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mût yén la Tîlle, pour y être rendus de grand matin
et prendre leur place à la calhédrale. Une sorte de fratamité s'était établie entre les partisans du père: les riches allaient au-devant des étrangers qui se rendaient à Florence pour le sermon, et en logeaient ou en bébergeakDtqudquefoisjosqu'àtrente on quarante. AFéglise, l'émotion était générale, le succès immense; il arriva plus d'une fois que celui qui prenait par écrit les sermons de Sa- Toiiaroleàmesoreqoe roratear les prononçait, dominépar les sentiments que la parole évangéUque avait exaltés en loi, ou même empêché par les larooies qu'elle lui Msait répandre, renonçait à écrire. Une note, en ce cas, ne manque jamais d'avertir le lecteur, fort étonné quelquefois que de très-simples discours obtinssent un si grand succès. En sortant de l'église, de même qu'on a vu les femmes faire le sacrifice de leurs fraîches et brillantes parures, on Toyait les hommes, sur une simple parole du prédicateur, apporter aux magistrats leurs épargnes, qu'ils s'estimaient heureux de prêter sans intérêt.
Une transformation surprenante aTait eu lien dans la ville. Presque la moitié de l'année était donnée au jeûne et à Tabslinence. Quiconque achetait de la viande, les jours fixés parSaronarole pour faire pénitence, devenait un objet de scandale, et bientôt il lallut réduire la taxe que payaient à l'Ëtat les bouchers, menacés d'une ruine complète. Dans les rues, on n'entendait plus que le chant des laudes et des cantiques spirituels: toute chanson obscène ou même profane avait disparu. L'enséigne* ment des langues anciennes commençait à ne plus se puiser dans Cicéron, Horace et Virgile, mais dans saint Léon, saint Jérôme et saint Ambroise. On voyait les dames, et quelquefois les hommes, marcher dans les rues en lisant l'ofiice divin. Tout le temps que durait le
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sermon, les écoles, les boutiques restaient fermées. Sa-
vonarole n'avait pas craint de faire concurrence aux fêtes publiques, en mettant, aux beures mêmes où on les célébrait, les exercices religieux de Saint-Marc, et la foule accourait à sa voix. Les nouveaux chrétiens voulaient-ils se donner quelque divertissement, fiurlamaccbi nous apprend où ils Pallaient cbercber :
« Ils se réunissaient, hommes et fenunes, au nombre d*une trentame, et se rendaient dans quelque endroit agréable, à la ville ou à la campagne. Après avoir communié à la messe, ils passaient tout le jour à célébrer les louanges de Dieu et à chanter les psaumes. Quelquefois ils prenaient au milieu d'eux l'enfant Jésus ; ils lui adressaient des prières en versant des larmes. Ils faisaient de pieux sermons, ou promenaient processionnellement l'image de la Madone. »
Le plaisir que les Florentins pouvaient goûter à de telles réjouissances dépendaient trop d'un &natisme momentané pour qu'on ne pût déjà prévoir une réaction. Mais elle n'était pas encore prochaine, et ce peuple inflammable n*avait pas fait tout ce que Tenthousiasme re- Jigieux devait lui inspirer.
De son côté, Savonarole ne se croyait pas au bout de sa carrière ; il poursuivait le cours de ses réformes. Celle des femmes parait avoir tenu une place importante dans son esprit, et elle fut l'une de ses plus constantes préoccupations. Quoique sa vie entière ait été exempte de souillure, et que Fra Benedetto ait pu dire de lui qu'il fut toujours
Grave ton donne , ed espedilo e rare,
il éprouva certainement un sentiment analogue à celui
que saint Dominique, son maître, confessait à son lit de