SCENE VII
ALFRED, seul, songe quelques instants.
Ils viennent comme des anachronismes ces souhaits légendaires du vieillard. Jahvé! Jahvé ! ce grand nom tinte comme un Liiiit lointain et qui m'est étranger, moi trop moderne et déraciné de ma vraie Patrie. (11 sonne, timbre bruyant).
UN LAQUAIS, livrée de cercle.
Monsieur a sonné ?
ALFRED
Dites à Madame Jacob que je la prie de renir dans le Hall (Le domestique sort.) Irritantes cette attitude de ma belle-mère et cette attitude de ma femme. Irritantes parce qu'elles ont l'air de me blâmer. Irritantes surtout parce que je ne comprends pas bien les motifs de ce blâme, ou que, les entrevoyant, je ne puis les trouver sensés. Ce n'est pas la première fois. Un vent glacé souffle entre moi et Louise. J'en ressens une contraction intérieure qui m'assombrit l'existence. Est-ce par des paroles qu'on dissipe ces tourbillons malfaisants où l'esprit tourne comme une feuille sèche ? Le bruissement du gosier et des lèvres a-t-il cette vertu? Je veux l'essayer.