Calmcil, De In folie, tome !•', page 81. Paris
l'esprit. Us ont fait de cette hypothèse un principe, et n'ont eu dès lors, pour avoir la physiologie de cet état, ou, comme ils ont dit, de cette maladie, qu'à observer le caractère des hommes sujets à de si étranges phénomènes et la forme sous laquelle ces phénomènes se présentent. Mais leur système n'est pas concluant, car ils posent en principe ce qui aurait besoin d'être prouvé, et ce que leurs adversaires sont loin d'admettre, à savoir, que de telles apparitions n'ont aucune réalité sinon objective, du moins subjective.
Cette doctrine ne s'en est pas moins accréditée. La faculté trompeuse de voir ou d'entendre ce qui n'est pas, d'avoir un des cinq sens frappé de quelque sensation, sans intervention de l'objet qui la procure ordinairement, s'est appelée hallucination. Le sens vague de ce mot a permis aux médecins de ranger parmi les hallucinés les plus grands hommes de tous les temps, et de dire qu'il n'y a pas de génie sans un grain de folie. Mais en admettant comme reconnues les erreurs qu'on prête à ces hommes célèbres,* quoiqu'elles aient été contestées pour un certain nombre d'entre eux, il est positif que souvent elles proviennent de l'imagination plutôt que des sens. Cela est vrai particulièrement de Savonarole, qui déclare que ses visions étaient imaginaires. L'imagination, en effet, lui représentait les anges, d'autres êtres encore, mais toujours sous les formes que les sens lui avaient fait connaître dans la vie réelle. C'est à quoi se bornait le rôle de ceux-ci dans la production de ces phénomènes fantastiques : ils procuraient des réminiscences qui servaient de base et d'élément aux visions. Il y a donc lieu de distinguer la vision proprement dite , produite presque exclusivement par l'imagination, de l'hallucination , qui est une pure erreur des sens. On ne saurait confondre l'illusion de Malebranche désespéré du boudin qui pendait au bout de son
nez avec celle de sainte Catherine de Sienne croyant recevoir la visite du Sauveur, son divin époux. Aussi ceax-là mêmes qui veulent conserver à tous ces phénomènes le nom générique d'hallucinatilon ont -ils été conduits, par une étude plus exacte de la matière, à reconnaître des a hallu- » cînations intuitives, où la personne s'efface, s'élève dans l'espace, oublie la terre et semble étrangère au monde » extérieur. »
Si donc on laisse de côté Thalluclnation proprement dite, qui est un dérangement des organes, pour ne s'occuper que des visions , ou , comme M. Macario les appelle , des hallucinations intuitives, est-il permis de dire qu'elles sont le l^remler ou le second degré de la folie? On ne le peut sans se heurter à la difficulté qu'il y a de taxer de folie plusieurs siècles, le moyen âge tout entier, et l'antiquité même, où les apparitions étaient si fréquentes ou si généralement admises; secondement, à cette croyance orthodoxe qu'elles ne sont point toujours Terreur d'un cerveau malade, mais quelquefois une réalité, un don spécial de la grâce de Dieu. Telle était, comme on l'a vu,. l'opinion de Savonarole; ce fut celle de Pascal , quoique ce grand homme ne soutint cette thèse qu'avec plus de mesure, a Dieu, » dit-il, a se » fait paraître par des coups extraordinaires..., mais cela » n'arrive que par exception ; il se cache ordinairement, et D se découvre à ceux qu'il veut engager à son service, b Voltaire a beau appeler les imaginations de Pascal œgri somnia, l'opinion d'un si glorieux malade nous préserverait du moins de partager cette triste croyance que les plus illustres génies dont Thumanité s'honore étaient des esprits égarés.
Mais prenons les choses à un point de vue purement humain. Savonarole croyait aux apparitions comme les plus
forts esprits de son temps, subissant ainsi le joug de l'opinion du plus grand nombre, dont les plus sublimes génies ne s'affranchissent jamais entièrement. Il y croyait par fidélité à la tradition catholique, et parce que sa vive imagination le portait à se représenter le merveilleux et à Tadmettr© sans difficulté. S'il fut malade, il le fut comme tous ses contemporains, les plus forts comme les plus faibles. Or, la médecine n'a jamais prétendu sans doute que les préjugés fussent une maludie de l'esprit ; sans quoi l'humanité entière, dans tous les temps et dans tous les lieux, serait atteinte de folie.
