‹ Jenny Bell operacomique en trois actes paroles de M. Eugene ScribeChapitre 11 sur 87 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

JENNY

Vous me plaisez, d’abord, parce que vous êtes ruiné, et puis parce que vous êtes sans fatuité, sans prétention, et entin, la meilleure raison de toutes, c’est que vous rie m'aimez pas.

GEOÉGE, sc' récriant.

Quelle idée !

JENNY

J'en suis sûre!... je le parierais.

GEORGE, avec franchis#*.

Elt bien, oui, c’est vrai! J’adore la reine de nos salons... la jeune lady Clarence, la fille de lord Oldoborough, un de nos ministres. Mais ces hommes d’Etat veulent pour gendre des gens de mérite et de talent, qui aient de l'influence au parlement. Moi, je ne suis rien, je ne fais rien, et d’aujourdmui seulement je maudis mes dissipations, mes folies et ma jeunesse inoccupée.

JENNY

Courage, alors ! il est encore temps.

GEORGE

Eh non '... il n’est plus temps... il y a un mariage ou plutôt une combinaison ministérielle; on veut faire épouser lady Clarence au fils du duc de Giecnwich... un autre ministre... un amiral qui vient d’entrer au conseil.

JENNY

Et ce fils du duc de Greenwich est un sot.

GEORGE

Non pas! un ancien camarade à moi! savant, grave et studieux, ne s’occupant que de la politique et des affaires, ce

S |ui ne l’empêchait pas de sc battre et très-bien. Nous avons ait ensemble, sous son père, une campagne dans l'Inde... et deux fois par lui, par son sang-froid, j’ai été préservé d'une mort certaine.

En vérité?...

JENNY

C'est bien là ce qui me désole, bien plus, car, c’est comme un fait exprès, il a paye mes dettes, il a refusé pour moi une succession qu’un an après j’avais mangée. Enfin , je ne puis, sans me déshonorer, me battre avec lui, ni lui enlever sa fiancée, je dois même à tous les yeux, et aux siens, cacher mon amour pour lady Clarence, qui seule l'a deviné.

JENNY

Et qui vous aime... •

GEORGE

Que sais-je 1 ? peut-être bien ! Mais ces jeunes filles du grand rrtonde lie connaissent que le devoir, la famille, les convenances. Si son pere ordonne, elle obéira, elle me l’a dit; elle épousera lord Mortimer, qui, après tout, vaut mieux

3 ue moi, je suis obligé d’en convenir, et, dans mon dépit, ans ma rage, j'ai jure de fuir lady Clarenee, de renoncer à elle, de l'oublier; vous seule pouviez opérer cë miracle.

JENNY

Et vous m’avfez aimce...

UEORGE.

Je m'y efSorce du moins, et suis le seul qui n’y puisse réussir. Aussi cela devait me faire remarquer de vous comme un être à part, comme un phénomène.

JENNY, lui tendant la main.

Comme un ami!... et si jamais je pouvais vous être utile...

CÉOPCE.

Vous, Jenny!...

JENNYï

Qui Sait?... (ûu entend en dehors la cloclie 61 la voix de l'avertisseur.) l’avehtisseur.

Le second acte va commencer.

JENNY

Ah! mon Dieu!...

HENRIETTE

Mademoiselle est prête...

JENNY

Et voS dessins que ndus n avons pas regardés ! En voilà uil qui est charmant, celui-là aussi !

HENRIETTE

Choisissez!...

JENNY

Je n'en ai pas le temps... je suis dë la première ébène... je chante üion duo avec le ténor, ei je reviens...

HENRIETTE, a part.

Le duo... avec les roulades... je vais écouter!... (Haut.) Porterai-je le manteau de mademoiselle, de peur qu'elle ne s’enrhume?

JENNY, la remerciant»

Comme tu es bonne !

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