‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 100 sur 195 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Le trouble que la sentence d'excommunication avait jeté clans Florence se dissipa bientôt. Les Piagnoni reprirent de l'assurance. Sr même il ftillait en croire Savonarole, jamais ils n'auraient goûté de joies plus p^irfaites ni plus pures. Il y a sans doute quelque exagération dans ces paroles : de si saintes joies durent être dérangées par l'audace toujours croissante des Arrabbiati , qui pouvaient désormais se donner comme les champions du saint-siége, et s'avancer avec moins de réserve. On entendait dans tous les coins de Florence chanter ou réciter des sonnets , des chansons contre Fra Girolamo et la congrégation de Saint-Marc; on publiait chaque jour des lettres injurieuses,èt il ne paraissait plus nécessaire de garder l'anonyme. Enfin, n'observant aucune mesure, les franciscains et les augustins firent savoir à la seigneurie que si les religieux de Saint-Marc allaient à la procession de Saint-Jean , qui était prochaine , ils croiraient devoir s'abstenir, parce qu'ils ne voulaient pas se trouver en contact avec des excommuniés. Par faiblesse ou par hostilité, la seigneurie fit défendre aux dominicains de Saint-

Page 1