Si l'on admet, au contraire, que les peuples, comme les enfants, ont d'autant plus de préjugés qu'ils sont moins instruits, et que les préjugés sont une preuve d'ignorance, non de folie, Savonarole n'est ni fou ni malade. En partant de cette croyance à la possibilité des apparitions et des révélations, il paye un tribut h la faiblesse de notre nature; mais, pour tout le reste, ses idées et sa conduite sont explicables suivant les lois de la raison. Que disait-il, en effet, et que faisait-il? Il disait que le chrétien n'a qu'à s'abstraire du monde extérieur, à se replier sur lui-même par la prière et la méditation , "pour voir des choses qu'il ne voit pas dans rétat ordinaire. Or, qu'y a-t-il non-seulement de plus raisonnable, mais encore de plus vrai? Qui ne sait que les sens fixés trop longtemps sur le même objet sont exposés à d'étranges hallucinations? Qui n'a éprouvé sur soi-même l'effet d'une pensée trop suivie, trop concentrée, et n'a vu les fantômes de son imagination revêtir des formes corporelles?
C'était par un effet de sa volonté que Savonarole se plaçait dans les conditions, nécessaires pour avoir des visions. Il en avait alors, cela n'est pas douteux. Ce qui serait
33i VIE DE SAVONAROLE.
étonnant , c*est qu'il n'eût pas obtenu ces apparitions » ces révélations qu'il poursuivait si résolument. Malgré leur fréquence, de tels phénomènes ne constituent point une maladie, puisqu'ils furent toujours le résultat naturel, le produit volontaire de la solitude, de l'obscurité, du silence, du recueillement, de la méditation, de la prière et de tous les procédés propres à ravir en extase les chrétiens vertueux.
Nous insistons sur ce point, qui explique clairement, seloli nous, ce qu'il y a de plus mystérieux dans cet homme extraordinaire.^1 partagea une croyance de son temps, et il lui fit produire des conséquences rigoureuses qu'on ne peut contester qu'en attaquant le principe. C'est parce que. les médecins n'admettent pas ce principe qu'ils ont rangé Savo* narole parmi les fous, ou au moins parmi les hallucinés^ Les théologiens, au contraire, s'il eût été plus soumis au pape, en eussent fait un saint. Quoi qu'il en soit,^l suffit de reconnaître que Jér6n>e a pu se tromper avec son siècle sur la possibilité et la fréquence des apparitions, sans avoir Tesprit dérangé , pour que toute sa conduite, par rapport à ses visions et aux révélations prophétiques qui en étaient le complément, paraisse conforme à la raison et pleine de bonne foi.
Une suite d'idées si naturelle trouva cependant des incrédules, même parmi les contemporains de Savonarole. Gulcciardin, Machiavel, Binaldi ne crurent point à ses extases. La conséquence de cette incrédulité fut d'accuser ce grand homme d'imposture , ce qui est toujours plus facile que de se dépouiller un instant de ses propres idées pour se mettre à la place d'un adversaire. II appartient à la postérité de rendre aux intentions la justice qui leur est due ; mais Savonarole a eu cette mauvaise fortune qu'en cessant d'être un imposteur il est devenu un fou. Nous espérons avoir
prouvé qu'il ne fut ni Tun ni l'autre , mais qu'il faut croire à sa bonne foi Jusque dans ses erreurs et dans ses fautes, et admettre que si sa raison nous parait s'être égarée quelquefois, c'est qu'elle était assiégée par les préjugés de ce temps-là. Nous nous séparons, par cette double conclusion, de tous ceux qui ont écrit sur Savonarole. Les uns , comme Burlamacchj , Pic de la Mirandole et les auteurs qui s'appuyèrent sifr leur autorité, ont célébré la gloire du prophète, et n'ont voulu laisser aucune tache sur sa renommée. Là où nous voyons l'action funeste des préjugés, ils prétendent voir la main de Dieu. D'autres, tels que Burchard, Delflno, Rastrelli, adversaires déclarés de cette grande mémoire, ne voulurent ou ne surent trouver dans Savonarole qu'un scélérat. Dans un milieu plus sage se sont placés les annalistes et les historiens, inclinant à droite ou à gauche, suivant leurs convictions, leurs intérêts ou leurs relations. A côté^ de Comines et de Nardi, qui laissent percer des sentiments \ favorables au célèbre dominicain, on voit Guicciardin et ) Binaldi plus hostiles. Dans la suite, à différentes époques, Tarcagnota, Muratori , Pignotti expriment des opinions diverses , ou du moins se font l'écho de celles qui avaient eu cours avant eux^ Mais ils se sont tous arrêtés à la surface. Aucun n'a songé à se demander comment un homme qui vivait si saintement put tromper ses semblables, ou comment un prophète de Dieu put commettre des fautes si graves et de si profondes erreurs.
