‹ JérômeChapitre 8 sur 8 · J£ROM£. !I · texte numérisé non relu

J£ROM£. !I

. »Voiià mon épouse dis-je à mon- » sieur Derneval ; c'est vous qui l'avez » choisie , et je suis trop heureux de » ratifier vos engagemens. — Hé bien , )> .mesdames, que vous ai- je dit? j'ai » acquis une grande connaissance du » cœur humain, et j'étais jCertain d'avoir » lu dans celui de notre jeune ami. — >ï Dites -moi, par grâce, mon général , » à qui je dois ce bien de cent mille » écus ; qui de vpus se plaît à me cour- » ber sous le poids des bienfaits ? r— n Mon ami, deux cents mille francs des V rentrées de madame Ruder; l'ennemi » a fourni le reste. — Elle me donne » tout son bien ! vous y joignez la plus j> .forte part de ce qu'a conquis* votre

» épée ! — je ne peux je ne dois

3» pas. .... » U me fut impossible d'en dire davantage. J'ouvris mes bras; ils me pressèrent dans les leurs; Thérèse nous* serraient tous dans les siçns ; nous for- Qiions le plus intéressant des groupes :

l^mour.et l'amitié nous avaient plac^.

^Peu de jours après on rédigea le

a3o JEROME.

contrat Je voulus en régler les articles.

<i Ma pension, me dit madame Ruder, » suffît au nécessaire, et me permet » même de donner quelque chose à mes » plaisirs. Nous sommes convenus d'être » toujours amis , et les dons de Famitié » n'humilient pas. Dix mille livres de » rente, reprit monsieur Rinaldi, et le » bonheur de ma fille, c'est plus qu'il » n'en £aut pour ne pas maigrir. Je suis » assez riche, continua le général, pour >» que le cadeau que je vous £ads ne change » rien au train de ma maison. Pour la j» dernière fois, je parle en supérieur; » cédez, je le veux ».

Monsieur l'archevêque nous donna la \ bénédiction nuptiale. Il nous fit une

exhortation courte et pleine de sens.

Beaucoup de marieurs, qui ne disent que des niaiseries aux mariés, ne feraient pas mal de se servir désormais de ceci :

« Je vous unis sous la condition er- » presse que vous vous aimez. C'est un » rapt qu'un mariage contracté sans » amoun II est nouveau, je le sais, d'en-

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* tendre prononcer le mot amour au D pied des autels; mais ce sentiment seul » déterminait les patriarches, et Dieu a » béni leurs mariages. La personne ne j) doit apparteniir en effet qu'à celui qui » en possède le cœur. Jouir des droits ï> de Thym en sans les tenir des mains » de Tamour, c'est les usurper.

» Lorsque deux cœurs se sont mu- ?) tuellement donnés, ils ont droit d'at-^ » tendre du retour et de la constance.

» Le nœud sacré du mariage légitime ces p sentimens; la religion les consacre , » sous la clause tacite qu'ils seront réci- » proques, car la religion elle-même ne » doit rien commander d'in^possible.

» Consolide? votre tendresse en lui » donnant pour appui la vertu. Si elle y n'avait d'objet que la beauté, les grâces » et la jeunesse, elle s'éteindrait avec » ces avantages passagers; si elle est éta- >)blie sur des qualités estimables, cIIq » est à l'épreuve du temps.

«Pour être en droit d'exiger qu'on yi vous ai^ie, travaillez constamment à

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*le mériter : il est aussi doux de con- » server un cœur que dé le conquérir.

«Souvenez -vous y surtout, que vous » n'aurez rien fait pour vos enfans parce » que vous leur aurez. c^onné l'être. La » mère qui refuse son^éin à l'innocente j» créature, qui là conjure par ses cris est » une mère dénaturée; le père qui ué- » glige de former lui-raêttie le jugement » de son fils, de lui inspirer le goût »des mœurs et de la vertu, perd ses.

» droits à son respect et à sa recon- » naissance.

» Je vous ai indiqué en peu de mots » les devoirs que vous avez à remplir.

i> Persuadez-vous que c'est à leur aç- )2 complis^emfeiit qu^e tient votre féli- » cité. y> / ' \

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