CLICHT. — LÀ VISITE DU PHILANTHROPE. — LE MONT-DE-PIÉTÉ
Il existe , dans le cercle des relations sociales , une foule d'exploitations qui ne pèsent en général que sur les hommes éprouvés par l'adversité. Les riches y échappent ou ne les subissent que volontairement ; les classes aisées, les existences régulières n'en sont point atteintes. Le malheur seul reste donc le principal aliment de plusieurs industries , à partir de l'escompteur pour arriver au geôlier, en passant par l'huissier ^t le garde du commerce. Il faut que tout ce monde vive sur les positions embarrassées, les impose et les aggrave. Dès qu'on a descendu le premier degré de cette échelle fatale , on est livré à des mains qui , de charge en charge et d'expédient en expédient , conduisent infailliblement un homme à l'abîme. Vraiment la société n'a pas assez d'entrailles pour les êtres qu'atteint une sorte de déchéance ; elle est tenue à plus de protection et plus d'appui envers ceux qui tombent; elle devrait empêcher qu'on ne se partageât ainsi leur dépouille. La chute est assez lourde et l'expiation assez cruelle pour qu'on n'y ajoute pas les tortures de l'exploitation la plus ingénieuse et la plus raffinée.
Sans rien dire ici qui puisse blesser aucune classe, et en rendant justice à ce qu'il y a d'honorable dans toutes , il suffit de jeter un coup d'œil sur ce qui se passe au vu et au su de chacun. Dans les termes les plus ordinaires, et surtout pour les sommes modiques , une somme se double par les frais de la procédure , et celui qui avec deux cent cinquante francs se serait libéré avant toute poursuite , ne voit guère lever son écrou à moins de cinq cents francs, quand les choses en sont allées jusqu'à l'incarcération. Les efforts désespérés qu'il a faits pour éluder la captivité ou pour en re-
406 JÉRÔME PATDROT
culer le moment sont autant d'ajouté aux difficultés et souvent à l'impossibilité de la délivrance. On a vu quelquefois les charges s'élever dans une proportion plus forte encore, en dépit de la surveillance des magistrats et même des prescriptions de la loi. Sous le poids d'une servitude corporelle et d'un embarras de position , un homme ne conserve jamais l'idée bien nette de son droit , et devient presque toujours une victime résignée ; il ne se défend plus, il s'abandonne. Ce serait alors que la tutelle publique devrait intervenir d'une manière plus efficace , couvrir ces malheureux et les arracher à l'exaction. Des mesures bien simples suffiraient pour cela : un tarif de frais extrêmement modéré et une pénalité rigoureuse contre les hommes qui , en y dérogeant , essaieraient d'abuser de l'infortune. Avec une réforme dans ce sens et quelques exemples sévères, la chasse donnée au malheur n'aboutirait plus à une curée.
J'avais passé près de vingt-quatre heures à Clichy, sans que personne fût venu m'y voir, et, de la part de Malvina, un si long retard m' étonnait. Je n'accusais pas son cœur , mais je craignais quelque nouvelle catastrophe. Tant de secousses avaient ébranlé mon cerveau , que les idées les plus sombres l'assiégeaient. Seul dans ma cellule , je me laissais aller à un profond désespoir, quand un bruit me réveilla. C'était elle , c'était ma femme ; elle se jeta à mon cou , les yeux inondés de larmes :
« Mon Jérôme, s'écria-t-elle, enfin je t'ai rejoint; ça n'est pas malheureux. Oh! ces cerbères de porte-clefs! j'ai cru que je n'en finirais pas. Tiens, que je t'embrasse encore, mon homme , ajouta-t-elle en se jetant dans mes bras. Vrai ! j'ai pensé mourir deux cent cinquante fois depuis hier. J'en pleurais des ruisseaux de larmes. Toi ici ! Dieu ! si ce pauvre oncle vivait ! »
Elle sanglotait , et disait tout cela d'une manière entrecoupée , en m'çmbrassant et s'essuyant les yeux.
« Oui , Malvina , voilà où je suis venu aboutir, à Clichy ! La leçon est rude : plus d'amis , plus personne.
— Et ta femme donc , Jérôme ! Pourquoi oubliez-vous votre femme, Monsieur ? 11 ne faut pas m'en vouloir, mon ami : je suis venue deux fois hier, mais porte de bois. Passé trois heures, plus d'entrée. Ça n'est pas tout : pour arriver ici , il faut un permis de la police , rue de Jérusalem , au fond de la cour, un particulier roide comme un clou. J'y vais le soir ; ce monsieur était parti pour aller dîner avec madame son épouse. Ça a des femmes, à ce qu'il paraît. J'y retourne ce matin; autre ennui. Une heure de queue, mon homme, comme à la Porte-Saint-Martin ; la prison donne, il faut croire. Enfin le respectable employé me délivre mon affaire. Tu n'as pas l'idée de cet air rogue : à empailler, quoi!