Au fond, toutes ces opinions si diversement exprimées se ramènent à un blâme unique. On reconnaît à Savonarole de rares talents comme orateur ;|mais on lui reproche de s'être mêlé aux affaires publiques, sans se douter que c'est lui re- '^' ' procher d'être lui-même, et qu'il était impossible d'opérer une réforme religieuse et sociale au quinzième siècle, si l'on
N.,^e prenait la politique pour levier. D'ailleurs Savonarole Q*exerça jamais de fonctions publiques, et n'eut d'autorité que celle de ses talents supérieurs. Les religieux des ordres rivaux faisaient de même de leur côté, et ce ne fut pas leur faute si leur médiocrité obtint moins de crédit. Quoique cette accusation soit bien peu fondée , elle est le seul point sur lequel les historiens tombent d'accord. Pour tout le reste, ils semblent indécis et se gardent de conclure.
Depuis quelques années , une hypothèse nouvelle a été hasardée pour expliquer le caractère si peu compris de Savonarole. On a supposé qu'il s'était servi de la religion comme d'un instrument pour assurer le triomphe de la^ liberté politique et de la démocratie. Ce paradoxe a trouvé dans un jeune poète florentin, M. Ermolao Rubieri, un éloquent propagateur. Dans son beau drame , intitulé Francesco Valori, M. Rubieri nous peint Savonarole sous les couleurs les plus séduisantes. Mais le poète s'est mépris. Une étude plus approfondie de la personne et des écrits du dominicain lui aurait montré qu'il ne doit être regardé ni comme un martyr de la liberté , ni comme un indifférent en matière de religion. La liberté ne fut, en effet, pour Jérôme, que l'instrument qu'il croyait le plus propre à consolider sa réforme religieuse et sociale.
Mais il eut le bonheur , et ce bonheur fut une partie de son génie, de servir deux causes pour lesquelles les hommes se passionnent : la patrie et la religion. Sa vie privée fut d'une pureté au-dessus de tout éloge ; l'unité , le désintéressement de sa vie publique lui assurent une gloire durable. Il n'eut jamais qu'une pensée : le retour de la chrétienté aux mœurs de la primitive Église, Ce but , il le poursuivit par tous les moyens; d'abord, par la réforme des ordres religieux destinés à porter aux hommes la parole de Dieu ; puis,
par la réforme morale du peuple que la ProvUence avait placé sous sa main pour eu faire le modèle de tous les autres et comme un mémorable exemple du vrai bonheur, fi'uit de la vertu et de la foi ; enfin, par la réforme politique, comme moyen d'accomplir les deux autres.
Les circonstances vinrent à son aide; mais c'est par là que le doigt de Dieu apparaît dans la vie des hommes à qui il est donné d'influer sur les destinées de Thumanité, C'est à peine si les dangers qu'il courut purent le détourner du but sacré auquel il avait voué sa vie, car il avait rattaché à lui l'avenir du monde, pensée excessive sans doute, mais de celles qui enfantent les grandes choses. Au prix d'un but si noble et si glorieusement atteint , qu'importent quelques fautes? Savonarole fut despote, orgueilleux. S'il eût été timide et docile, ii'eût-il pas cédé à la première tempête? D'ailleurs, ces défauts qu'on lui reproche, non sans raison, furent ceux de l'homme public; le cénobite sut s'en affranchir. C'est pourtant comme religieux que Fra Girolamo mérite le plus d'être attaqué. Il est certain, en effet, qu'il fut un fils insubordonné de l'Église, et que l'Église ne saurait lui pardonner le scandale dont il fut cause, les invectives trop fondées dont il poursuivit le clergé. Mais la postérité impartiale ne peut oublier que le pape contre qui tonna une yoix si éloquente se nommait Alexandre VI, et que la réforme de Savonarole supposait cette rébellion , puisque le pontife et sa cour s'opposaient de toutes leurs forces à ceux qui faisaient honte à leur corruption et à leur inertie.
