulaire BB 39. 5 février i 513.

notre artiste, puisque sa femme était, ainsi que nous Tavons dit, qualifiée de veuve à cette époque, et qu'Edouard Grand le remplaça, dès le 30 juillet 1^28, dans sa charge de contrôleur des fortifications ; en conséquence, nous arrêtons ici notre travail.

Nous n'avons malheureusement pu éviter certaines longueurs, qui tiennent surtout à la nature des recherches auxquelles nous nous sommes livré sur cette vie accidentée et ces occupations diverses. Si l'on ne conduit minutieusement le lecteur dans les plus petites circonstances, il risque fort de perdre la trace et de faire erreur sur l'attribution des ouvrages à chaque personne.

Parvenu au bout de notre tâche historique, il nous reste à fournir notre sentiment sur l'artiste, car on ne nous demandera certainement pas de tracer son portrait ou d'indiquer d'une manière précise la portée de son caractère.

Les contemporains seuls peuvent aborder cette tâche et, malheureusement, comme onl'a vu, ils n'ont pas même laissé une courte relation de son existence.

En conséquence, nous basant sur les faits qui nous sont parvenus, nous nous bornerons à faire remarquer ici que Perréal fut le précurseur immédiat d'une grande période artistique. Son existence a embrassé trois règnes, et il est mort au moment ou François P*" achevait de renouveler l'art français.

Il fut surtout un des premiers qui, par un sentiment irrésistible, ont importé en France le goût de l'antiquité. Nous devons seulement regretter qu'il ne se soit pas fixé à une seule branche des arts, au lieu de s'adonner simultanément au modelage, à la peinture, à l'architecture en même temps

qu'à des fonctions artistiques. Nous ne cloutons pas que s'il eût évité cet écueil où tant d'hommes, bien doués, ont fait et font encore naufrage, il eût marqué d'une manière plus précise dans l'histoire de son époque et y eût apporté une influence immédiate.

Malgré quelques défaillances résultant de son caractère, il eut une magnifique carrière et jouit d'une considération générale ; il méritait certainement que le XIX^ siècle et Lyon lui rendissent un hommage suprême.

Janvier 1872.

mmwwmwwiwr^

CHRONOLOGIE DES FAITS PRINCIPAUX, RELATIFS A PERRÉAL, RÉUNIS DANS CETTE NOTICE.

1472 Un Jehan de Paris fait exécuter le vitrail de l'église des Carmes de Tours.

1483 Un Jehan de Paris est valet de chambre dans la fourrière de la reine Charlotte.

1483 (21 avril). Jehan Perréal, dit de Paris, a Lyon, fait disposer le

charriot destiné au voyage du religieux minime François de Paule.

1484 Un Jehan de Paris habite Bourges et y est cité comme enlu-

mineur.

148^ (6 décembre). Jehan Perréal est employé aux travaux décoratifs de l'entrée, û; Lyon, du cardinal de Bourbon.

1489 II est employé aux travaux décoratifs de l'entrée, à Lyon, du

duc de Savoie.

1490 (Mars). Il dirige les préparatifs et décors de l'entrée, à Lyon,

du roi Charles VIII.

1491 11 peint des armoiries à la porte de Bourgneuf et à une pile du pont de la Saône, à Lyon.

» (6 décembre). Mariage de Charles VIII avec Anne de Bretagne -, Perréal aurait fait un tableau allégorique à cet événement.

1493 Perréal fait partie d'une commission chargée d'étudier la

construction de l'hôpital Saint-Eloi, a Lyon.

1494 (if mai). Il prépare l'entrée solennelle, à Lyon, de la reine

Anne de Bretagne.

>» Il fait un relevé de la colline de Saint-Sébastien dans le but d'y établir des fortifications.

I49f (22 février). Il accompagne Charles VIII en Italie et entre à Naples.

M (6 juillet). Bataille de Fornoue, retour.

» (22 septembre). Le roi écrit de Verceil, pour faire décharger des tailles et subsides Jehan Perréal, son valet de chambre et chirurgien ordinaire.

)> (7 novembre). Entrée solennelle de Charles VIII à Lyon.

1496 (21 décembre). Le roi est à Lyon; Perréal est signataire des statuts des peintres, verriers et tailleurs d'images de Lyon, approuvés à Lyon par le roi à cette date.

1498 {\" octobre). Perréal est cité comme peintre du roi.

1499 (10 juillet). Première entrée de Louis XII à Lyon; Perréal

en dirige les préparatifs • médaille de Louis XII et d'Anne de Bretagne.

If 00 (22 mai). Louis XII esta Lyon; tournoi à Ainay.

if02 (28 juillet). Perréal, accompagnant le roi en Italie, est à Milan où il dessine un enfant monstrueux.

