ACTE TROISIÈME l8l
tures ne vous encotonnent pas les jambes. Louise va mourir! Votre père sera... libre. Vous savez qu'il m'aime.
MICHEL
Et vous l'aimez ?
DEBORA, énigmatique.
Probablement. Au surplus, indépendamment de toute passion... amoureuse, votre père est en très belle posture, et je veux ce mariage pour mon définitif établissement mondain.
MICHEL, railleur.
Et financier...?
DÉBORA, résolument.
Et financier.
MICHEL
Veuillez agréer l'expression de mon admiratif respect. Mariage d'inclination et de raison. Sait-on jamais, en pareil cas, si l'inclination n'est pas pour la dot et la raison pour la personne!
DEBORA, le frappant de son gant.
Subtil et discourtois plaisantin. Pensez
l82 JÉRICHO
cela et ne le dites pas. (Grave et lente) Je vous assure que j'ai... un goût... très vif... pour le... pour la... (Brusquement) enfin pour votre pèrel Mais quittons ce propos. (Avec décision) Puisje compter sur vous ? Je ne veux pas trébucher dans la victoire.
MICHEL, avec quelque ennui.
Mais oui. J'aurais peut-être préféré qu'il restât... libre. On est plus fort. Et pas de nouveaux héritiers. Mais vous l'avez ensorcelé et je ne perds pas mon temps à marchander avec l'inévitable, pas plus avec la mort de ma mère que la destinée m'impose qu'avec vos plans conjugaux. En homme, en soldat,
je me courbe et j'obéis. (Tendant la main)
Touchez là, c'est promis. Du reste, vous avez des qualités de combat et... d'apparat, précieuses. Vous me faites l'effet (se rapprochant très près... et sourdement) d'une belle brigande.
DÉBORA, frôleuse et lui tapotant la joue comme si c'était Alfred.
Flatteur, va!... Nous en reparlerons ..