S'il est vrai , comme l'a dit le poète , que la cause des vainqueurs plaise aux dieux, on a peine à s'expliquer pourquoi Savonarole a été poursuivi , de son vivant et après sa mort, de tant d'injustice et de malédictions. Sa personne périt dans la lutte, mais il s'ensevelît dans son triomphe, et
jamais triomphe ne fut plus éclatant et plus complet que le sien. 11 transforma un peuple vicieux et amolli par le luxe en une société austère et simple ; il remplaça la tyrannie par les institutions les plus populaires que Florence ait jamais eues; il gouverna cette grande cité sans donner un ordre, sans avoir un soldat à sa disposition. Humble moine, il lit trembler ses ennemis , alors même qu'ils portaient la tiare ou la couronne. Si ce triomphe fut de courte durée , il font s'en prendre aux limites trop étroites du théâtre où il fut donné à Savonarole de se mouvoir , et à Timpossibilité où se trouva Florence, après sa mort, de résister longtemps à ses terribles et implacables ennemis. Après tout, la réforme survécut au réformateur. Une constitution religieuse, politique et morale, qui renaît de ses cendres trente ans après la mort de son fondateur, qui inspire le plus héroïque patriotisme aux fils de ceux qui l'avaient vu naître, et qui ne succomlie que devant des forces supérieures , décuplées par la trahison, n'est pas de celles qu'aucun souffle de vie ne soutient.
Savonarole mérite donc d'être rangé parmi les réformateurs illustres qui ont versé leur sang ou usé leur vie à la défense d'une cause qu'ils croyaient sainte. Il a sa place entre Arnaud de Brescia , Giordano Bruno et Campanella. Moins agitateur que le premier, moins philosophe que le second, moins organisateur mais aussi moins utopiste que le troisième, il n'essaya ni de bouleverser par les armes l'Italie entière, ni de renverser le vieil édifice aristotélique et de semer sur ses ruines les prémisses du panthéisme, ni ^' tle fonder une société nouvelle, pure création- de son cerf yeau. Son but fut plus pratique, sans être moins élevé. Pour "-ramener les hommes à la sainteté des premiers chrétiens , il essaya de tir€r parti de ce qu'il trouvait autour de lui, plutôt que de tout détruire et de tout remplacer. Il Ait donc
un habile politique, et quoiqu'il ne nous offre pas le modèle du parfait chrétien , on peut ajouter qu'à part quelques défauts de caractère et quelques erreurs de conduite, il fut un fidèle disciple de TËvangile. Jamais il ne songea à faire de la propagande par les armes; il n'espéra qu'en la sainte propagande de l'exemple. Il crut qu'en voyant la vie pure et \e\ Jbonheur des Florentins convertis, toute la chrétienté, éclai- > rée par les fléaux de Dieu, se rendrait successivement à. ses cloctpnes. Vaine, mais touchante illusion! Il ne savait pas que, pour rendre efficace la propagande de l'exemple, il faut que le peuple qui la fait possède assez de forces matérielles sinon pour imposer la vérité aux autres, du moins pour la faire respecter chez lui. (]e sera sa gloire d'avoir cru à la puissance du vrai et du bien sur les hommes. Il restera surtout admirable pour avoir résisté aux entraînements de l'orgueil blessé, aux ressentiments de la droiture méconnue, et pour n'avoir pas renié, comme un autre moine allait le faire, la foi de ses pères et de sa jeunesse, afin de ne céder à personne et de tirer vengeance de ses ennemis. Si l'Église ne permet pas de le ranger parmi les saints, on doit encore moins faire de lui un hérésiarque, et, dans tous les cas, l'Italie doit le mettre au nombre des grands hommes dont elle s'honore. Savonarole lui appartient par les croyances et par le génie autant que par la naissance. Il ne fut pas sans doute de ceux en qui une société se personnifie, puisqu'il aspirait à transformer ses contemporains; mais, ayant vécu sur la limite de deux civilisations , il est un des plus curieux représentants de la lutte encore indécise que l'esprit de l'avenir livrait alors à l'esprit du passé.