~ Pauvre chérie , que de mai je te donne !
— Tu crois que c'est tout. J'arrive ici à la porte en deux temps ; trois francs la course ; le fiacre brûlait le pavé , un cocher de choix. Je montre mon permis , et je file vers le guichet. Ah bien oui! — Madame! qu'on me dit, madame! — De quoi ? que je réponds , je vais voir mon mari avec l'assentiment de l'autorité. Vous ne connaissez donc pas la signature de vos chefs. — Si fait. Madame, mais il y a une formalité à remplir; veuillez passer au greffe. — C'est bien , que je réplique ; seulement dépêchez-vous.
— A-t-on vu vexation pareille?
— Tu n'y es pas encore. J'entre , et je vois venir une femme qui me passe les mains sur le corps, sous le châle...., enfin, partout. A-t-on vu une horreur pareille? On me prenait pour de la contrebande.
— Ah ! je devine , on voulait voir si tu n'entrais rien de prohibé , de l'eau-de-vie ou autre chose.
— Prohibé ou non, j'ai administré à la commère une poussée dont elle se souviendra. Tâter une femme ainsi : filaine malhonnête !
— C'est le règlement de la prison.
— Je te dis qu'elle a eu sa poussée, et que si tout le monde lui en donnait autant, ça la dégoûterait du métier, )a com* mère. Voilà.
— Toujours la même, cette Malvina. On peut le dire : toi, les grandeurs ne t'ont point changée.
— C'est bon , flatteur ! Mais parlons sérieusement. Jérôme, il faut sortir de cet antre, il faut en sortir.
— J'y ai songé depuis hier, chérie. En prison , il n'y a que la réflexion de libre : aussi se donne-t-elle carrière. Il n'y a plus à reculer, mon enfant : le nom des Paturot est destiné à une dernière épreuve. Je remettrai mon bilan , c'est le seul moyen qui me reste. Il est tout dressé ; tu le feras porter demain au tribunal de commerce.
— Et quand sortirais-tu, Jérôme ?
— Dans quelques jours, Malvina , avec un sauf-conduit du juge : un huissier viendra lever l'écrou.
— Dans quelques jours, pai. plus tôt : tu resterais une semaine dans cet enfer ! Ça ne me va pas !
— Comment faire ?
— Écoute, Jérôme, tu as ton moyen, suis-le; moi , mon homme, j'en ferai à ma tête. Ces murailles me tombent sur les épaules; je ne te dis que ça. Embrasse-ir.oi vite, que je file ; j'ai des affaires en ville, vois-tu. Adieu, mon pauvre mouton, adieu ! Et soyez sage surtout; ne vous émancipez pas trop, » ajouta-t-elle en me tapotant sur les joues.
Elle disparut comme une biche, et de toute la journée je ne la revis pas. Je savais qu'elle s'occupait de moi, cela me consolait. J'essayai de me mêler au mouvement de la maison, je descendis au billard , dans le cabinet de lecture, dans la grande salle commune, où se confondent les prisonniers. Tout respirait la tristesse; l'odeur même du local avait quelque chose de nauséabond. Cependant, ce jour-là il était facile de remarquer un air de propreté inaccoutumé. On attendait la
visite à'nn philanthrope connu qu'accompagnait le préfet de police. Dans ces occasions, la sollicitude des directeur? des prisons p»end tout à coup un ressort extraordinaire. Ils se souviennent du procédé de Potemkin , et des villages postiches dont il sema l'itinéraire de Catherine de Russie. Par le même coup de baguette, les directeurs redorent et vernissent la cage de leurs administrés , et s'efforcent de donner à la prison un air de luxe et de fête. Les visiteurs trouvent que c'est là un séjour charmant dans lequel on doit nécessairement se plaire : ils félicitent le directeur, et tout est dit. Une note hyperbolique, insérée dans les journaux, complète l'inspection ; après quoi on passe à d'autres prisons et à d'autres exercices.
Le philanthrope qui devait accompagner le préfet de police est un homme qui s'est fait en ce genre une réputation européenne. Toutes les maisons de détention le connaissent ; les bagnes ont longtemps retenti de ses louanges. On lui doit l'amélioration du scélérat au point de vue du tête-à-tête et de l'influence personnelle. Quand il avait gardé un forçat ou un réclusionnaire pendant une demi-heure seulement, il le renvoyait parfaitement amélioré. Ce malfaiteur pouvait désormais prétendre à tout; il avait droit au prix Montyon. Le philanthrope comptait dans sa vie une multitude de conversions éclatantes : il avait peuplé les bagnes de moralistes qui lui étaient dévoués, et y propageaient ses leçons. Jamais spectacle plus édifiant ne fut offert dans l'asile du crime. De quelque attentat qu'un homme se fût rendu coupable, assassin, parricide, peu importe, entrepris par le philanthrope, il cédait, et donnait dès lors l'exemple de toutes les vertus. Les natures les plus rebelles furent ainsi domptées, et.il y eut un instant oià les âmes pures étaient en si grand nombre dans les bagnes, qu'en comparaison la société paraissait peuplée ie chenapans. C'était un danger très-grave. Pour le conjurer, il fallut prier le philanthrope d'améliorer moins complètement
no JÉRÔME PATUROT
le détenu, afin que la société n'eût pas autant à rougir.
