ACTE DEUXIÈME
schild se découd, il se recoud d'autant dans la huitaine par un coup de bourse dont il fait inscrire le profit à son fameux compte Paratonnerre.
RUBEN
Nous n'y avons pas pourvu jusqu'ici. Nous aviserons. Pouvons-nous disposer de la même somme que l'an dernier ?
LE VIEUX JACOB
Soixante-cinq mille francs ! Ça fait pourtant treize mille pièces de cinq francs, et une seule pièce de cinq francs est déjà si difficile à gagner quand on n'est pas un malin.
MICHEL
Oui, en Transylvanie et quand on débute. Mais ici, je vous le disais tantôt, nous avons perfectionné la machine à dépouillement.
J'approuve, moi, les trois mille deux cent cinquante louis. Si votre réclame est bien faite, ils vous rapporteront le décuple. C'est promis dans la Bible, n'est-ce pas grand-père?
LE VIEUX JACOB, solenneL
« Comme j'ai veillé sur eux pour arracher et détruire, pareillement en aurai-je soin pour
bâtir, planter et moissonner, — parole d'Jahvé! »
ALFRED
Messieurs, la séance est levée, (ils se lèvent.)
LE VIEUX JACOB
C'est, je crois, l'heure où dame Régina arrive s'installer dans le Hall. Je lui laisse la place libre, j'ai une visite pressante. Au
revoir, Cia revoir, (il s'en va hâtivement.) RUBEN à Alfred et à Michel.
Un détail de petite administration. Cordier, l'un de nos deuxièmes commis, demande une augmentation. Il est bon employé, exact, capable, très soumis.
ALFRED, avec humeur.
Toujours des augmentations ! Très soumis ? Dites très frondeur. Raphaël Lumbach, son voisin de pupitre, par qui je fais sur^'ciller leurs propos dans le bureau, m'a révélé qu'il y raconte à demi-voix de sottes histoires antisémites. Pas plus loin qu'hier il disait avoir reçu la visite d'un pau\Te juif à qui il aurait fait charité de cinq francs et qui lui aurait dit :