LIVRE U, CHAPITRE V
protégée contre ses ennemis d'Ilalie : le prix importait pen.
Ainsi, la politique de Savonarole triomphait au dedans et au dehors. II manqua pourtant quelque chose à tant de succès. Le 2 janvier 1496, malgré la promesse de restitution contenue dans l'accord du 8 septembre, le capitaine d'Eotrague» remit la citadelle de Pise aux citoyens de cette ville, qui Tavaient, dit-on , corrompu à prix d'or. Les Florentins, furieux, s'en prirent à Charles YIU, qu'ils appelaient barbare , assassin , plus traître que Judas et Ganelon. Ils finirent par lui envoyer des ambassadeurs pour se plaindre d'un tel déni de justice. Ce prince leur donna un sonblant de satisfaction en exilant d'Entra^^ucs; mais, comme celui-ci ne tarda pas de revenir à la cour et que Pise ne fut pas rendue, la erière des Florentins ne s*apaisa que lentement, et les Arrabbiati furent heureux de !rouver dans cet événement un texte à déclamations contre Savonarole.
Le roi de France et son armée tout entière s'étaient intéressés aux Pisans. Sans rechercher s'il y avait dans le droit écrit des raisons pour que Pise fût l'esclave de Floi&ïce^ il est certain qu'en l'état de morcellement où se Iromnât alors l'Italie, les efforts des Pisans pour recouvrer leur indépendance et leur liberté méritaient toutes les sympathies, et que le droit naturel était pour eux. Savonarole avait-il assez pris à cœur les haines et les ambitions de sa patrie adoptive pour croire que Florence fût lésée si die ne donnait pas ëes Icms à sa rivale? S'il n'en fut pas ainsi, en promettant à ses auditeurs, pour prix de leur conversion et de leurs luratiques rdigieuses* la restitution de Pîse, il peut ttre accusé d'avoir flatté outre mesure les passions populaires, et mérita que
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la vénalité d*un capitaine obscur vint augmenter les
embarras de sa position et jeter de Toinbre sur sa gloire.