Le philanthrope se rabattit alors sur l'alimentation du prisonnier, et chercha par quelles substances il pourrait se rendre agréable à cette classe intéressante de la société. Le potage de ses protégés se coaiposait communément, soit de bœuf ou de porc salé, soit de bœuf ou de porc frais accompagnés de haricots : nourriture insuffisante ! inhumanité gratuite ! On avait sous la main les éléments des meilleurs consommés, des gélatmes les plus substantielles, et, avec cette barbarie qui caractérise les industriels, on en faisait de petits sifflets, des jeux de dominos, des becs de parapluie et autres ustensiles peu pénitentiaires. Le philanthrope exécuta une rafle générale sur ces objets d'art , et les convertit en potages et bouillons alimentaires. Les détenus moururent d'inanition, mais bénirent leur ami; c'était encore une manière de les amender. Depuis ce temps, le philanthrope vit partout des soupes salutaires et économiques ; il en vit dans les vieilles casquettes et dans les collets des habits, il en vit dans les feutres des chapeaux portés avec persévérance. Tout à ses yeux se transformait en potages, ce fut la seconde phase de sa gloire : elle fit autant de bruit que la première. Les mêmes journaux qui avaient célébré l'amélioration du détenu célébrèrent les perfectionnements de la gélatine : après avoir agi sur les cœurs , le philanthrope se portait au secours des estomacs, et visait à procurer des indigestions aux mêmies bagnes qu'il avait peuplés de moralistes.
Tel était l'homme célèbre qui honorait Clichy de sa visite. }\ fut reçu à la porte par le directeur, qui l'attendait de pied ferme et connaissait le pèlerin. Ils échangèrent un regard amical, et l'inspection commença. On parcourut les salles, les cellules, la cuisine. Malheureusement quelques quartiers de bœuf y étaient pendus au croc. Ce spectacle rembrunit le visage de l'inventeur de la soupe aux dominos : il parut se scanda'jser de voir que l'on nourrissait Clichy par un pro»
cédé si arriéré et si vulgaire; aussi s'en vengea-t-il en passant dans la salle commune, où se trouvaient de grands bancs en cuir que l'usage avait horriblement graissés.
« Directeur, s'écria-t-il en se tournant vers ce fonctionnaire, quand vous réformerez ce meuble , n'oubliez pas que TOUS avez là d'excellents consommés. Je vous en donnerai la recette. C'est divin au goût, et tout à fait économique. »
Ainsi parla le philanthrope , tout en cherchant de l'œil , dans la phalange des détenus qui remplissaient alors la salle, s'il n'y en avait pas quelqu'un qui fût susceptible d'être amélioré. L'examen du personnel ne parut pas le satisfaire , et cela se conçoit. Il lui fallait de grands criminels, des scélérats fieffés, et il n'y avait là que de fort honnêtes gens. Aussi l'inspection fut-elle courte. L'essentiel était d'avoir paru sur les lieux, afin de justifier la note que l'on devait insérer dans les journaux du lendemain.
— « M***, ce philanthrope q- e l'Europe nons 3nvie , a visité hier la prison de
• Clichy, et s'est montré satisfait de la tenue de l'établissement, comparable « à tout ce que l'on connaît de mieux en ce genre en Angk-terre, en Prusse et ea « Amérique. Il a obtenu une audience de Leurs Majestés pour leur rendre compte « des résultats de coiîe inspection. On ne saurdt trop accorder d'éloges à celte
• sollicitude acùve qui éclate en soupes économiques, etc. «
La comédie était jouée; la prison reprit sa physionomie ordinaire. Le directeur n'en fut ni plus généreux ni plus attentif; les guichetiers n'en furent ni plus polis ni moins avides ; le greffe se montra toujours aussi fiscal, et les visites corporelles n'en furent pas moins continuées à la porte. E.ien n'était changé dans la prison ; il n'y avait qu'une inspection et une comédie de plus.
La journée se passa , la nuit aussi ; la matinée cirrvante g'écoula également sans que j'eusse des nouvelles du dehors. J'étais certain que Blarvina ne m'oubliait pas : mais, que faisait-elle ? Le chapitre des suppositions était immenst, et je ne l'avais pas épuisé, quand un commissionnaire attaché au
i<2 JÉRÔME PATUROT
service de la maison vint m'avertir que l'on me demandait au parloir. J'y courus : Malvina se trouvait là, elle venait de faire lever mon écrou; j'étais libre. Le capitaliste d'Oscar avait «té désintéressé : il ne restait plus qu'à régler avec le greffe. Quand j'arrivai , ma femme y exhalait sa mauvaise humeur :
« Ah çà , disait-elle , c'est à n'en pas finir. J'irai dire à Louis-Philippe comment l'on tond le pauvre monde ! Encore douze francs ! mais c'est une horreur.
