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qui mettent en déroute les bandes de Dôrnberg 5. Le récit du « témoin oculaire » qui a pu servir à Bignon, tant il est pareil, encore que Jérôme soit pour lui « Buonaparte », abonde en mots flatteurs pour le roi : par lui nous savons que Wolf est ce « juif qui servait dans les chevau-légers de la garde » **. Les Polonais ont done joué leur rôle dans cet événement bien westphalien. Le secrétaire de la Légation de France à Cassel, Lefebvre, écrira dans son Histoire des cabinets de l’Europe des phrases identiques avec un éloge de Jérôme « admirable de sang-froid, de grandeur d’âme dans ces difficiles conjonctures », et aussi des troupes, surtout « du détachement de cuirassiers parti le 22 pour dissiper la révolte et qui résista aux paroles par lesquelles on essaya de l’entraîner », de la cavalerie qui le 23 « chargea avec vigueur » 5. Sorel remarque : « Devant le péril instant, Jérôme montre un courage personnel qui ne lui manqua jamais, mais c’est le courage du sous-lieutenant surpris qui se débat; ce n’est point le sang-froid du chef d'état, du chef d'armée » 56. Masson, pourtant hostile, n’a pas nié la fermeté du jeune roi armant employés français, domestiques et tenant en respect la garde qui n’ose bouger ‘7. L'historien allemand Kleinschmidt a montré Jérôme que Catherine supplie d'abandonner le pays, l’envoyant à Strasbourg, et déployant sur place l'intrépidité qui le caractérisait ‘8. Tout ceci est fort bien; mais, eut-il été Bayard, Jérôme, à la tête de ses laquais armés de vieilles pertuisanes, se fut fait asommer et désarmer comme un simple Don Quichotte, s'il n'avait eu quelques cadres solides et un noyau de troupes sûres. Un quart de cadres franco-polonais résolus, se risquant
(53) Nonvixs (J. de), Mémorial publié par de Lanzac de Laborie, Paris, Plon, 1897, 3 vol. in-8°, t. 3, p. 257, 259, 2983. Mémoires de Jérôme, t. 4, p. 319. — Norvins, Histoire de Napoléon, Paris, Furnes, 1839, 646 p. in-8°, p. 384.
(4) Un témoin oculaire : Le royaume de Westphalie, p. 119, 152-153; « noble résolution, conduite chevaleresque ».
(55) LereBvre, Histoire des cabinets de l’Europe, t. 4, p. 158. Si d’ailue Lefebvre n’est pas le témoin oculaire, il a dû l’approcher de bien 5 (6) SOREL (Albert), L'Europe et la Révolution française, 7° partie,
(57) Masson, Napoléon et sa famille, t. AD Est
(58) KrEINscHmipr, Geschichte des Kônigsreichs Westfalen, p 239-249 et p. 49. Personlicher Mut und Unerschrockenheit in der Gefahr sind immanente Eïigenschaften einer charakterfesten. Natur und nur Verleumder konnten Jerome diese absprechen ihn feige nennen; bei Dürnsberg Aufstand verlor er ein Moment die Fassung, doch rafîfte er sich rasch wieder auf und benahm sich mannlich.