‹ Jérôme Napoléon et la Pologne en 1812Chapitre 12 sur 97 · LÉ DIS · texte numérisé non relu

LÉ DIS

encore à l’état L'oNPEUne, ne nuisent en rien au prestige du roi.

D'autre part, Skarbek remarque que quand « les guerriers des Légions polonaises reprenaient tous le chemin de la patrie », « quand chaque légionnaire était l’objet du respect et de l’affection du peuple » qui voyait « en lui un guerrier expérimenté et un Polonais qu’illustre son patriotisme », «une notable partie d’entre eux est restée près du corps français qui sous Jérôme Bonaparte avait assiégé les forteresses saxonnes »5. Lorsque le 10 décembre 1807, Jérôme fit sa royale entrée dans Cassel, sa capitale, les lanciers de la Légion dite de la Vistule, réarmée par lui en Silésie, caracolaient autour des carrosses sous les regards éblouis des Westphaliens 6. Le 23 sont annoncés à Jérôme 3.000 recrues polonaises 7. Le 13 janvier 1808, il y a en Westphalie 9.609 soldats polonais $, chiffre considérable et qui fait l’objet d’une discussion entre l’Empereur et Jérôme, lequel doit entretenir en Westphalie pour assurer sa sécurité et soulager le trésor de l’Empire français 12.500 soldats français, sans parler d’une armée de 12.500 westphaliens?. Ces derniers touchent une solde inférieure à celle des Français : or, Jérôme estime que les Polonais doivent recevoir la solde française et le libérer ainsi de l’entretien de 9.600 Français, ce qui lui permettra de lever beaucoup de westphaliens, « le pays voyant avec peine, dit-il, que je me fasse garder par des étrangers » 1. Napoléon,

par contre, regarde les Polonais comme devant être à la solde

westphalienne. Etrange conception : ce ne sont ni des Westphaliens, ni des mercenaires de Jérôme. C’est le maréchal Mortier qui les a ramenés de Pologne . Le roi remarque avec raison que cela peut les mécontenter et prie son frère de lui laisser seulement 200 lanciers, vétérans d'Italie qu’il a choisis comme chevau-légers. Napoléon laisse 64 lanciers et 3 offi-

(5) SKARBEK (FRYDERYK HR.), Dzieje Xiestwa Warszawskiego. Poznan, Zupanski, 1860, 2 vol. in-8°, tome 1°, p. 159. (6) MARTINET (André), Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, Ollendorf,

1902, 285, p. in-8°, p. 31.

(7) Mémoires du E Jérôme. tome 3, Jérôme à Napoléon, p. 119-120. (8) Idem, tome 3, Jérôme à Napoléon Catharinenthal 13 janvier,

(9) Idem, tome 3, Rapport de Beugnot, Jollivet et Siméon, 23 dé-

cembre, p. 91.

(10) Idem, tome 3, p. 120, 127, Jérôme à Napoléon, 23, 29 décembre. 1) ROSTWOROWSEI, Materialy do dziejow Komisyi Rzadzacei, tre,

or ce

ciers déjà incorporés dans la garde de Jérôme, avec la perspective d’un renfort pris sur 1.800 recrues polonaises qu’on attend 22. L'Empereur sentant que son frère ne se séparail des Polonais qu’à son corps défendant , a essayé de le séduire, tout en restant intraitable : « Si vous voulez que je vous estime, lui écrit-il, que je continue à vous protéger, à agrandir vos Etats, il faut que je voie. que vous voulez avoir une armée, être puissant Gardez done les Polonais, disciplinez-les, et attachez-les à vous et, au lieu de 20.000 hommes que vous devez à la Confédération, ayez-en 40.000 » %. T1 n'oublie que de lui assurer les moyens pécuniaires de réaliser ce tour de force. Autre bizarrerie, en contradiction avec ce qui précède, avec ce que Napoléon fait lui-même; dans ses instructions à Jérôme touchant sa garde, il dit : « Il est très important que le quart de ces 1.200 hommes soient Français; il ne faut pas y mettre de Polonais » #.

La légion de la Vistule ira en Espagne 5; la Westphalie sera d’ailleurs traversée par des contingents du Grand-Duché qui s’y rendent aussi dès 1808 15. À défaut d'hommes, Jérôme se procure des cadres polonais : au début de 1809, un quart des officiers de l’armée westphalienne étaient français ou polonais 17, [1 semble qu'il ait été aidé dans ce recrutement par le Général Grabowski demeuré près de lui jusqu’au 12 mars 1808 et qu'il recommande à l'Empereur de comprendre parmi les généraux polonais « auxquels il a accordé des grâces en Pologne » 18. De «es officiers quelques-uns nous sont connus : c’est d’abord le Comte Joseph Kalinowski, propriétaire wolhynien, combattant de 1807, dont Murat a recommandé au Prince Joseph de faire un chef d’escadron #, puis qui, ayant enlevé une demoiselle Potocka, passe en Westphalie comme colonel

(12) Mémoires du roi Jérôme, tome 3, p. 219-220, 236, 241, 245, 247-8, 253; 4 janvier au 12 mars.

(13) MARTINET, Jérôme Napoléon, roi de Westphalie, p. 45-6, 30 janvier 1808.

(14) Mémoires du roi Jérôme, t. 3, p. 220, Napoléon à Jérôme, Paris, 5 janvier 1808.

(15) Correspondance de Napoléon (Picard), t. 2, p. 112, n° 1690, 19 mars 1808; p. 100 n° 1673, 4 mars 1808; p. 114, n° 1695, 10 mars; p. 150, n° 1758, Saint-Cloud, 28 mars; p. 152, n° 1762, 29 mars 1808.

(16) GEMBARZEwSkI, Wojsko polskie (1807-14), Varsovie, Gebethner, xu-362-53 in-folio, p. 65. :

(17) Mémoires de Jérôme, tome 3, p. 333.

(18) Mémoires de Jérôme, tome 3, p. 253.

(19) Archiwum Glowne Akt dawnych, n° 2019 Correspondance de 3

princes français avec le Prince Poniatowski, folio 18, Finkenstein. Bb avril 1807.

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