Il s'agit ici de la prébende
3. Ce curieux passage se termine par les lignes suivantes qa» nous n'ofiona pas traduire: « Ma pesgio aneom, Qusllo ^ «ta notlf coa
LIVHB i, CHAPITRE V- 83
Alors même que Savonarole aurait chargé le tableau, et il prétend que beaucoup lui reprochaient de ne pas dire la millième partie de lu yérité, il suffisait qu'il eût une telle opinion du clergé pour qu'il dût commencer par lui la réforme de la cbréliepté. Mais, comprenant qqe le bon exemple donné par quelques-une aurait plus d'effet que toutes les paroles du monde, il résolut de iaire régner la verta d'abord à Saint-Marc, pour qu'elle rayonnât de là sur Florence et sur l'Italie. Le premier succès à obtenir était, dans sa pensée, de ramener ses disciples à la simplicité évangélique : de cette soproe pure et féconde devaient découler toutes les vertus. Il avait queN que mérite h atlacber tant de pril^ 4 Ift simplicité et 4 la pauvreté, car les doctrines de son ordre n'étaient pas bien fixées sur ce point. Saint Dominique avait d^abord permis à ses disciples de posséder; puis la pensée lui était venue de le leur défendre; mais il avait reculé devant une détermination si grave, et était mort sans s*étre prononcé. Savonarole lui«rmème n'avait pas d'opinion
bien arrêtée sur la question de savoir si l'E^'^lise doit ou
non posséder, et plus 4* une fois ses paroles du baut delà chaire laissèrent percer ses incertitudes k cet
égard ; mais , du moins , il ne s'écarta jau^ais de cette sainte croyance que rslgUse doit posséder aussi peu que possible, et abandonner aux pauvres cq dont elle n'a pas strictement besoin pour sa fvo^ pre défense. Il était si sincère, qu'il ne voulait paa mc^me se charger des aumônes , suivant l'usage , pour les distribuer aux nécessiteux, et qu'il rpcpm-*
la concubina, quel? ahro eon il garzone , e poi la mattina va a dire messa, pensa tu corne la va. Che vuoi tu fkra di quella messa? » (Trottato 0 verif nfmone folio a molli sacerdoti religiosi e secuhri th S. Marco).
mandait de les porter au buonuomini de Saint-Mar* lin
Mais il yit bien que rien ne serait si difficile que d'opérer une telle réforme dans l'enceinte même de Saint- Marc» où tout rappellerait à ses religieux leur splendeur passée. Il conçut donc le projet de transporter hors de la ville la résidence de la communauté. Il avait déjà fait choix d*un emplacement au-dessus de Gareggi , appelé Monte-Cancy avec une forêt pour annexe. Il aurait pu là faire tout à sa guise, puisque rien n'était fait. Il voulait que le couvent tout entier fût construit en pierres gros^ sières, que les cellules fussent en bois; il allait jusqu'à supprimer les serrures en fer, comme une superfluité, et soumettait la chapelle même à cette austère et rigou* reuse simplicité.
Ce projet souleva, comme on devait s*j attendre, une violente opposition. Les novices, les jeunes religieux étaient entrés avec l'enthousiasme de leur âge dans les vues du prieur; mais les plus anciens étaient trop ac* coiilLimés aux douceurs de l'opulence pour vouloir mériter le ciel par un changement aussi radical dans leurs habitudes. Ils agirent sur l'esprit de leurs jeunes collègues, ils portèrent leurs plaintes dans la ville. Bientôt ceux qui avaient des frères ou des enfants à Saint-Marc manifestèrent le désir de les garder auprès d'eux, et déclarèrent que Monte-Cane était un lieu malsain. Malgré la ténacité de son caractère, Savonarole dut céder à toutes ces clameurs et se contenter de quelques réformes partielles.
Il commença par foire vendre tous les biens du cou-
1. Nous avons vu Savonarole envoyer à ces huonuomini Toc déposé par Laurent de Médicis dans les troncs de Saint- Marc.