ACTE DEUXIÈME
LE VIEUX JACOB, exultant.
Ah ! mon sang, mon sang ! Oh ! mon petitfils joH !
MICHEL
Je pose donc en postulat que, premièrement, notre bon papa Jacob doit être assuré d'une croix de commandeur de l'ordre royal de Mingrélie. (il rit.)
LE VIEUX JACOB
Ah! mon sang, mon...
MICHEL, impatient.
Voyons, grand-père, tenez- vous tranquille; si on vous laissait faire, vous allez de nouveau nous dégoiser votre triomphal Jéricho!
Jéricho! qui vous fait ressembler à un coq de basse-cour lançant son cocorico 1 — Je pose deuxièmement que vous, mon Père, vous avez droit à un titre de noblesse à convenir. Je suis sûr que Schwambach a le sien garanti, et Klopstein aussi .
LE VIEUX JACOB
Tous les Juifs riches devraient être barons !
8o JÉRICHO
MICHEL
Quant à Muhlenschild, ce maître-piston de l'immense pompe aspirante qu'est la Banque, il en a obtenu déjà dix fois sa charge depuis que ce grand argentier pratique la clientèle des goussets couronnés. Il sera tôt ou tard dans le Gotha, dans le Golgotha comme ils disent. — Troisièmement, il y a lieu d'obtenir pour deux ou trois de nos parents, amis ou dévoués serviteurs, des postes à la cour, dans les fonctions du palais ou de la liste civile. La politique Israélite la plus récente, la politique tacite, sinon secrète, est qu'il faut des nôtres un peu partout, qu'il n'est point de citadelles ou de postes où nous ne devions avoir des intelligences. Notre grand Rabbin Saker Karsok l'expliquait encore très fortement au dernier Sabbat. Profitons de l'occasion. Ce n'est pas un devoir financier, c'est un devoir civique envers notre grande cité Universelle, Arche d'alliance supérieure pour nous à toutes les nations parmi lesquelles nous campons; (goguenard) parmi lesquelles nous campons comme un kyste dans les tissus musculaires.