*— C'est l'usage, Madame, la levée de l'écrou !
— Il est curieux , l'usage. Montrez-moi donc où vous le prenez, l'usage ! Aussi bien , depuis ce matin , je ne fais que donner ! huissier par-ci , greffier par là , guichetier , geôlier , timbre, quittance, levée d'écrou. Ce n'est pas possible. Monsieur ; j'irai me plaindre à la Chambre Jes députés.
— Allez, Madame, vous en avez le droit.
— Oui , et vous ne me rendrez pas mon Jérôme. Tenez , Monsieur, ajouta-t-elle avec colère et en jetant trois pièces de cent sous sur la table du greffe, payez-vous. Aussi bien n'est-ce pas acheter trop cher le plaisir de ne plus vous vo"r.»
Le greffier ne répondit rien , retint sa somme, et rendit le reste : probablement il était habitué à de pareilles scènes. Mes préparatifs de départ furent bientôt faits ; une voiture nous attendait à la porte; nous partîmes. Quand je franchis le seuil de la prison, il me sembla que je respirais plus librement. Malvina était radieuse.
ff Comment as-tu fait? lui dis-je.
— Ah! ça, c'est mon secret, répliqua-t-elle.
— Voyons, parle, tu piques ma curiosité.
— Mon homme , quand une femme a son mari sous les v^ous, elle n'a plus besoin de toilette, et, comme dit l'autre, le mont-de-piété n'a pas été inventé pour les Esquimaux.
Tout s'expliquait : les diamants, les bijoux, les châles de ma femme m'avaient servi de rançon ; elle y avait consacré
les débris de notre opulence : l'argenterie même avait pris ce chemin. C'était encore un de ces moyens qui ne servent qu'à aggraver le mal; mais ici l'intention couvrait et justifiait tout. Cependant il fallut songer à dégager ces objets. Je déposai mon bilan et obtins de Tagent de la faillite les premières sommes disponibles pour opérer ce retrait. Il importait de toutes les manières à la masse des créanciers de rentrer dans des valeurs plus fortes que l'avance qui avait été faite. Je me rendis donc avec la reconnaissance d'usage dans le bureau que m'indiqua Malvina.
Ma pauvre femme avait été fort mal inspirée dans ce choix : guidée par ses souvenirs, elle s'était adressée à l'un des commissionnaires du mont-de-piété , qui grèvent d'un droit à leur profit les sommes qu'ils procurent. Cette institution est, dans bien des cas , un piège dont le gouvernement se rend complice. Les déposants qui se rendent dans ces maisons croient avoir affaire à des agents de l'État et non à des personnes qui opèrent pour leur compte; elles ignorent qu'en s'adressant à l'établissement principal , elles y trouveraient de l'argent à trois pour cent de moins que dans ces succursales. Malvina avait eu affaire à l'un de ces intermédiaires , et il fallut supporter toutes les conséquences de son erreur. Je me présentai à son bureau avec la somme nécessaire pour retirer le gage. Le dépôt avait été fait un mois et un jour auparavant ; voici ce qu'il nous coûta et sous quel décompte j'obtins la restitution des objets ;
Somme avancée 10,000 fr.
Droit (lu commissionnaire : 2 centimes par franc, 2 p. 0/0 poar engagement 200
Droit du commissionnaire : \ centime par franc, \ p. 0/0 pour dégagement 400
Droit de prisée : l,/'2 p. 0/0 50
Intérêt* et frais du mont-de-pielé : 1 1/2 p. 400 (le mois commencé comptant pour un mois plein) 150
oOO fr.
Ces*.-à-dire que le gouvernement, qui proscrit et punit l'usure, m'avait prêté, sur gage, de l'argent à raisoi. de 60 pour cent par an. Il est vrai que le mont-de-piété est une institution philanthropique.
LE DÉLIRE DE MALVINA. — l' ASSEMBLEE DE CRÉANCIERS. — LE PORT APRÈS l'ORAGE.
Je croyais avoir épuisé la coupe du malheur, quand une nouvelle épreuve vint foudre sur moi : Malvina tomba gravement malade. Tant que la pauvre femme avait eu l'espoir de rétablir notre position à force de courage et d'activité , sa santé n'avait pas souffert d'une manière apparente. L'âme domptait le corps, un effort fiévreux couvrait et déguisait les ravages du mal. Les soins du magasin, le souci que lui donnaient ses enfants, mes embarras financiers et le brusque incident de ma captivité , tout avait contribué à entretenir chez elle cette exaltation, cette agitation qui suppléent à la vie régulière. Quand cet aliment lui manqua, un affaissement complet s'empara d'elle', une désorganisation lente se révéla dans ses traits et altéra ses habitudes. Elle , si rieuse et si vive, tombait parfois dans des accès de tacitumité profonde^ et rien ne pouvait la tirer de cet abattement. La maison de commerce était en pleine déconfiture ; il ne me restait plus qu'à suivre les phases d'une liquidation légale et des tristes formalités qu'elle entraîne. Quant à Malvina , le désœuvrement le plus absolu avait succédé pour elle à l'existence la plus occupée ; ce contraste détermina une crise.
