ACTE DEUXIÈME
je pense à ma race, je me recharge d'énergie. Et finalement, que m'importent tous ces raisonnements : ma race est une façon de sentir et non de raisonner. C'est automatiquement qu'elle m'actionne Non, jamais je ne permettrai qu'un autre milieu me dévore et me résorbe! Qu'ils fassent de même et que la victoire aille au plus robuste... ou au plus habile. Par mon âpre besoin de domination sur eux, j'affirme que je suis d'une autre essence qu'eux, et je me crois, effrontément, inécrasable par eux. Rien que par esthétique je veux être de ma race. Ploutocratie, pas assez ! Judéocratie, voilà mon Idéal !
LE LAQUAIS, entrant.
Madame Scheerlingenthal vient faire visite à Monsieur.
MICHEL, doucereux.
M"* Débora Scheerlingenthal, l'ex-madame Félix Bonaventure, cette beauté professionnelle, encore chaude de son divorce, (insinuant et ricaneur.) Ta plus intime amie, cher Père. Je vous laisse en tête à tête.
ALFRED^ embarrassé.
Mais non, reste, tu me feras plaisir..., à elle
aussi. (Au laquais) Priez d'entrer. (Le laquais sort.)
MICHEL
Plaisir! tu crois? Moi je ne crois pas. (A
Débora qui entre, très élégante). Chsre et tres
belle Madame^ à vous mes hommages les plus respectueux et les plus admiratifs (il lui baise
cérémonieusement la main et se retire.)