‹ Jerome Savonarole: d'après les documents originaux et avec des piècesChapitre 127 sur 195 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

Lorsque les amis de Savonarole virent l'effet de cette journée sur la population florentine, ils s'assemblèrent pour aviser. Les plus hardis étaient d'avis de né pas attendre une attaque inévitable fet de prendre eux-mêmes l'offensive. Mais François Valori né voulut pas qu'on pût accuser les partisans de l'État populaire d'être dfes fauteurs de troubles; il conseilla de se tenir prêts à tout évéhement, mais dfe ne pas mettre le tort du côté des Piagnoni , et il fit prévaloh' son opinion. Luc degli Albizzl, qui avait proposé de prendre les armes, déclara. hautement qu'attendre, c'était la ruine du

parti et la mort de tous ; qu'en de telles conjonctures chacun devait songer à son salut, et que, puisqu'on le contraignait à l'inaction, il quittait Florence sans plus tarder. Il partit, en effet , pour une de ses terres , avec quelques anais , et se mit en état de défense. Cette désertion fut le signal de bien d'autres, et ainsi les Piagnoni se virent décimés au moment où ils auraient eu le plus besoin de toutes leurs forces*

Mais un résultat plus funeste encore de la journée da 7 fut de faire pencher la balance, au sein de la seigneurie, du côté desiSnnemis de Savonarole. Ceux qui l'avaient jusquelà soutenu avec assez de succès pour obtenir de leurs collègues une neutralité bienveillante se virent fermer la bouche par des événements qu'ils n'auraient jamais prévus. Le lendemain, lorsque les prieurs s'assemblèrent, ils reconnurent à l'unanimité que l'exaspération où était le peuple rendait un plus long séjour de Jérôme à Florence dangereux pour lui-même et pour la paix de la cité. C'est pourquoi ils portèrent un décret qui donnait douze heures au vicaire général de Saint-Marc pour quitter le territoire de la république, et défendait à tous les religieux de sa communauté de paraître dans la chaire. Mais c'était trop peu pour apaiser les passions soulevées; le décret > d'ailleurs, me put être exécuté.

Depuis qu'il avait été forcé de quitter la cathédrale, Savonarole avait chargé Fra Mariano degli Ughi , de Saint-Marc, d'y prêcher à sa place. De leur côté, les Compagnacci avaient formé un complot pour empêcher ce religieux d'accomplir sa mission , et ils furent charmés que l'ordre de la seigneurie donnât à leurs «violences les dehors de la légalité. Ils se rendirent à Sainte-Marie-de-la-Fleur , sous la conduite d'un certain Antonio Alamanni , qui s'était fait leur chef pour cette belle expédition. Ce jeune homme monta sur un banc et invita l'assistance à se retirer, attendu que le sermon

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