Malgré tous nos soins , l'état de la malade empirait : des symptômes aigus avaient succédé au marasme chronique. La
CONCLUSÎOW. 4<5
fièvre redoublait , la tête était prise; les médecins appelaient cela une méningite. Les saignées, les sangsues, rien ne put calmer le mouvem-snt du pouls et arrêter une destruction évidente. Le délire compliquait le mal, et des accidents nerveux l'aggravaient. Les moments lucides devinrent de plus en plus rares ; ma pauvre femme semblait avoir perdu le sentiment de ce qui se passait autour d'elle. Des paroles sans suite, des mots entrecoupés , produit d'affreux cauchemars, s'échappaient de sa bouche ; des gestes convulsifs attestaient la violence de la lutte et les efforts d'une riche constitution. Depuis que la maladie avait pris cette gravité, je ne quittais plus le chevet de la mourante. C'est moi qui la veillais et la soignais : je ne voulais laisser à personne ce soin et ce devoir ; à peine me résignai-je à prendre quelque nourriture. Une nuit, je me trouvais près de son lit : triste et douloureuse nuit! la garde venait de s'endormir, ma femme semblait assoupie, quand tout à coup une crise épouvantable se déclare. L'agitation est extrême , le délire redouble , les hoquets se succèdent , une sorte de râle se fait entendre au milieu de cris entrecoupés. On dirait qu'une pensée fatale obsède la malade; elle porte la main à son front comme pour la chasser :
« Oscar, Oscar, disait-elle avec un tremblement nerveux , Oscar... Oscar... laisse-moi!»
Ses dents s'entre-choquaient, des flots de sueur inondaient son visage. Ce que c'est que le délire, et quelles idées il peut éveiller ! Ce nom d'Oscar, ainsi prononcé, était-il une hallucination ou une réminiscence ? D'où vient que ce nom se mê. lait à ce délire et retentissait sur ce lit d'agonie? Ce nom.planait sur la période brillante de ma vie et semblait la dominer; j'avais obéi malgré moi à cet homme comme on obéit à l'ange du mal. Il m'avait fait capitaine et commandant de la garde nationale , premier échelon de ma grandeur, et , depuis ce temps, l'esprit de gloriole et de vertige ne m'avait plus aban-
donné. Je lui devais la connaissance de la princesse Flibustofskoï et de son acolyte le feld-maréchal Tapanowich -, il s'était mêlé de ma candidature au parlement; il avait disposé de mon crédit comme d'une chose qui lui appartenait. En recueillant mes souvenirs , je réfléchis alors que ma maison avait été la sienne, que ma caisse n'avait pas eu de plus rude assaillant, qu'il m'avait imposé son intimité, ses tableaux, plus verts que son âme, ses amis, ses connaissances, ses goûts culinaires. Il était devenu plus maître que moi de mon propre intérieur, et cela au point que Malvina elle-même s'en était souvent révoltée. Pauvre chère âme ! s'était-elle toujours défendue avec succès contre ses obsessions, et n'avait-il pas poussé plus loin ses entreprises ?
C'est une justice à me rendre , en face de ce lit d'angoisses le soupçon ne pénétra point dans mon cœur, la défiance l'effleura à peine. Le sentiment d'une compassion profonde, d'une tendresse éplorée, suffisait poui le remplir. ]Ma femme m'avait donné tant de preuves de dévouement, anciennes ou nouvelles, que rien ne pouvait tenir contre cette pensée. Si l'autre, que je m'abstiens de nommer, avait été mon démon au jour du vertige , elle avait toujours été mou ange au jour de la douleur. On a souvent attaqué, critiqué le mariage par l'exception, par le détail; on a oublié cette communauté d'intérêts et de souffrances qui le relève et qui l'épure. Les nuages passent et le lien reste. Je l'éprouvais alors ; je comprenais par combien de fibres cette âme qui s'en allait tenait à la mienne, et à quel point, entre deux existences longtemps confondues, l'identification est complète Aussi ne me restat-il de ce triste épisode qu'un amour plus grand pour cette compagne qui s'éteignait, et en même temps une haine implacable pour le nom échappé de ses lèvres. Abominable ri^ pin ! Je mp. promis bien de me soustraire désormais à son influence.
