ACTE II
DODSON, riant.
Cela rentre dans mon état! Pour commencer je vais placer là sur ce guéridon les diamants, prétendus faux, que je lui ai promis. (Regardant.) Ah ! diable!
GEORGE
Qu'est-ce donc?
Il y a déjà là un autre écrin !
GEORGE, riant.
Pas possible! vous trouveriez la place prise ! c’est original! je suis sûr que ça ne vous est jamais arrivé.
DODSON, avec impatience.
Eh si!... Une lettre que je ne peux pas lire, mais un écrin que l’on peut ouvrir! (L'ouvrant.) De qui ça vient-il?
GEORGE
Pas de moi, je l’atteste !
DODSON regardant.
Des diamants superbes ! des vrais ! je m’y connais.
GEORGE
Pas aussi beaux que les vôtres.
DODSON
Pour le moins! et pourtant j’en apportais là pour dix mille livres.
GEORGE
Qui, jointes aux deux mille que vous allez me devoir... formeront une première mise de fonds bien aventurée.
DODSON
Non pas! quand je devrais employer les grands moyens! car les obstacles et la concurrence m’animent, et si les rivaux deviennent trop redoutables, moi qui ne cherche que le bruit et l’éclat, je tiens en réserve un moyen victorieux !
Je commence à trembler!
. J’épouse!
DODSON
GEORGE
Vous !
DODSON
C’est à la mode, dans l’aristocratie ! on a vu...
GEORGE
Des rois épouser des bergères.
DODSON
Et des lords épouser des danseuses! et c’est pour le coup que
l’on parlerait de moi ! que je verrais mon nom imprimé dans tous les journaux.
Il n’y a qu’une difficulté, c’est que Jenny refusera.
DODSON
Le titre de mistress Dodson ?
GEORGES
Je double mon pari !
DODSON
Je le tiens !
GEORGE
Quatre mille gujnées.
DODSON
Je les tiens. Mais j'ai des ordres à donner, ma surprise à préparer. Pardon, milord, et à ce soir. Vous verre?, vqjis yerre?.
(il sort par le fond.)