RÉSUMÉ DE l'analyse DES JOURNÉES (GIORNATE) DE SFR LORFNZO VIVOLI , NOTAIRE FLORENTIN (OUVRAGE PERDU), PAR FRA SERAFINO RAZZI.
(Magliabecbiana , va», de Saint-Mare , VIIl , tS. )
Cette analyse porte ce titre : Difensione générale âelle cose del nostro profeia , ricavata da un diaîogo di Messer Lorenzo VivoH.
Les interlocuteurs de ce dialogue sont Didimo, c'est-à-dire un sceptique, et Sofia, c'est-à-dire la Sagesse.
Dans la préface se trouve la classification des sermons de Savonarole en sept volumes.
Première journée, — Arrivée de Savonarole à Florence en 1 489. — Il prêche à Saint-Marc. — 1491 , il prêche au Dôme sur la Genèse. — 1 492 , il prêche à Saint-Laurent et commence à exposer l'arche. Il commence à montrer l'épée de Dieu. — 1493 , il prêche le carême à Bologne. — Il revient à Florence. — 1 494 , il prêche au Dôme. 11 poursuit l'histoire de l'arche, et arrive au déluge quand Charles VIII entre en Italie. — Exposition de la réforme : changement des mœurs publiques, simplicité chrétienne, fréquence des
sacrements , restitution des biens mal acquis. — Il prêcha pendant quatre ans. — De 1 494 à \ 498 , persécutions qui commencent à la fuite des Médicis. — Exposition de la réforme politique.
Seconde journée. — Savonarole fut un vrai prophète : il prédit la mort de Laurent le Magnifique, celle de. Charles VIII, la disette. D'autres prophéties se sont vérifiées après sa mort. Ënumération de ses principales prédictions.
Troisième journée, — Deux causes principales de la haine des Florentins pour le serviteur de Dieu : chez les grands, le désir ambitieux de dominer, et la soif de la vengeance dans les rangs du peuple , deux sentiments auxquels Savonarole était un obstacle. a Dove è da sapere che se in quella mutazione di govemo non » fossero state le predicazioni del nostro Padre , si sarebbe fatto » nella città molto gangue; ma il suo dire e Tautorità sua, che allora » era grande , quietô ogni cosa e impedi che non si mettessero » mani aile vendette...
» L'odio s'accrebbe dalle santé leggi che per consiglio di lui fu- » rono fatte...
» Il capo coperto e palese de' Compagnacci fu Dolfo Spini , ma » si teneva che n'avevano un altro de' grandi , ma occulto , fu in » Parione (rue derrière Véalise de la Sainte-Trinité) , in casa di » Antonio di Bindo Altoviti, detta la casa grande del patriarca, » dove si consulté il modo di levarsi dinnanzi Fra Girolamo. E » pensarono prima a questo modo , cioè di far capere al papa per » mezzo de' Frati Zoccolanti , come Fra Girolamo era suo nemico » e la rovina délia città. » De là vient la défense de prêcher. Fra Francesco di Puglia fut mis à Sainte-Croix par les Frères Mineurs pour combattre la doctrine de Savonarole.
Quatrième journée, — L'assaut de Saint-Marc. Savonarole prisonnier.
a Dicesi che la causa onde nasce il tumulto di quella fu che gli » avversarii aveano divulgato che perciô i Frati del Zoccolo non » voUono venire allô esperimento del fuoco , perochè il Savona- » rola voleva che Fra ,Domenico portasse seco un' ostia consecrata , » acciochè si bniciasse Cristo nel fuoco. — Risponde il Vivoli be-
» nissimo a questa calunnia : 1« che il P. Savonarola non disse » mai assolutamente di volere che si portasse il sacramento nel » fuoco , ma rispondendo a coloro i quali non volevano che vi si » portasse il crociBsso, disse che aveva tanta fede che.quando » anche vi si fosse portato il sacramento , ne pure il vélo che lo » ricopriva avrebbe patito danno dal fuoco. Poscia disse essere » una sciocchezza il dire che Cristo possa ardere , quando anche » ardessero quelle specie. Dice 3® che S. Antonio di Padova , dell' » ordine de' Fra Minori , per convertire certo eretico , pose Tostia » sacra davanti a un mulo con pericolo che la mangiasse , e mira- » colosamente quella bestia Tadorô.