Cependant cette crise, qui m'avait tant effrayé, eut un dé-
noûmeut heureux. Une transpiration abondante tempéra les ardeurs de la fièvre ; le pouls se modéra ; les sym-ptômes dangereux disparurent; INIalvina était sauvée. Trois jours après, elle entrait en convalescence; quelques soins attentifs devaient compléter la guérison. La vigueur du sujet rendit le retour à ' la santé plus prompt et plus facile ; le babil revint , et dès lors je fus complètement rassuré. Pour maintenir cet état favorable, je me permis un petit mensonge : je laissai croire à Malvina que mes affaires s'arrangeaient naturellement. C'est le contraire qui était vrai. Faute d'avoir su m'arréter à temps, le désordre s'était introduit dans mes écritures, et ma liquidation se présentait sous l'aspect le plus déplorable. Ce que l'imprudence de mon commis avait commencé, l'escompte et l'usure l'avaient aggravé sans remède. Les livres n'avaient jamais été ni régulièrement ni sincèrement tenus, ce qui rendait ma position bien plus alarmante. Le premier travail de dépouillement des sjudics n'élevait pas au-dessus de 6 pour 100 le dividende probable. 1,000,000 de passif contre 70,000 francs d'actif, voilà où j'en étais. Vendus par expropriation forcée, mes immeubles n'avaient pas même suffi pour désintéresser les créanciers hypothécaires. La maison moyen âge fiit adjugée à l'architecte chevelu pour 250,000 francs , le château de Valombreuse à mon notaire pour 103,000 francs. Ainsi mes folies profitaient à ceux mêmes qui les avaient provoquées. On ne pouvait être dépouillé plus légalement, ni égorgé en meilleure forme.
Malgré la triste tournure que prenaient les choses , je me faisais encore illusion , je formais des plans pour l'avenir, je croyais à un retour de fortune. Mes créanciers allaient se réunir : je voulais leur offrir un dividende plus élevé que l'actif net , en les prient d'accepter comme garantie ma probité et mon désir de les désintéresser entièrement. Avec le magasin et les débris d'une vieille clientèle , nous pouvions espérer de rétablir nos affaires : un travail assidu et une surveillance
418 JÈAOME PATUROT.
infatigable devaient réparer le mal qu'avaient causé l'cisiveté et la négligence. Malvina était enchantée de ce projet : l'idée de se remettre à la besogne la ranimait ; elle y voyau un moyen de réhabilitation , et l'avenir commençait de nouveau à lui sot2rire.
« C'est ça, disait-elle; vienne de l'ouvrage, et l'on verra! A.h! il faut serrer son jeu dans les affaires! eh bien, on le serrera , son jeu. Tu tiendras la caisse , moi je serai à la vente.
— Plût au ciel que tu ne l'eusses jamais abandonnée ! lui dis-je.
— Le passé est passé, Jérôme ! Le Père éternel lui-même n'y pourrait rien ; mais avec les honnêtes gens il n'y a rien à perdre. Comme le disait ton pauvre oncle, les Paturot n'ont jamais demandé grâce à personne.
— Quel souvenir, Malvina !
— Ah ! oui, c'est dur; ça fait saigner le cœur! Pauvre cher oncle! s'il n'était pas mort, il en prendrait une attaque. Dame ! les anciens , ce n'était pas comme les modernes ! Délicats sur la chose! payant jusqu'au dernier centime! Ah ! les anciens ! purs comme l'or, tout ce qu'il y a de plus pur!
~ Soyons comme eux, ma femme.
— A mort , mon homme. Picnds-moi à la filoseîle , et tu verras. »
Nous nous donnions ainsi du courage et vivions d'i!lusions : l'espoir jette des racines si profondes dans le cœur de l'homme ! Plein de celte confiance, je négligeai de voir mes créanciers et d'implorer leur compassion. Il me semblait que l'exposé de mes pertes, fait par les syndics de la faillite, suffirait pour justifier mon impuissance et rendre manifeste ma bonne foi. Dans l'intérêt même de la liquidation, un concordat était une chose utile qui ne devait pas, à ce qu'i\ .ne semblait, rencontrer d'opposants. Je comptais sans les créanciers
farouches qui s'élèvent toujours du sein d'une masse, et sans les créanciers subtils qui cherchent, à l'aide d'une opposition, à se ménager des arrangements particuliers. Jusqu'au jour fixé pour le concordat, je m'abusai ainsi et ne visitai personne, ^eîte faute indisposa contre moi la plupart des porteurs de titres : ils y virent de l'orgueil et une réminiscence de mon ancienne morgue de député. La politique s'en mêla; il se forma un complot , une cabale à mon insu ; il fut ques- "tion de me donner une leçon éclatante. L'explosion devait avoir lieu en public, devant le juge-commissaire. Je n'en aurais rien su sans une visite singulière dont je fus honoré le matin même de la réunion, et au moment où j'allais m'y rendre.