M Commencement des travaux du tombeau du duc de Bretagne, à Nantes.

ifo] (22 mars). Il fait des projets pour l'entrée, à Lyon, de l'archiduc Philippe, fils de Maximilien. Louis XII arriva le 29 dans cette ville.

I5'04 II entre au service de Marguerite d'Autriche avec les fonctions de valet de chambre et peintre ordinaire.

lyo^' (23 avril). Prix fait de l'église et du couvent de Brou.

» (3 juin). Perréal reconnaît l'inventaire de la vaisselle d'or et d'argent du roi et de la reine, en qualité de garde.

ifo6 (14 août). Il dirige les préparatifs de l'entrée, à Lyon, de l'archevêque François de Rohan.

I ^07 (17 juillet). Deuxième entrée solennelle, à Lyon, de Louis XII ; Perréal en dirige les préparatifs. Le roi revenait d'Italie et avait passé à Lyon le ly mars.

1^09 (Janvier). Perréal s'occupe des travaux du pont du Rhône, à Lyon.

» (Mars). Il accompagne Louis X\l en Italie, y tombe malade et y est soigné par Symphorien Champier.

« (27 août). Perréal est cité comme contrôleur dans une délibération consulaire.

»» (if novembre). Il écrit, de Lyon, à Marguerite d'Autriche au sujet des travaux de Brou.

If I I (4 janvier). Il écrit, de Lyon, à Marguerite d'Autriche et à L. Barangier.

•< (Février). Lettre qui indique qu'il avait été, antérieurement, nommé contrôleur des travaux de Brou.

» (30 mars). 11 écrit, de Tours, à Barangier et explique que ses modèles du tombeau de Philibert le Beau sont prêts.

» (Septembre). Mort de Clément Trie.

» (3 décembre). Traité avec Michel Colombe pour le tombeau de Philibert le Beau.

If 12 (22 janvier). Perréal écrit au consulat de Lyon pour l'avertir des sentiments du roi à l'égard de l'administration de la ville.

» (20 juillet). Il écrit, de Blois, à Marguerite d'Autriche.

» (Septembre). 11 appuie une démarche auprès du roi, à Blois, pour que les fortifications de Lyon se fassent en haut de la colline Saint-Sébastien.

» (17 octobre). Il écrit encore, de Blois, à Marguerite d'Autriche.

» (Octobre). Il est remplace à Brou par Van Boghen.

If 14 (9 janvier). Perréal dirige les funérailles d'Anne de Bretagne, à Blois.

>) (Octobre). Il assiste au deuxième mariage de Louis XII et dirige les couturiers qui accommodent à la mode de France la nouvelle reine Marie d'Angleterre.

If If (i®' janvier). Il dirige les cérémonies et préparatifs des funérailles de Louis XII, à Paris.

^Î'T (30 juin). Il dirige les préparatifs de l'entrée, a Lyon, du connétable de Bourbon ;

» (12 juillet), ceux de l'entrée de François I®"";

» et (octobre), pour celle de la reine Claude qui eut lieu sans apparat le if novembre.

If 16 (2 mars). Entrée solennelle, à Lyon, de la reine Claude; les préparatifs sont dirigés par Perréal,

») (Juillet). Dessins en grand des tombeaux de Brou, exécutés par le peintre Jehan de Bruxelles (voir les additions et corrections de la page lOf).

ifiy (Août). Perréal est à Lyon. (Lettre écrite par Agrippa.)

»> Il fournit un tracé pour quelques constructions à l'hôpital du pont du Rhône.

15" 18 (Février-avril). Travaux de voirie, à Ljow, exécutés par le voyer E. Grand, sous la direction de Perréal.

j> (20 mars). Préparatifs pour l'entrée, à Lyon, du duc d'Urbin, lesquels ne sont pas utilisés parce que l'entrée n'eut pas lieu.

» (Août). Perréal réside à Lyon. (Lettre écrite à Agrippa.)

I5'22 (Juillet). Il figure sur les comptes de l'entrée de François 1"^ Lyon.

» (8 juillet). Perréal et son épouse élisent leur sépulture dans l'église de Saint-Nizier.

ip^ Il est noté comme valet de chambre du roi.

1 5'24 (i f mai). Travaux de fortifications, à Lyon, d'après les conseils de Perréal.

i P7 (3 août et 17 mai). Il est à la cour à Saint -Cermain-en-Laye. (Lettres de Cornélius Agrippa.)

1^28 (31 juillet). Nomination d'Edouard Grand comme contrôleur des ouvrages de réparations et fortifications de la ville de Lyon, probablement à la mort de Perréal.

IH' Mort d'Edouard Grand.

^^.^^rf^^^^q^rf^r^

Page 1