» Dicesi ancora che la sua disubbidienza al papa fu un' altra » causa délia sua cattura, e risponde il Vivoli che molti santi » hanno disubbidito al papa , come S. Giovanni Crisostomo , che » non voile comparire a un concilie fatto in Alessandria , perché » v' erano i suoi nemici. » On rapporte la môme chose de saint Eusèbe de Verceil.
a Dice Vivoli che fu fatto stampare un processo tanto sciocco , » che bisognô subito mandare un bando che chiunque l'avea com- » pero sotto pena di gravi pêne lo riportasse al libraio , e cosl » lo soppressero , perché era gran vergogna delli esaminatori , e » diedero nome che il papa lo voleva nelle mani , e che ad instanza » di lui lo tenevano prigione....
» Narra ancora come nella caméra del comune di Firenze in cui » si serbano Ttutte le sentenzie capilali , non è altra sentenzia de' » tre servi di Dio che quella degli otto di guardia, i quali dicono » come avendo veduto i processi e quelle che n' aveano giudicato , » i commissari apostolici gli condennavano alla morte , di maniera » che la sententia riferisce i processi , e questi non si trovano. E » narra il Vivoli come gli otto di guardia si chiamano di guardia )) perché erano eletti come ministri délia signoria, a guardia délia » città, e per istare vigilanti, acciô che in quella non occorrissero » scandoli , e se nati vi fossero per riferirgli alla signoria , e in- » sieme con quella porvi rimedio. E la prima mattina che entra- » vano in uffizio questi signori otto di guardia , si presentavano » alla signoria , ella dava loro V autorilà e la balia , o assoluta o
» limilala , corne a lei pareva , sopra le sentenzie capitali , e allora » gi chiamavano gli Otto di balta e di guardia.
» Narra ancora il Vivoli corne la signoria che entré nel mese » di maggio del 1 498 , come egli afferma di aver letto nel libro » originale de' partiti délia prefata signoria, nel fare il parlilo per » manodi notaio agi' otto di guardia, gli diede balia, eccetto che » sopra i tre frati i quali erano allora in palazzo prigioni. Onde si » vede che i signori otto di quel mese non potevano condannargli » alla morte , non avendo la balia sopra di Ipro. »
Cinquième journée. — Vie, mœurs, conversations de Savonarôle; réforme de Saint-Marc.
Sixième journée, — Les procès. Jean Berlinghieri était détenteur du premier, le seul authentique ; il le brûla. Le second fut celui que Ser Ceccone falsifia , et qui fut ensuite retiré de la circulation. — Le troisième fut fait le 19 avril , «f e stampato di poi fu, » anch' egli come it seconde , falsificato , e la sua falsità si conobbe » dagli originali che dopo la morte di Ser Ceccone si trovarono , » non avendo egli , come la sapienza nmana richiedeva , abbru- » ciatigli. Lo confessa il diligente Vivoli d'aver egli veduli e lelti » detti originali, e consequentemente conosciuto in quello che » dette processo fosse falsificato da Ser Ceccone, allora cancel- » liore de' Dieci , ma assunto da sediei esaminatori cancelliere an- » cora nella causa del Padre. »
Vivoli énumère les contradictions des trois procès.
« Un' altra falsità si conosce ancora in questo torzo processo » stampato , e è questa che dicano non aver dato al P. Savonarola )> più che tre tratti di fune e mezzo, e che tutte le altre esa- » mine furon fatte senzatormenli e a semplici parole. E non- » dimeno uno de' signori di quel tempo confessé alla mensa di » un vescovo come gliene davano quattro o sei tratti per volta. » E nella cronica del Botticelli (a carte 436) dice il Vivoli d'aver » letto come dette Simone Botticelli aveva parlato a un de- » gno di.fede, il quale si era trovato présente una sera, quando » gli diedero quattordici tratti di fune-, dalla canucola fino a terra, » onde lojacerarono in modo che non potendo servirsi délie brac-
» cia , bisogiiava clie un tavolaccino , quando aveva a mangiare , » lo imboccasse. »
Le quatrième procès fut celui de Romolino , des 2lO, 21 et tt mai. Ce prélat remporta à Rome , sans en laisser copie , et on n*a jamais pu le retrouver.