« Monsieur, me dit la personne qu'on venait d'introduire dans mon cabinet, ne me reconnaissez- vous pas? »
C'était l'un des bangu'ers qui m'avaient traité le plus usurairement ; je ne le reconnaissais que trop, et le saluai par son nom.
« Monsieur, ajouta-t-il alors , le temps presse ; on nous attend l'un et l'autre au tribunal de commerce; je serai bref. Vous croyez que votre affaire ira toute seule , que vous obtiendrez un concordat : détrompez-vous. Vous allez rencontrer des créanciers irrités , implacables.
— Comment cela , Monsieur ?
— Comment ? ce serait trop long à vous expliquer. D'abord, vous n'avez que 6 pour 100 à donner; 6 pour 100, c'est-à-dire rien. Personne n'a intérêt à vous ménager.
— Je donne tout ce que j'ai , en honnête homme.
— Soyez fripon , et donnez 20 pour 100.
— Monsieur !
— Allons au fait. Vous ailez être attaqué violemment ; vous n'aurez pas votre concordat , vous dis-je : l'affaire est montée de main de maître.
— Et qui m'a rendu ce service , Monsieur ?
4Î0 - JÉR03ÎE PATUROT.
— Moi, et je viens voir si vous voulez que la bombe éclate: seul j'y puis mettre le feu. Réfléchissez vite ; nous u avons plu? que douze minutes , « ajouta-t-il en jetant les yeux sur ma pendule.
Je compris que j'avais affaire à un aigrefin à qui de pareils marchés étaient familiers , et qui ne s'avançait pas à la légère : il importait de savoir où il en voulait venir.
" Vos conditions? lui dis-je en imitant son laconisme.
— Très-douces, répliquât il. Vous me renouvellerez mon titre en le datant du mois d'août prochain ; quatre mois pour vous blanchir ; ce sera suffisant.
— Autrement ?
— Autrement point de concordat; je n'ai qu'à ouvrir la main, elle est pleine de tempêtes.
— Eh bien , Monsieur, vous l'ouvrirez , lui dis-je alors ; j'ai été malheureux, mais je ne serai pas déloyal. J'ai peu de chose à offrir à mes créanciers , mais je ne me laisserai pas rançonner par l'un d'eux au détriment des autres. Ce serait un indigne marché.
— C'est votre dernier mot?
— Oui , Monsieur. »
Il prit son chapeau et sortit. Certes , je n'eus pas de regret d'avoir repoussé cette ouverture ; mais mon cœur se serra à l'idée des hostilités que j'allais essuyer. Je m'étais habitué à considérer une assemblée de créanciers comme une simple formalité ; elle allait se transformer en une lutte pleine de passion. Quand j'entrai , je rencontrai de tous côtés des regards hostiles ou curieux. Un ancien député à l'état de déconfiture est un spectacle assez rare ; on en jouissait alors dans ma personne. Les syndics firent leur rapport ; il était favorable : mes pertes s'y trouvaient justifiées , et quelques reproches bien mérités de négligence formaient la part de la censure. Quand cotte pièce eut été lue, mon ennemi se leva et tira de sa poche un formidable dossier. C'était un contre-
rapport, un réquisitoire dans toutes les formes. Jamais masse pareille de griefs ne fut accumulée avec plus d'art •. mon adversaire avait compulsé tous mes livres et y avait trouvé les traces des altérations que mon fondé de pouvoirs s'était autrefois permises. A mesure que la série de ces accusations se déroulait , je voyais la figure du juge-commissaire se rembrunir ; j'entendais un murmure sourd s'élever du sein de l'assemblée. Je n'étais plus devant des créanciers , j'étais devant un jury, et l'acharnement de mon antagoniste fut tel » qu'il alla jusqu'à prononcer le mot de banqueroute. J'étais consterné , atterré , je n'avais jamais entrevu cette expiation nouvelle. Cependant il fallait parler, se défendre ; je le fis en balbutiant , la mort dans le cœur ; j'invoquai ma bonne foi , mon dénûment actuel , la vieille probité commerciale du nom que je portais. Mes paroles ramenèrent quelques créanciers -, ils y virent l'émotion d'un honnête homme et l'accent de la conviction. Mais l'influence de mon ennemi était trop puissante et il m'avait porté des coups trop rudes pour que je pusse me relever. A une assez grande majorité , on me refusa un concordat. Il en est ainsi dans presque toutes les affaires oiî le failli ne subit pas la loi des meneurs et ne se soumet pas aux conditions qu'ils lui dictent.
