SAT. ER
de sa résignation au rétablissement intégral de la Pologne » 155,
Vandal a montré l’ambassadeur russe à Vienne, Schouvalof « terrifié » par le mariage autrichien, les gens de cour à Pétersbourg jetant la pierre à la tsarine-mère, les sombres pronostics des Russes #6, Alexandre qui à envoyé son refus le 4 février, et en a reçu un de Champagny daté du 8, se prétend « joué par la Cour des Tuileries, l’accusant d’avoir mené de front deux négociations ». « La Russie en prit beaucoup d'humeur ». « Alexandre saisi s’écria : « Me voilà renvoyé au fond de mes forêts » 157. Il est clair qu’Alexandre ayant joué au plus fin et d’ailleurs acculé, n’agissant que poussé par la peur, a dans la main un désistement de Napoléon à la main de sa sœur accompagné de l’annonce d’un mariage non moins brillant, et un refus de s'opposer au rétablissement de la Pologne. II est clair que doublement blessé dans son amour propre, il n’y a plus aucun compromis à tenter avec lui. Cette situation qui est son œuvre, l’effraye : le voilà condamné à un duel à mort. Il reprend le regard fixe d’avant Austerlitz Czartoryski reparaît à ses côtés 158,
Napoléon n’eut pu obtenir la main de la grande duchesse Anne que contre l’abandon de la Pologne. Avant la double négociation relative à ce pays et au mariage russe, Jérôme pouvait se bercer de l'espoir de régner sur une Pologne qui eut été l’état tampon, voire le trait d'union entre Napoléon et Alexandre. Depuis qu’une archiduchesse a été précipitée dans les bras de Napoléon, et que celui-ci a refusé de se déclarer opposé au rétablissement du royaume de Pologne, le duché rest plus qu’un enjeu et un champ de bataille pour les deux colosses qui vont se mesurer : dès 1810 un trône en Pologne ne promet pas d’être pour Jérôme un siège confortable, moelleux et de tout repos. Pendant qu'il était à Paris, la rumeur publique à Cassel réunissait la Hollande à la France, plaçait Louis en Westphalie, l’envoyait lui, Jérôme, à Lisbonne “° on ne voit plus ensuite qu’il ait pensé à régner en Pologne,
(155) LereBvre, Histoire des cabinets de l’Europe, t. 5, p. 19-20,
(156) Vaxpaz, Napoléon et Alexandre, t. 2, p. 296, 298.
(157) ne Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, t. 1, p. 253; t. 3, p. 434-6; £ 2, D:576.
(58) Waziszewski, Le règne d’Alexandre, t. 1, p. 312. Voir Czartoryski (Ladislas), Alexandre 1° et le Prince Czartoryski : Correspondance particulière et conversations (1801-1823) avec introduction par Mazade (Paris, Michel Lévy 1865, 371 p. in-8°, p. 102)
(59) KLEeINscHMIDT, Histoire du royaume de Westphalie, p. 348.