CE, PRES
à fond, un quart d’Allemands convaincus qu’on ne pouvait rien contre les Français 5’, un quart d’irrésolus, c’en était fait du dernier quart trop surveillé pour agir. Quelques artilleurs bien en main, un escadron de chevau-légers polonais chargeant
à propos et que les cuirassiers sentent à côté d’eux %, et l’équi-
pée Dôrnberg prenait fin. Quelques mois plus tard, Jérôme dira très franchement au Polonais Pakosz : « Je me suis trouvé dans de pénibles circonstances sans confiance dans d'autres soldats que mes lanciers polonais et mes propres serviteurs » (1,
Après Dôrnberg, Schill, qui sera tué le 31 mai à Stralsund, ce qu'apprendra Jérôme le 14 juin®%. Or, le général Candras, attaqué par Schill en Poméranie, se sera trouvé un jour ne pouvoir « plus compter que sur 140 chevaux du 4e régiment de chasseurs polonais, braves gens, mais très peu nombreux %. C’est toujours la même note.
Enfin Jérôme prend part à la guerre de 1809 : c’est un fait qu’« investi d’une mission de confiance », il sera « plus lent, plus irrésolu que les Autrichiens, maladroit et soldat à regret » $%. Le « témoin oculaire » a vu à l'arrière des choses amusantes %. Masson a épuisé tout ce qu’on pouvait déverser de ridicule sur sa victime de prédilection : il a été très spirituel 56. Ce n'était pas pour Jérôme le moment de l'être, avec des soldats peu sûrs, démoralisés par une propagande prussienne intense, marchant moins contre l'Autriche que contre le duc de Brunswick-OEls qui a chassé de Dresde Frédérie- Auguste et s'apprête à chasser Jérôme de Cassel. Parmi ses généraux, certains sont des apprentis, jaloux l’un de l’autre, sans esprit de coordination; Kellerman et Junot, vieux routiers placés en réserve, dédaignent leurs suggestions. Et pourtant, les états feudataires, Hollande, Westphalie, Saxe, jouèrent alors le rôle pour lequel ils avaient été créés, s’entr’aidant et .
(59) Idem, p. 239, Cte de Malsburg, Pce de Hesse — Philipstadt, etc.
(60) KXremscHmiptT parle aussi des cuirassiers et des chevau-légers, p. 241 et 242.
(61) Niemcewicz, Mémoires, t. 1°, p. 22-23.
(62) Mémoires de Jérôme, t. 4, p. 147. Jérôme à Napoléon, Leipzig, 27 juin 1809.
(63) Mémoires de Jérôme, t. 4, p. 106. Liebert au Major Général, Stettin, 30 mai. + à
(64) BourcGgois (Emile), Manuel historique de Politique étrangère, t. 2, Les Révolutions, p. 423.
(65) Un témoin oculaire, Le royaume de Westphalie, p. 116-117. KLescamipT dit « so lächerlich >, p- 285.
(66) Masson, Napoléon et sa famille, t. 4, p. 316-323.
LG
couvrant l’Empire. On trouve naturel que le roi de Saxe ait fui de Dresde à Francfort, tandis que les Autrichiens prenaient sa seconde capitale Varsovie. Et c’est Jérôme qui, ayant reconquis à Frédéric-Auguste Leipzig et Dresde ‘7, entre les incursions de Schill et de Brunswick-OEls, fait figure de personnage ridicule. Ridieule, il l'est pour Napoléon, pour nous; il ne le fut pas pour tout le monde.
D'abord, Jérôme, au lieu de se précipiter au secours de Frédéric-Auguste, « s’absorbe dans les noces de son excellent ami Furstenstein avec Mile de Hardenberg, nièce du ministre prussien. Rien n'est trop beau pour une telle alliance. Fêtes sur fêtes : la merveilleuse corbeille est un don du roi et c’est au palais royal qu’on soupe et qu'on danse » $. Il est entendu que Jérôme est un fou. Pourtant, s’il s'agissait d’un autre, on pourrait dire : roi récent, sans racines encore sous lui, inquiété par des incursions, des soulèvements, il a trouvé moyen de marier son ministre, compatriote et ami dans une des familles les plus influentes du pays; il a donné au ralliement de cette famille le plus grand éclat et par là découragé les dissidences dans la masse qui s’est persuadée que de si hautes personnalités devaient avoir des raisons solides de croire à Pavenir de Ia monarchie. Jérôme eut done dix fois raison de réaliser ce mariage sous cette forme avant de partir en campagne.
Le 14 juin, il à appris la fin de Schill, le 15, la prise de Dresde par les Austro-Brunswickois, le départ de Frédéric- Auguste de Leipzig pour Francfort, « ce qui a mis le désordre dans toute la Saxe » %. Le 16, le roi quitte Cassel; le 24 D’Albignae à la tête de 1.000 cavaliers se fraye un chemin jusqu’à Leipzig où Jérôme entre le 26, écrivant à l'Empereur : « Je ne dois pas cacher à V. M. qu’il serait urgent que le roi de Saxe revint dans ses Etats, vu que l'esprit y devient très mauvais © et que les Autrichiens s’y conduisent très bien. J'ai écrit au roi de Saxe à cet effet ». Cette même lettre montre Jérôme obligé d’impressionner l’ennemi par de courts et
(67) Norvixs dit pompeusement : L'armée du roi de Westphalie forte de 15.006 avait expulsé les Autrichiens de Leipzig et de Dresde (Histoire de Napoléon, p. 391.
(68) Masson, Napoléon et sa famille, tome 4, p. 314.
(69) Mémoires du roi Jérôme, tome 4, p. 147, Jérôme à Napoléon, Leipzig, 27 juin.
.(70) KLEINSCHMIDT (p. 286) dit: « Besonders klagte das Volk über die schlechte Aufführung des sachsischen Truppen ».