UVRE I, CHAPITRE V
vent de Saint-Marc et de Vhospice de Sainte-Marie- Madeleine qui en dépendait, et qu'une Ame pieuse avait doté richement. 11 ne voulut pas pour cela que ses frères fussent condamnés à vivre d'aumônes; le travail, et non la mendicité, dut assurer leur existence. Mais comme ceux qui avaient reçu les ordres devaient, d'après la r^le, consacrer leur temps & l'étude et à la prédication, ^ le travail et le soin de nourrir les frères prêcheurs devint le devoir des frères convers. Pour les relever de leur condition ordinairement trop abaissée, à eux seuls il fut permis désormais de cultiver l'architecture, la peinture et tous les arts ; eux seuls eurent la tâche et le privilège de copier les livres et les manuscrits. Au milieu de ces nobles occupations, les convers devaient trouver une compensation aux ouvrages vils qu'ils étaient obligés d'accomplir, et que les pères d'ailleurs partageaient avec eux pour s'entretenir dans le salutaire sentiment de l'humilité.
L*6galité était ainsi rétablie entre tous les religieux, malgré la diversité des fonctions, et elle se retrouvait dans tous les exercices de la vie commune pour lesquels personne n'obtenait de privilège. Ën supprimant le luxe, Savonarole ne faisait qu'une chose toute naturelle, du moment que les propriétés du couvent avaient été aliénées. Il résume lui-même, dans une de ses lettres, toute sa réforme somptuaire :
« Nous n'avons point adopté, écrit-il à la prieure du monastère de Pise, d'autre manière de vivre ni pour le boire^ ni pour le manger, ni pour les autres cérémonies, que celle de notre règle et de nos constitutions; mais il est vrai que nous avons supprimé quelques superfluités contraires aux enseignements de nos pères.... Ainsi, nous avons résolu de bâtir des couvents très-
VIE PB SAVÛNAaOLB.
simples, de nous vêtir de drap grossier, de porter des l^abits vieux et rapiécés t de manger et de boire sobre* ment à Timitation des saints, d'avoir des cellules pauyres ^t s^us auçuii luxe, d'observer le silence, et de viv;§ d^Ds la contemplation et dans la solitude. »
Gomme il le dit dans cette lettre, Savonarole se conr formait aux cgn^titutions de son ordre; mais il les ' rendait plus sévères sur quelques points. Saint Dnmi«>
nique n'avait prescrit ni la solitude, ni le silence, et
donnait moins de place à la contemplfitiont na se })omaiént pas les austérités du nouvel apôtre i il rér
duisit les lits à une paillasse couverte d'un seul drap ; il supprima les livres enluminés et les riches signets dont on les surchargeait; enfin, pour que les frères ne pussent ^'attacher aux biens terrestre^ , il le^ faisait squf vent changer d'habits, de livres, de celluIOf
T^nt de soin^ miuutiau]^ n'ep[ipéchaien1. pa^ Sayoudi'Ple de concevoir les plus vastes projets. UAn d'oublier qw le but principal de son ordre était de former des prédicateurs, il instituait, pour rinstruction de ceux qui se préparaient à porter la parole de Dieu, trois chaires où l'on dut caseigner l'Écriture sainte, la théologie morale et les c^non^, le dogme et la controverse, Mais (iomn^e l'institution dominicaine ne restreignait pas à l'Eiirope la propagande de ses membres, 1q réformateur, ^ Timitation d'un des premiers généraux de l'ordre S organisa aussi à Saint-Marc une école de langues orientales, où . Ton apprit le grec, riiéj^reu, le turc, Ip u^ore^qiie e^ le ebaldéen, pour que ces reUgieux pussent étudier ^vee plus de (t;uit le^ livr^3 saints duns le texte original, et
1. Saint Raymond de Pennafort, qui, de concert avec les rois d*Aragon et de Castille, avait fondé à Murcie et à Tunis deux collèges pour cettfi. étude.
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