Adieu dès lors mes projets et ceux de Malvina ! La masse des créanciers se forma en contrat d'union et s'empara des instruments de travail qui nous restaient, magasin , marchandises, mobilier, valeurs de toute nature. Nous restions nus et dépouillés, avec la misère en perspective : on ne pouvait pas descendre plus bas. Que faire ? Où trouver de l'emploi ? Nos dernières et faibles ressources allaient s'épuiser : il fallait prendre un parti. Malvina voulait retourner à ses occupations d'ouvrière; je l'en empêchai. Il me semblait iirpossibls que le gouvernement ne fît rien pour un homme qui avait toujours marché avec lui , qui avait joué un rôle à la Chamrire et failli devenir sous-secrctaire d'État. On ne pouvait pas laisser
422 JEROME PATrnOT.
s'éteindre dans îa misère im vote longtemps dévoué et une existence brillante naguère. Je demandai une audience au président du conseil des mxinistres, qui m'accueillit trèsgalamment. On chercha de toutes parts une place l'acante qui ne fût pas promise à un député en exercice. Cette recherche dura longtemps : mes ci-devant collègues ont tant d'électeurs à nourrir, qu'ils sont en quête de tout ce qui peut apaiser d'insatiables appétits. Enfin, un petit poste de mille écus fut découvert dans une résidence éloignée : on me Tofr it, et je l'acceptai avec reconnaissance.
C'est là que je vis avec Malvina, res-enu des grandeurs et résolu désormais à prendre les choses en philosophe. Ce tourbillon de Paris, dans lequel la tête la plus saine- éprouve des vertiges , n'est pas , après tout , un souvenir si enivrant, qu'on ne puisse s'en détacher. La province laisse bien plus d'action à la pensée, bien plus de liberté a la méditation. Ici le paysage est charmant, et nous en jouissons à toute heure. La nature remplace avec succès les prestiges de l'art, et je ne sais point ae décoration d'opéra qui puisse atteindre aux effets d'un coucher de soleil dans nos montagnes. La maisonnette que nous habitons est petite, mais charmante; elle s'ouvre, d'un côté, sur là rue principale du lieu , de l'autre, sur un jardin dont la rivière baigne le pied. Je pêche des truites, ma femme élève des serins ; je fais chaque soir la partie de reversi du conservateur des hypothèques, et IMalvina donne des leçons de guitare à sa fille aînée. Ainsi s'écoulent des jours qui se ressemblent, sans surprise comme sans douleur.
Plus je m'mterroge, plus je vois que j'étais fait pour cette vie paisible. Aucun plaisir ne me trouve indifférent : je m'intéresse à mon allée de pommiers, à mes plants de framboises, à mes carres de légumes. Un rien m'occupe, un rien me charme. Dans la politique et dans l'industrie, ce don naïf de l'enthousiasme, cette faculté d'entraînement perdent fcci*
COPfCLUSION. ^ •
lement un homme. Au milieu d'une société cuirassée, je' marchais la poitrine nue ; j'obéissais au vice comme un fanfaron et sans avoir l'étoffe du vicieux : je tranchais du fripon et j'étais dupe. Aujourd'hui , pour les politiques et les industriels, il n'y a que deux chemins : l'un mène à îa considération , l'autre à la fortune : le premier ne demande que de îa droiture,' le second exige de l'habileté. Je n'avais pas assez de fermeté pour choisir le p^^-emier, pas assez de talent pour suivre le second. Avec plus d'imagination qu'il n'en faut à un homme d'affaires, avec plus de candeur qu'il n'en faut à un homme politique, j'étais une victime vouée d'avance à toutes les déceptions et à toutes les chutes. Suis-je le seul qui ait ainsi méconnu la portée de son esprit ? Et parmi les industriels n'existerait-il pas des prétentions pareilles à celles qui m'ont perdu? Je laisse à d'autres le soin de tirer cette conclusion, grosse de bien des réformes. Peut-être renverraitîle trop de marchands de drap à leurs foulons, trop d'herbagers à leurs bestiaux, trop de commerçants à leurs comproirs, trop de magistrats à leurs sièges, trop d'avocats à leurs • dossiers.
31on exemple ne guérira personne, je le sais : l'ambition ne capitule pas aisément, et il n'est pas donné à tous les cœurs déçus de se plaire à la greffe des arbres à pépins ou à l'amélioration du chou de Bruxelles. Quant à moi, ces goûts champêtres me sufûsent, et Malvina y ajoute les distractions de la volière et les délassements de la serinette. Mon fils, le second de ma race, déniche des oiseaux jusqu'à ce que la bosse de la version latine l'appelle dans la capitale. Son frère continue à être le premier thème grec de l'Université.
Nous avons rarement des lettres de Paris. Cependant, un jeune peintre , envoyé pour orner le maître-autel de notre résidence, m'a donné des nouvelles d'Oscar, L'odieux rapin est décoré; il continue à exécuter des portraits de Sa Majesté pour les communes de France, toujours avec des tons plus
424 JÉRÔME PATCROT.
verts (jue nature. On a retrouvé les traces de mes deux principaux débiteurs , la princesse Flibustofskoï et son acolyte Tapauowich. La palatine tient un café sur les bords fortunés de la Newa , et le feld-maréchal rince les verres de Téta» blissement.
ftm
Avant-propos ▼
Introduction tu