‹ Jéricho; comédie-drame en trois actes et 24 scènesChapitre 41 sur 99 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

— « On voit bien que vous n'êtes pas de la Religion — Parce que je donne si peu? — Non, parce que vous n'auriez donné rien du tout. i> — Il faut clore le bec à ce méchant farceur, du moins ne pas l'encourager. Dès que nous pourrons nous passer de lui, je le casse aux gages.

Des augmentations ? Mais c'est un mauvais système et suranné. Savez- vous ce que fait Balenfelz, l'homme du grand bazar « A la Pro\idence des Humbles », le frère de Gédéon qui a fondé l'Assurance contre les accidents du travail « La Consolatrice des Affligés » où l'on carotte si bien sur le règlement des sinistres, et qui est sous l'invocation de la Vierge immaculée pour appâter les catholiques ? Quand il engage nul n'est plus accommodant. Doux comme le double curaçao blanc Fockink, il concède un appointement inespéré. Puis il laisse le bonhomme prendre ses aises, s'acclimater, régler sa vie, s'habituer à la pensée qu'il est dans une maison de tout repos. Quand il voit que le drôle tiendrait pour une calamité de devoir cher-

cher une autre place, il prétexte d'une crise pour le diminuer, et il le fait les lamies aux yeux II en est, dit-on, qu'il a successivement ramené ainsi machine en arrière à cinquante pour cent du salaire primitif. Je ne le dis pas pour lui faire tort. A l'homme d'affaires il faut des qualités spéciales, comme des serres au vautour et des dents en scie au requin.

ALFRED, à Ruben.

Refusez, refusez, en disant que c'est déjà bien heureux qu'on le maintienne au même chiffre. Ah! s'il était Israélite... peut-être. .

MICHEL

A propos de questions accessoires, puisqu'ils s'adjoignent des Juifs, si nous nous adjoignions un associé chrétien, im Paraventl Pour certaines conjonctures, c'est excellent comme auxiliaire, à la fois un bouclier, un otage, et ce que les oiseleurs nomment un appelant, une chanterelle. On s'en procure aisément; il suffit d'y mettre le prix, les « honoraires ».

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