‹ Jérome Savonarole d'après les documents originaux et avec des piéces justificatives en grande partie inéditesChapitre 29 sur 152 · UVRE I, CHAPITRE · texte numérisé non relu

UVRE I, CHAPITRE

nua d'annoncer les tribulations qui devaient fondre sur Fllalie, et de prédire que Dieu prendrait par la bride un de ceux d'au delà des monts pour en faire le ministre de ses vengeances. A mesure que les temps approchaient, ses paroles prenaient plus d'énergie. 11 annonçait avoir vu brandir Tépée sur lltalie et sur Florence....

Enfin Charles YIII, après avoir traversé les Alpes, descendit dans les riantes plaines de l'Italie. Savonarole sut montrer encore dans cet événement une nouvelle confirmation de sa doctrine : « Une chose entre autres, dit-il, frappe d'admiration les hommes les plus distingués par leur esprit et leur savoir. Depuis Tannée 1401 jusqu'en 1494, j'avais prêché tous les avents et tous les carêmes, un seul excepté, que je préchai à Bologne, et j'avais pris pour sujet l'exposition de la Genèse, reprenant toujours mon texte, en commençant une station, au point où je l'avais laissée en finissant la précédente, et je ne pus cependant jamais atteindre le chapitre du déluge avant que les tribulations fussent venues. »

Il n*y aurait rien de merveilleux dans cette coincidence, alors même que Savonarole aurait constamment pris la Genèse pour texte, puisqu'il était toujours le maître d*allonger ou de restreindre ses développements. Mais quoi qu'il en dise, il laissa la Genèse de côté quelquefois pendant des stations entières, en sorte qu*on pouvait croire qu'il s'était ménagé longtemps à l'avance ce moyen de produire une forte impression sur ceux qui l'écoutaient.

Ici finit la vie exclusivement monastique de Savonarole. Nous l'avons vu agiter toute une ville par le seul bruit des réformes qu'il opérait dans son clottre ; résister aux offres et aux menaces de la cour de Rome avec autant de dignité que de hauteur; entreprendre la réforme de

lOS . VIE DE ^VONABOLE«

rEurope cbrétienue ^Tec m cour^^e admirable f alors qu'il ne pouvait compter sur lé puissant levier qu'uuii

révolution allait mettre entre ses mains. Le repos qu'il avait à peiue su goûter au fond de sa celiule va le f iûr pour toujours, et désormais, pour suivre ce moine, il faut quittqr ie moi^^stèic descendre sur 1^ plaq^ publique.

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