ACTE II
Ah ! c’en est fait, cette fois-là Son amour y succombera !
jenny, vocalisant pendant l'ensemble.
Ah! ah! ah!
Ah ! ah ! ah !
Ah! ah! ah!
Ah ! ah ! ah !
Ah ! ah ! ah !
DODSON
C'est pour moi d'un heureux présage ; Ce cœur si fier et si sauvage,
A moi, bientôt, se donnera !
HENRIETTE
L’amour ! la gloire et caetera !
Voyez ! voyez, que d’avantages Lorsque l’on est prima donna!
JENNY, donnait', à Henriette. le» lettres qu'elle a conservée*.
C’est bien, c’est bien ; mets de côté ces épîtres et brille toutes les autres! ..
LE DUC, à voix basse et passant près de Jenny qui se soutient à peine.
Jenny! Jenny! c’est admirable!...
J EÎSIS T .
Prenez garde, mylord, il peut nous voir !
LE DUC, montrant Mortimer.
Il ne voit rien ; il rêve à ses illusions détruites ! Encore un coup pareil et son amour n’en reviendra pas!
JEWSY, tremblante.
Vous ne craignez point que ce ne soit trop fort?...
LE DUC
Non, te dis-je. Il ne faut pas lui laisser le temps de revenir à lui, ou plutôt à toi!...
HENRIETTE, rentrant et s’approchant de Jenny.
Madame fera-t-elle pour ce soir une autre toilette?...
JENNY
Celle-ci suffira, je crois, en y ajoutant quelques diamants?
DODSON, lui montrant son écrin qui est sttr la table.
Les miens?
JENNY, riant.
Des diamants faux. (Montrant l'aune écrin.) Je préfère ceux-ci que j’ai reçus ce matin.
MORTIMER, se levant brusquement et allant & elle.
Et d’où viennent-ils? (s'arrêtant.) Pardon!...
JENINYj avec émotion et regardant le Duc.
D’une main qui m’est chère, d’un ami véritable!
DODSON, à demi-voix.
Et si mes diamants à moi l’étaient aussi... véritables?... (Geste
de colère de Jenny.)
MORTIMER, h part.
Qu'ose-t-il dire?...
DODSON
Si, comme un hommage rendu à la beauté et au talent, on
VOUS Suppliait de les accepter... (Geste de colère de Jenny, qui rencontre un regard du Duc, s'arrête cl garde le silence.)
MORTIMER, à part, arec colère.
Elle garde le silence !
DODSON, à part.
Elle se tait! ô bonheur!
MORTIMER, bas à Dodson.
Si elle accepte, monsieur, je vous brûle la cervelle...
DODSON, étonne' et effrayé.
Comment?...
Et à moi après.
MORTIMER
DODSON, vivement.
Vous d’abord, s’il vous plaît ! Ne vous occupez pas de moi ?
LE DUC, qui était à droite, a remonté le théâtre et se trouve à gauche, près de Mortimer, auquel il s'adresse à voix ba*se et avec un air de reproche.
Maintenant, je l’espère... nous partons?...
MORTIMER, à voix basse et avec trouble.
Oui, dans quelques minutes; je n’ai pas ici ma voiture.
LE DUC, à demi-voix.
J’ai la mienne ! (il sort.)
MORTIMER, bas à Dodson.
Vos armes?...
DODSON, de même.
Un instant. Je ne me bats pas avec un auteur de musique qui n’a rien à risquer. Moi, j’ai des millions.
MORTIMER, à demi-voix.
J’en ai aussi !
DODSON
Je suis... je suis orfèvre... je suis alderman.
MORTIMER, la lui glissant dans la main.
Voici ma carte.
DODSON, jetant les yeux dessus.
O ciel!... un lord... lord Mortimer!... (a part.) C’est différent. (a part.) Cela change mon plan de campagne, (a demi-voix.) A bientôt, milord!... vous aurez de mes nouvelles; à bientôt.
(il sort.)