CIRCULAIRE DE CONSPIRATION
« Citoyens,
ic Nommez-moi, nommez l'homme qui vous parle. Il a le « droit de parler haut; il porte les stigmates des fers de la « royauté : il a connu les oubliettes de la monarchie. Tandis « que d'autres pactisaient avec le pouvoir et se laissaient « corrompre en secret par l'or des tyrans, lui ne savait qu'op- « poser sa poilrine au fer des séides. Ce qu'il a souffert pour « le peuple, demandez-le aux cabanons du mont Saint-Michol « et à cette paille humide qui recevait son corps exténué. « Entre nous, peuple, les preuves sont faites, les gages sont « donnés. Je suis un des martyrs do ta cause; vois mes plaies. :( Pendant que tu souffrais, je conspirais. Tu souffres encore, « je conspire enc*^re. Je conspirerai tant que tu souffriras. ;( La prison, ça me connaît ; elle est l'orgueil et le délasse- « ment des âmes en dessous et des existences méditatives
« Nommez-moi ! »
CIRCULAIRE d'origine.
« Citoyens,
« Je suis lils d'un constituant et par conséquent du bois « dont on les fait. Mon père a vécu dans rintiniilc des Mira-
« beau et des Lameth ; c'est assez vous dire que je manquerai « à l'assemblée si vous ne m'y envoyez pas.
« Permettez-moi de rappeler un seul fait pour mieux c'clai- (i rer votre choix. Après l'événement de Varenncs, lorsque « le roi fugitif fut ramené à Paris, mon père, qu'unissaient (i à Darnave des rapports d'amilié, crut remarquer chez ce « constituant un secret retour vers la famille royale. L'i- « mage de la reine poursuivait le jeune tribun. — Tiens-loi « bien, Barnave, s'écria mon père avec un stoïcisme digiie « de cette âme pure. Le mot est resté.
« C'est assez vous dire ce que nous sommes, ce que nous « valons. Nommez-moi! »
CinCULAlRE D UN DIEU INACnEVE.
« Citoyens,
« Les temps sont venus. Trop peu d'hommes vivent du « produit net. La loi de la production n'est point fixée. L? « vieux monde et la vieille économie politique s'écroulent. « Malthus a fait son temps. 11 est urgent de prendre un « parti.
« Nommez-moi !
a Je pourrais vous dire sur-le-champ mon secret, j'aime « mieux vous le faire attendre indélinimcnt. Je suis prêt à « recevoir vos adorations; c'est tout ce que ma dignité me « permet. Qi^ant à prononcer mon dernier mot, impossible. « Jamais ça ne se fait. Demandez aux dieux de l'antiquité. « Toujours des nuages autour d'eux. C'est humide, mais on « s'y fait. J'ai mon nuage; serais-je dieu sans cela?
(( Nommez-moi ! »