PATUROT PUBLICISTE OFFICIEL. — SON AMI LE DOCTEUR
Jérôme poursuivit le récit de ses aventures :
Mes recheiches furent longues avant de pouvoir retrouver Saint-Ernest. Il me fallut frapper de porte en porte, de logement en logement , suivre pour ainsi dire sa piste. Quatre fois il avait déménagé depuis que nous nous étions perdus de vue, et , dans un intérêt facile à deviner, chaque déménagemf>nt le transportait d'un pôle à l'autre de Paris. Enfin, rue Sainî-Pierre-Montmartre, un bienheureux concierge me répondit :
«Le docteur Saint-Ernest ! c'est ici , Monsieur: au premier, la porte en face »
Au premier ! Saint-Ernest au premier ! Je croyais rêver. A coup sûr il avait fait quelque héritage. Lui , docteur novice et dépourvu de malades , se loger au premier et dans une maison magnifique à six croisées de façade, avec un escalier ciré ! c'était à ne pas le croire. Le concierge, en prononçant son nom , avait pris un accent caressant : il s'était montré serviable, honnête. Évidemment une révolution s'était opérée dans la fortune de mon ami. Les journaux venaient de parler d'un étudiant qui avait gagné un château aux loteries allemandes ; peut-être était-ce lui : le sort est si bizarre.
Ces réflexions m'accompagnèrent jusque sur le palier de son logement. La porte était d'un fort beau bois , avec des ornements du meilleur goût", mais dans le panneau le plus vaste et à la hauteur de l'œil se trouvait un écusson en cuivre poli
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qui donnait la clef de ce luxe et expliquait ceuc soudaine opulence. On y lisait :