Septième journée, — Vivoli essaye de prouver que Savonarole ne s'est jamais rétracté ni contredit dans ses interrogatoires.
Huitième journée. — Discussion sur l'époque qu'il convient d'assigner à la réalisation des prophéties du Frère. — On démontre la cause de l'erreur de ses adversaires.
Relativement à toutes les prédictions non encore vérifiées, comme celle de la conversion des Turcs , de la réforme de l'Église , etc. , Vivoli dit qu'elles sont a quanto al tempo con- » dizionate. »
« Dov' è da notare e da capere corne egli avea due lumi , cioè » il profetico e il naturale. Col primo conosceva certo il tempo » brève , con quella conditione : se tu farai bene ; e col seconde » non capia certo il tempo lungo , ma lo conjetturava da quelle » che suol fare Iddio , cioè di prolungare le grazie agi' indegni e » increduli , e perô non dice di capirlo certo ma che ne temeva. »
Neuvième journée. — Sur le fléau.
Dixième journée. — Sur là rénovation de l'Église. Elle a déjà eu lieu quatre fois : — 1 o au temps du déluge ; — Si*» à la venue du Christ; — 3° au temps des saints docteurs Augustin, Jérôme, Ambroise , et de leur lutte contre les hérétiques ; — 4o au temps de saint Dominique et de saint François d'Assise , qui eurent pour successeurs saint Thomas d'Aquin et saint Bonaventure. — La rénovation de Savonarole sera la cinquième : elle aura lieu par l'épée ; elle causera la félicité de l'Église. — Le commencement de cette réforme a d'abord été sensible à Florence, grâce à Savonarole.
Onzième journée, — Des affaires et des destinées de Florence.
« Notisi ancora come dette governo fu guasto nel 1512 e un' » altra volta nel 1530. E nel 1527, alli 18 di maggio, parve che si
» avverasse la profezia fatta nella predica 27* sopra Amos , della » riparazione del governo popolare fatta in tre dl , quando il car- » dinale Cortona , venuto in Firenze dal papa al governo delJo D Stato , con i due giovanetti , Ippolito e Alessandro , levatosî certo » tumulto in piazza, sene fuggl della città in giorno di sabbato, » onde ne' due giorni conseguenti fu fatta sgombrare la sala » grande , e furono guaste le cassette e gli alloggiamenti che v' » erano de' soldati, e il terzo di ciô è a 21 maggio, in martidi, » dopo una messa cantala dello Spirito Santo , vi si ragunô il con- » siglio nel quale furono annoverati 2,262 cittadini, e cosi il go- » vemo risuscitato in tre giorni, durô tre anni, cioè fino al 4530, » quando dopo l'assedio di uuovo fu tolto via. »
Conclusion de celte journée : Florence recouvrera sa liberté.
Douzième journée, — Des tribulations de Florence et de sa délivrance.
« £ qui narra il Vivoli corne neir assedio di Firenze i buo&i e » devoti di questa dottrina se ne stavano tanto allegri e giocondi, » frequéntando le orazioni e processioni che i soldati non si ricor* » davano che in città assediata fosse stata tanta allegrezza quanta » in questa nostra città di Firenze. »
Treizième et dernière journée. — * Des facultés de Florence : grâces spirituelles, puissance temporelle*
« E qui noti il benigno lettore corne il Vivoli essendo vecchio » oltre a ottant' anni j d'improvviso divenne ciecoj onde non potelle » finire questo suo dialogo*
» Conobbi io Fra Serafino Razzi ^ recensore délie presenti mc- » morie ^ questo santo vecchio di messer Lorenzo Vivoli , essen- » domi fatto religioso in Santo Marco di Firenze , Tanno 1 549. E » più volte lo vidi al convento di Santo Domenico di Fiesole , dove » egli se ne stava a certa sua villa , e anche gli parlai et udii » raccontare alcune cose del Padre; »