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Jérôme Napoléon et la Pologne en 1812

La guerre de 1812 ne doit pas être envisagée seulement comme un duel entre la France napoléonienne et la Russie. C’est une grande entreprise dont les associés participants sont nombreux. C’est parce qu’il y a une Angleterre et une Espagne engagées avec Napoléon dans une lutte chaque jour plus grave, qu’Alexandre ose prendre l'attitude qui fera éclater la « guerre nationale ». C’est parce que les intérêts de tant d'Etats sont plus ou moins enchevêtrés dans ceux de Napoléon que ces Etats ne pourront se refuser à marcher à ses côtés et qu'il commandera « l’armée des vingt nations ».

L'importance de ces alliés est telle pour l'Empereur que, faute de leur apport en forces et de l’appoint moral qu’ils fournissent, il eut dû renoncer à toute action contre la Russie. Quand il prépare cette guerre, on sent son activité entravée par les complications, les contradictions qu'entraîne la sollaboration d’auxiliaires si différents de tendances et d’inté rêts, certains étrangers, d’autres hostiles même au but qu’il pouvait se proposer.

Aucune coalition n'est facile à électriser et les éblouissants succès de l’armée d'Italie (1796-7) ont été pour ce motif plus faciles à remporter que la victoire de Wagram, point d’aboutissement de nombreuses collaborations. En 1812, le rôle des auxiliaires est capital : l’effort français est comme enlisé dans l’atonie générale qu’on constate en eux. L’incendie de Moscou et la catastrophe que fut la retraite, nous masquent trop, encore aujourd’hui, le fait que l’échec de l’entreprise était inclus dans le principe de son organisation. Elle reposait sur la plus large participation des alliés de l'Empereur qui, ne pouvant la lui refuser, ne la lui accordaient que pour cette raison. Ceci est clair, quand il s’agit de l'Autriche ou de la Prusse qui n’ont que de sérieux motifs de résister à Napoléon. Ceci n’est pas même douteux pour le Wurtemberg ou la Bavière dont les souverains pourtant doivent tout à l'Empereur. Ceci est tout à fait typique, quand il s’agit de la Westphalie et du Duché de Varsovie, créés par lui et voués de ce fait à partager jusqu’au bout sa fortune.

Jérôme Napoléon, roi de Westphalie est, de toute la famille impériale, l’homme le mieux placé pour suivre la question des

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