‹ Jéricho; comédie-drame en trois actes et 24 scènesChapitre 93 sur 99 · SCENE XXIII · texte numérisé non relu

SCENE XXIII

DÉBORA, survenant.

Je rentre avec votre Père et votre sœur Noëmie. Ils m'ont quittée pour aller voir la malade. Ça va donc de mal en pis pour elle; selon ce que m'a dit le valet de chambre, les crises d'étouffement augmentent ! La phtisie achève de ronger les poumons.

MICHEL

Oui! la fin nous surprendra d'un moment à l'autre. Cette maladie est une plante qui pousse organiquement la mort, comme la santé pousse la vie.

DÉBORA, agitée.

Michel, je profite du moment. Vous êtes sans fadeur sentimentale; vous jugez l'existence en homme de guerre envisageant tous les accidents et leurs chances, et se décidant sans hésitation, chevauchant au-dessus des morts et des blessés fauchés dans les sillons. On peut vous parler crûment, surtout quand le temps presse. Vous ne vous congestionnez pas pour des fadaises, et les brusques conjonc-

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